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Éditions Le livre de poche, 2013 (335 pages)

Ma note : 17/20

Quatrième de couverture …

Un titre léger et lumineux qui annonce une histoire d’amour drôle ou grinçante, tendre ou grave, fascinante et inoubliable, composée par un écrivain de vingt-six ans. C’est un conte de l’époque du jazz et de la science-fiction, à la fois comique et poignant, heureux et tragique, féerique et déchirant. Dans cette œuvre d’une modernité insolente, livre-culte depuis plus de soixante ans, Duke Ellington croise le dessin animé, Sartre devient une marionnette burlesque, la mort prend la forme d’un nénuphar, le cauchemar va jusqu’au bout du désespoir. Seules deux choses demeurent éternelles et triomphantes : le bonheur ineffable de l’amour absolu et la musique des Noirs américains…

La première phrase

« Colin terminait sa toilette. Il s’était enveloppé, au sortir du bain, d’une ample serviette de tissu bouclé dont seuls ses jambes et son torse dépassaient. »

Mon avis …

Un de mes livres préférés, que je vous conseille vivement de lire si ce n’est déjà fait. L’histoire est triste, mais magnifiquement belle. Les personnages évoluent tour à tour dans une ambiance lumineuse ou au contraire glauque. L’atmosphère se fait toujours étrange, voire irréelle. L’histoire d’un premier amour pur, intense, et finalement malheureux car ravagé par la maladie. L’image du nénuphar qui ronge les poumons de Chloé, Colin qui place toutes ses économies à acheter des fleurs censées la guérir, le chagrin et le désespoir qui finissent par assombrir et rétrécir l’appartement jusqu’à ce qu’il devienne insalubre… et bien d’autres images auront réussi à me faire pleurer. Ce qui m’arrive plutôt rarement lorsque je lis. L’intrigue nous conte donc le quotidien de Colin, qui «possède une fortune suffisante pour vivre convenablement sans travailler pour les autres ». L’auteur met en scène une histoire d’amour : celle entre Chloé et Colin. Mais l’histoire tourne au drame puisque Chloé voit ses poumons envahis par un nénuphar qui ne cesse de grandir, symbole d’une maladie incurable.

Les thèmes sont bien sûr l’amour, l’amitié mais aussi le travail, l’argent, la maladie ou encore la pauvreté. Boris Vian nous livre la vision d’un travail aliénant et destructeur qui anéantit les êtres. L’argent est un thème récurrent, Colin se laissant dépouiller par son ami Chick, un collectionneur assidu d’objets appartenant à Jean-Sol Partre (image grotesque du philosophe Jean-Paul Sartre, vous l’aurez sûrement compris). J’ai surtout beaucoup aimé l’univers du livre, rempli d’imagination et de fantaisie : les jeux de mots, les inventions verbales, les animaux humanisés etc.

Je ne connaissais pas Boris Vian avant, n’ayant pas lu L’Arrache-Coeur ou J’irai cracher sur vos tombes. Mais L’écume des jours est un très bon livre, en plus d’être un classique. Je pense que j’ai dû passer à côté de certains symboles par contre, qui font qu’il faudrait que je le relise : notamment la souris qui « parle », ou encore les personnes à la patinoire qui se blessent en se cognant contre les parois.

Pour résumer, une œuvre à la fois inventive et originale que je vous conseille vivement de lire !

Extraits …

«Quel parfum avez-vous ? dit-il. Chloé se parfume à l’essence d’orchidée bidistillée.
– Je n’ai pas de parfum, dit Alise.
– C’est naturel, dit Chick
– C’est merveilleux !… dit Colin. Vous sentez la forêt, avec un ruisseau et des petits lapins. »

«La souris se croisa les bras et se mit à mâchonner d’un air absent, puis recracha précipitamment en sentant le goût du chewing-gum pour chats. Le marchand s’était trompé. »

«- Qu’est-ce que vous faites dans la vie, vous ? demanda le professeur.
– J’apprends des choses, dit Colin. Et j’aime Chloé. »

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