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Éditions Le livre de poche, 2014 (125 pages)

Ma note : 12/20

Quatrième de couverture …

« La colocataire est la femme idéale. » A. N.

La première phrase

« Quand Saturnine arriva au lieu du rendez-vous, elle s’étonna qu’il y ait tant de monde. »

Mon avis …

Suite à mon avis plutôt mitigé avec Antéchrista, j’ai quand même eu envie de me replonger dans du Nothomb (avec l’espoir que j’allais davantage accrocher). Et puis, il y a surtout que Barbe bleue a toujours été l’un de mes contes préférés lorsque j’étais petite. Le fait qu’une auteure le revisite à la sauce contemporaine m’a donc fortement incitée à y jeter un coup d’œil. Avec cette lecture, j’ai reconnu le style propre à Amélie Nothomb : des phrases courtes, percutantes. Il y manquait cependant un petit quelque chose. En même temps, je suis consciente qu’il était bien difficile de pouvoir rivaliser avec l’une de mes madeleines de Proust…

Saturnine est une jeune femme de 25 ans. Jeune professeure à l’École du Louvre, elle répond à une annonce de colocation plutôt étonnante mais alléchante : une jolie chambre, située dans un hôtel particulier et ce, pour un loyer dérisoire. Choisie parmi un nombre impressionnant de candidates, Saturnine devient la neuvième colocataire de Don Elemirio Nibal y Milcar, un noble espagnol étrange et mystérieux. Car il y a un hic : les huit colocataires précédentes ont toutes subitement disparu, sans jamais donner de nouvelles.

Très vite, on se rend donc compte que nous sommes bien loin du barbare sanguinaire et de la femme un tantinet naïve du conte de Charles Perrault. Je me suis pour autant laissée prendre au jeu. J’ai même été littéralement happée par l’histoire. Saturnine semble bien armée pour affronter notre mâle espagnol qui va tomber amoureux d’elle en l’espace d’un clin d’œil. S’ensuit un certain nombre de joutes verbales. Là où j’ai énormément été déçue, c’est pour tout ce qui concerne la fin du livre. Je trouve que l’auteure nous offre une fin tout à fait bâclée, une explication que le lecteur est loin d’imaginer. Je suis restée sceptique. Et, la déception est pour moi d’autant plus grande lorsque je trouve que le début est prometteur, pour ensuite avoir le ressenti d’être laissée en plan à la fin de l’histoire. Heureusement que les échanges croustillants ont compensé quelque peu ma déception. Mais pour le coup, je préfère donc rester avec ma version du Barbe bleue de Perrault.

Extraits …

« Ce type se nourrit de l’angoisse des autres, et des femmes en particulier. Je veux lui montrer qu’il ne m’impressionne pas. »

« Ceci est l’entrée de la chambre noire, où je développe mes photos. Elle n’est pas fermée à clef, question de confiance. Il va de soi que cette pièce est interdite. Si vous y pénétriez, je le saurais, et il vous en cuirait. »

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