heart_4

nos séparations

Éditions Folio, 2013 (218 pages)

Ma note : 15/20

Quatrième de couverture …

«Je pense à Iris qui fut importante tout de même, à Émilie aussi, à Céline bien sûr, et puis d’autres prénoms dans d’autres pénombres, mais c’est Alice, toujours Alice qui est là, immuable, avec encore des rires au-dessus de nos têtes, comme si le premier amour était une condamnation à perpétuité.»
Alice et Fritz s’aiment, et passent leur vie à se séparer. Les raisons : la cyclothymie des mouvements passionnels, les parents et les beaux-parents, le travail et les collègues, les amis d’enfance, deux Polonais comme toujours, les cheveux et les dents, une longue histoire de cravate, la jalousie, et Schopenhauer bien sûr.

La première phrase

« J’ai l’impression que la mort est un regard qui me guette en permanence. Chacun de mes gestes est voué à être analysé par une force supérieure, cette force qui est mon futur d’homme décomposé. »

Mon avis …

Cette lecture est un « presque coup de cœur ». Le ton est mordant et décalé. Le tout est frais et léger, alors même que l’auteur n’hésite pas à aborder des thèmes plus profonds, plus graves, qu’on ne pourrait le croire. La fin est étonnante.

Alice et Fritz forment un couple improbable. Il est fils de hippies soixante-huitards. Elle est issue d’une famille bourgeoise et catholique. Pour autant, ces deux personnages vont se rencontrer, s’aimer, se déchirer, se retrouver. On pourrait se demander, en somme, s’il ne s’agit pas d’un perpétuel recommencement. Malgré les disputes, Fritz reste persuadé qu’Alice est son âme sœur. Il s’agit donc d’un livre sur l’amour, ses bonheurs, ses difficultés voire ses dérives. On passe ainsi du coup de foudre, à la demande en mariage, à la première dispute etc. Parmi eux vont graviter un couple aux prénoms bien inspirés (Paul et Virginie), un vendeur de cravates ou encore une auteure en mal de reconnaissance. Ils vont chacun jouer un rôle primordial dans l’histoire de Fritz et Alice.

David Foenkinos est donc un auteur que j’ai vite envie de retrouver. Il adopte ici un ton réellement désinvolte qui m’a plu. Tout est dit (oui, même certaines thématiques qui ne sont pas facile à aborder), mais toujours avec un humour délicat.

Un petit bémol cependant, ce qui fait que je ne le place pas dans mes coups de cœur : j’ai apprécié ce roman, mais maintenant qu’il est soigneusement rangé et mis en évidence sur mes étagères, je ne sais pas si j’ai réellement envie de me replonger dedans. Je ne sais pas non plus si je garderai en mémoire tous les détails de l’intrigue. Une lecture très plaisante sur le moment, mais après ? Je ne sais pas encore si ce livre m’a réellement apporté autre chose. Affaire à suivre.

Extraits …

« Nous sommes allés chez Ikéa, et nous nous sommes disputés chez Ikéa. Dans ce grand magasin, ils devraient embaucher un conseiller conjugal. Car s’il existe un endroit où le cœur des couples se révèle, c’est bien là. Je me demande même si tous ces meubles à construire ne sont pas qu’un grand prétexte pour semer la zizanie sentimentale. Je suis presque certain que le fondateur d’Ikéa devait être un Suédois dépressif (on frôle le pléonasme), sans vie affective, et qu’il a trouvé le moyen d’anéantir celle des autres. […] Alice hésitait, et pire que tout : me demandait mon avis. Je n’avais aucun avis ici, j’étais lobotomisé. J’étais prêt à dire oui à tout, à acheter ces lampes qui ressemblent à des pissotières géantes, à monter des étagères jusqu’à la fin des temps. […] Avec tout ce bois découpé, j’avais l’impression de choisir mon cercueil. »

« Je pensais souvent aux histoires amoureuses, à l’idée que des détails ridicules pouvaient modifier des décennies. J’avais lu une phrase qui disait : Il y a des personnes formidables qu’on rencontre au mauvais moment, et des personnes qui sont formidables parce qu’on les rencontre au bon moment. »

Publicités