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Éditions 10/18, 2014 (306 pages)

Ma note : 07/20

Quatrième de couverture …

Au coeur de Trondheim, dans les années 1960, l’ère est à l’harmonie et au progrès. En apparence, du moins. Car de l’autre côté des murs, où la modernité fait rage à coups d’électroménager, on scrute ses voisins et on cancane à grand bruit. Jusqu’au jour où un commercial propose d’installer des judas aux portes, menaçant de faire craqueler le vernis…

La première phrase

« C’était pour rendre service, rien d’autre. Elle aimait laver, se sentir utile. Ah, mélanger le savon à l’eau, voir l’écume bouillonner dans le sceau en plastique ! »

Mon avis …

Une peinture de la vie des habitants d’un immeuble norvégien, en plein coeur des sixties. J’étais au départ contente et surtout curieuse de me plonger dans les années soixante. Pour moi, c’est en effet une période de légèreté, de progrès. Je me suis toujours sentie attirée par cette décennie. On y retrouve cependant l’univers machiste d’alors : le mari travailleur et détenteur de l’argent du ménage, l’épouse asservie aux corvées domestiques. Ce roman explore le quotidien de plusieurs familles. Le lecteur se sent donc comme transformé en petite souris et spectateur de ces tranches de vie.

Autant le dire, je n’ai pas aimé cette lecture. J’ai trouvé l’ensemble plus que décousu, et surtout très ennuyeux. Si au départ, l’on aurait pu penser à une intrigue à la Desperate Housewives (j’aime beaucoup cette série), très vite je ne me suis pas identifiée aux personnages. Ils sont d’autant plus caricaturaux. Parmi les habitants de l’immeuble, nous rencontrons notamment Maud, maman depuis peu des suites d’une grossesse non désirée, Barbara, une pétillante coiffeuse à domicile ou encore Peggy-Anita, voisine plantureuse qui fait saliver les hommes en faisant son ménage en petite tenue. Anne B. Radge nous offre avant tout de la description, et… c’est à peu près tout. Dés les premières pages, le rythme retombe comme un soufflé et tout mon intérêt du départ s’est alors envolé. Le message de l’auteure est cependant clair : derrière les apparences, chaque famille cache ses propres difficultés, mais aussi parfois des secrets. C’est plutôt intéressant, malheureusement je n’y ai pas été sensible plus que ça. Et surtout, mis à part ce message, je n’ai pas compris où l’auteure voulait réellement en venir : nulle part ?

Cette lecture, qui m’a fait connaître Anne B. Radge, a donc été une déception. J’aurais souhaité avoir plus d’interactions entre les différentes familles. Un roman qui est peut-être à réserver aux lecteurs assidus de l’auteure ou encore peut-être aux nostalgiques des années soixante.

Extraits …

« Elle adorait sa cuisinière, une Delta-Konge, la seule chose neuve qu’ils avaient achetée après leur mariage, si elle excluait un lit double avec sa tête de lit en teck. Cette cuisinière avait à présent huit ans, mais elle était toujours impeccable et fonctionnait comme au premier jour. Elle enlevait les boutons et les lavait, dessus et en dessous, au moins une fois par mois. A cette fin, elle gardait des brosses à dents usagées. »

« – Qu’est-ce que vous voulez ?
– Ah, le ménage… Avez-vous un aspirateur, si ce n’est pas trop indiscret de le demander ?
– Vous vendez des aspirateurs ?
– Oui, le tout dernier modèle de chez Philips, une petite merveille. Vous avez peut-être vu la publicité dans les magazines ?
– Je crois, dit-elle.
– Si vous l’avez remarquée, alors je parie que vous n’avez pas d’aspirateur chez vous, glissa-t-il avec un large sourire comme s’ils étaient de vieux amis.
– Je n’ai pas besoin d’un aspirateur. Je secoue mes tapis en bas.
– C’est trop de travail pour une jeune épouse comme vous. Je qualifierai cela d’un travail d’homme. »

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