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Éditions Le livre de poche, 2000 (446 pages)

Ma note : 16/20

Quatrième de couverture …

Au coeur de la nuit, le vent d’est cingle la falaise. Entre deux rafales, des nuées d’oiseaux cognent aux vitres. Mais ce n’est pas la peur qui les précipite avec une telle force vers le monde des hommes… On retrouvera ici – et pas moins terrifiant – le récit qui inspira son chef-d’œuvre au maître de l’angoisse, Alfred Hitchcock. Dans les autres nouvelles de ce recueil, l’horreur se fait plus insidieuse, le fantastique à peine étranger au réel. Il suffit d’un pommier à forme étrangement humaine, ou d’une ouvreuse de cinéma qu’un jeune mécanicien a envie de suivre après la séance… Et la grande romancière anglaise, auteur de Rebecca et L’Auberge de la Jamaïque, nous entraîne vers le mystère à petits pas, à petites touches, au gré d’une écriture subtile, singulièrement moderne.

La première phrase

« Le trois décembre, le vent changea pendant la nuit et ce fut l’hiver. »

Mon avis …

Un recueil de sept nouvelles dont Les oiseaux. Daphné du Maurier est une auteure que j’apprécie énormément, je trouve qu’elle a un réel don de conteuse. Pour ce qui est de ces nouvelles, elles ont su me tenir en haleine du début à la fin. L’écriture de l’auteure est brillante : la tension monte en douceur jusqu’à ce que le couperet tombe lors de la chute de chaque histoire. J’ai été plus sensible à certaines nouvelles qu’à d’autres. Mes préférées restent en effet Les oiseaux, Encore un baiser et Le petit photographe.

Ce recueil comprend sept nouvelles : Les oiseaux, Le pommier, Le petit photographe, Encore un baiser, Le vieux, Mobile inconnu, Une seconde d’éternité.

Les oiseaux

L’intrigue se déroule en Cornouailles. Nat, un ancien combattant et blessé de guerre, vit tranquillement avec sa femme et ses enfants. Il aime observer les oiseaux. L’hiver s’installant, il se rend compte que certains se comportent très bizarrement. Il tente d’alerter le voisinage mais personne n’y prête réellement attention, du moins jusqu’à ce qu’il soit trop tard… une nouvelle très prenante qui joue sur des peurs universelles (notamment celle de l’inexplicable). Je n’ai qu’un seul petit regret : qu’elle soit aussi courte.

Le petit photographe

Daphné du Maurier nous fait ici rencontrer une marquise, en vacances à la mer avec ses deux petites filles. Une rencontre avec le photographe du village déclenche un tout nouveau climat, mêlant sentiments amoureux et manipulation hypocrite. Lorsque la nouvelle bascule dangereusement, toute l’horreur de la situation apparaît alors au lecteur. J’ai aimé suivre cette aventure, et surtout les toutes dernières lignes.

Encore un baiser

Direction les années 50 où un jeune mécanicien tombe éperdument amoureux d’une ouvreuse de cinéma. Il fait le choix de la suivre dans la rue, puis dans le bus. J’ai adoré voyager au cours de cette période à travers cette nouvelle. Mais surtout, j’étais loin de me douter du dénouement, aussi déroutant qu’effrayant.

Daphné du Maurier nous offre donc de jolies nouvelles remplies de suspense, de climats à la fois très différents et angoissants à souhait. Je n’ai pas accroché à la totalité des nouvelles. Le pommier est peut-être celle que j’ai le moins appréciée. Je ne peux cependant que vous conseiller cette lecture, et vous encourager à découvrir cette auteure captivante si vous ne la connaissez pas encore.

Extraits …

(Les oiseaux) « – Ouvre-moi, cria-t-il. C’est moi, Nat. Ouvre.
Il criait pour se faire entendre par-dessus le frémissement d’ailes des mouettes. Puis il vit le fou au-dessus de lui dans le ciel, prêt à foncer. Les mouettes firent le cercle, s’écartèrent, montèrent ensemble contre le vent. Seul, restait le fou. Un unique fou au-dessus de lui dans le ciel. Ses ailes se replièrent soudain contre son corps. Il tomba comme une pierre. Nat hurla, et la porte s’ouvrit. Il franchit le seuil en chancelant, et sa femme se précipita de tout son poids contre la porte.
Ils entendirent le choc sourd du fou tombant sur la terre. »

(Les oiseaux) « Le frémissement, la vibration des ailes avait cessé. Il dégagea sa tête de la couverture et regarda autour de lui. La lumière froide et grise du matin éclairait la chambre. L’aube et la fenêtre ouverte avaient rappelé au-dehors les oiseaux vivants ; les morts gisaient sur le plancher. Nat, horrifié, regarda les menus cadavres. Il n’y avait là que de tout petits oiseaux, une cinquantaine, peut-être, jonchant le sol. »

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