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Éditions J’ai lu, 2013 (157 pages)

Ma note : 15/20

Quatrième de couverture …

Les personnages de ces douze nouvelles sont pleins d’espoirs futiles ou de désespoir grave. Ils ne cherchent pas à changer le monde. Quoiqu’il leur arrive, ils n’ont rien à prouver. Ils ne sont pas héroïques. Simplement humains. On les croise tous les jours sans leur prêter attention, sans se rendre compte de la charge d’émotion qu’ils transportent et que révèle tout à coup la plume si juste d’Anna Gavalda.

La première phrase

« Saint-Germain-des-Prés !?… Je sais ce que vous allez me dire : « Mon dieu, mais c’est d’un commun ma chérie, Sagan l’a fait bien avant toi et telllllement mieux ! »

Je sais. »

Mon avis …

Après ma jolie découverte de L’échappée belle, j’avais hâte de relire du Anna Gavalda. Il faut dire que cette fois-ci, je n’ai pas pris énormément de risques. J’avais en effet déjà lu ce recueil de nouvelles quand j’étais en seconde, en cours de français. Les années ont passé, et puis j’ai eu envie de me replonger dedans. Encore une fois, je me suis laissée emporter par l’écriture simple et authentique de cette auteure. Dans ces nouvelles, il ne s’y passe rien de follement extraordinaire, et c’est justement là ce qui fait tout son charme. Les personnages pourraient nous ressembler, on s’identifie à eux d’autant plus facilement. Je trouve qu’Anna Gavalda a un don pour raconter la vie quotidienne : la vie dans toute sa simplicité, mais aussi la vie avec les difficultés qu’elle nous laisse parfois tomber sur le coin du nez. Je n’apprécie pas tous les écrits de Gavalda (j’ai eu un peu de mal avec La consolante), mais cette fois-ci j’ai encore une fois adoré !

Avec ce recueil, le thème qui revient le plus souvent est celui de l’amour : l’amour maternel, le premier amour, le rêve d’amour, le manque d’amour ou encore l’amour désir. Mes nouvelles préférées sont Petites pratiques germanopratines et Pendant des années.

Ce recueil comprend douze nouvelles : Petites pratiques germanopratines, I.I.G., Cet homme et cette femme, The Opel Touch, Ambre, Permission, Le fait du jour, Catgut, Junior, Pendant des années, Clic-clac, Épilogue.

Petites pratiques germanopratines

Gavalda nous fait ici le récit d’une jeune femme sensible et romantique qui n’attend qu’une chose : rencontrer le grand amour. Au détour d’une rue, elle se fait aborder par un bel inconnu qui finit par l’inviter à dîner. Au cours du rendez-vous, la déception semble cependant être au programme puisque le jeune homme a les yeux constamment rivés sur son portable et sur sa messagerie. A ce moment là, tout bascule… Une nouvelle romantique à souhait, j’ai beaucoup aimé. Elle soulève également quelques questionnements, ce qui la rend d’autant plus intéressante.

Pendant des années

L’histoire d’un vieil amour, qui refait brutalement surface des années après. Pierre est marié, il a des enfants. Il reçoit un jour un appel d’un numéro inconnu. Il s’agit d’Helena, un ancien amour. Ils se sont connus jeunes, se retrouveront-ils maintenant qu’ils sont adultes ? J’ai trouvé cette nouvelle bouleversante. Il m’est difficile de la résumer sans dévoiler la totalité de l’intrigue (et je ne veux pas non plus vous gâcher le plaisir de la lecture si vous souhaitez la lire). Simplement il y a une grosse surprise, et cette nouvelle aura réussi à me marquer.

En résumé, un bon recueil de nouvelles. Il est idéal pour s’évader et lire par petites touches. Sachez que si votre préférence va davantage aux nouvelles avec de la noirceur, il y en a également pour vous avec Le fait du jour et Catgut.

Extraits …

(I. I. G.) « Regardez une femme enceinte : vous croyez qu’elle traverse la rue ou qu’elle travaille ou même qu’elle vous parle. C’est faux. Elle pense à son bébé. D’accord, elle vous écoute mais elle vous entend mal. Elle hoche la tête mais en vérité, elle s’en fout.
Elle se le figure. Cinq millimètres : un grain de blé. Un centimètre : une coquillette. Cinq centimètres : cette gomme posée sur son bureau. Vingt centimètres et quatre mois et demi : sa main grande ouverte. »

(Permission) « Quand j’arrive à la gare de l’Est, j’espère toujours secrètement qu’il y aura quelqu’un pour m’attendre. C’est con. J’ai beau savoir que ma mère est encore au boulot à cette heure-là et que Marc n’est pas du genre à traverser la banlieue pour porter mon sac, j’ai toujours cet espoir débile. »

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