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Éditions Le livre de poche, 2013 (246 pages)

Ma note : 17/20

Quatrième de couverture …

Pour guérir d’une rupture sentimentale, un homme se réfugie à Ostende. Sa logeuse, une vieille dame solitaire et mystérieuse, Emma Van A., se confie peu à peu à lui et, un soir, finit par lui avouer son grand secret : une étrange et incroyable passion amoureuse. Fiction ou réalité ?

Cinq histoires – « La rêveuse d’Ostende », « Crime parfait », « La guérison », « Les mauvaises lectures », « La femme au bouquet » – où Eric-Emmanuel Schmitt montre le pouvoir de l’imagination dans nos existences.

La première phrase

« Je crois que je n’ai jamais connu personne qui se révélât plus différente de son apparence qu’Emma Van A. »

Mon avis …

Un brin de mélancolie, une dose de poésie, de la douceur et tellement de délicatesse : vous l’aurez compris, encore un coup de cœur ! Le tout est à la fois simple et bien écrit. J’ai littéralement été transportée par La rêveuse d’Ostende. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé mais cette nouvelle a su me toucher. On pourrait reprocher à Eric-Emmanuel Schmitt l’inégalité de ces nouvelles, celle-ci étant bien supérieure aux autres à mon avis. Mais je suis très contente d’avoir découvert cet auteur. On sent un réel amour de la vie qui transperce chaque page. Les descriptions sont à la fois précises et poétiques. En bref, une très jolie lecture !

Ce recueil comprend cinq nouvelles : La rêveuse d’Ostende, Crime parfait, La guérison, Les mauvaises lectures, La femme au bouquet.

La rêveuse d’Ostende

Un écrivain parisien fait le choix de se rendre à Ostende et ce, pour surmonter un chagrin d’amour. Il atterrit chez Emma Van A., la logeuse d’un bel immeuble situé en bord de mer. Si la vieille dame est plutôt du genre solitaire et peu loquace, sa vie sentimentale semble avoir connu bon nombre de remous. Emma se rappelle une histoire d’amour en particulier… Cette nouvelle est un petit bijou, c’est certainement ma préférée. Grâce aux très jolies descriptions du bord de mer, au récit de cette histoire d’amour improbable mais qui semble si réelle, j’ai eu l’impression d’être comme dans un rêve. Cette nouvelle ne quittera pas mon esprit de sitôt.

Crime parfait

Gabrielle et Gaby vivent le parfait amour autour d’une famille unie. Et puis, un jour surgit Paulette, une cliente du commerce familial. Et si finalement, Gaby, le mari si « parfait » ne l’était pas tant que ça… Gabrielle s’interroge. L’auteur reprend ici certains codes du roman policier. J’ai été moins transportée mais le mystère qui s’en dégage, et pour le coup les interrogations du lecteur, valent le coup d’y jeter un œil.

La guérison

Stéphanie est une jeune infirmière de vingt-cinq ans. Aveugle et paralysé des suites d’un accident, Karl est un des patients de l’hôpital. C’est une petite phrase qui va tout déclencher, et réunir le temps d’une nouvelle deux personnages très différents, avec leurs forces et leurs fragilités. J’ai trouvé cette nouvelle atypique, mais plutôt dans le bon sens. Relativement plaisante, je n’ai cependant pas été séduite par la chute (j’aurais préféré avoir tout autre chose).

Les mauvaises lectures

Lorsque Maurice, homme cultivé mais grognon et imbu de sa personne, choisit de passer ses vacances avec sa cousine Sylvie, joyeuse et positive, il ne peut contenir une certaine angoisse. D’autant plus qu’elle ose commettre l’irréparable devant lui qui a horreur des romans : Sylvie achète le dernier livre de Chris Black. Maurice ne peut s’empêcher d’y jeter un œil en cachette. Il est alors bien loin de savoir ce qui l’attend. Est-ce lui ou entend-il réellement des bruits étranges dans la vieille maison ? J’ai réellement ri lors de certains passages. Au niveau du dénouement, l’on s’attend à tout sauf à la chute de cette histoire. Eric-Emmanuel Schmitt s’amuse ainsi à brouiller les pistes.

La femme au bouquet

A la gare de Zurich, une femme erre quotidiennement seule, un bouquet à la main. Cela dure maintenant depuis plusieurs années. Tout du moins jusqu’à ce que la vieille femme finisse par ne plus du tout venir… J’ai trouvé cette nouvelle plus mélancolique que les autres. Mais comme pour les précédentes, j’étais très pressée d’en connaître la chute.

Extraits …

(La rêveuse d’Ostende) « La mer du Nord avait des couleurs d’huître, du vert-brun des vagues au blanc nacré de l’écume; ces teintes altérées aux nuances précieuses, alambiquées, me reposaient de mes éclatants souvenirs de Méditerranée, bleu pur et sable jaune, d’un chromatisme vif aussi primaire qu’un dessin d’enfant. »

(La rêveuse d’Ostende) « Comme autrefois, j’avançais jusqu’à mi mollets dans les vagues, inquiet de m’aventurer davantage. Comme autrefois, je me sentis minuscule sous un ciel infini, devant des flots infinis. »

(Les mauvaises lectures) « Maurice bredouilla quelques phrases en apparence aimables en se demandant si le Parlement ne devrait pas promulguer une loi interdisant d’attribuer des noms de belles femmes – Grace, Audrey, Sofia – à des boudins. »

(Les mauvaises lectures) « Comme elle était la seule personne qu’il aimait, il avait décidé de l’aimer bien, c’est-à-dire telle qu’elle était. »

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