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Éditions Alzabane, 2010 (129 pages)

Ma note : 15/20

Quatrième de couverture …

Gentes dames et mes seigneurs, je vais vous conter maintenant ces étonnantes aventures qui arrivèrent, il y a fort longtemps, à ce fieffé Renart. Vous apprendrez par ce premier livre comment le goupil, qui savait beaucoup de ruses, commit tant de farces et de larcins qu’il en rendit presque fou son compère, le loup Ysengrin, mais aussi, tous ceux qui croisèrent son chemin…

La première phrase

« Mesdames et mes seigneurs, écoutez-moi, s’il vous plaît, car je veux vous raconter, pour votre plaisir, qui étaient Renart et le loup Ysengrin. »

Mon avis …

Le roman de Renart constitue le livre de mon enfance. Je me revois encore le découvrir chez mes grands-parents, dans l’ancienne chambre de ma maman. Je l’ai même relu étant adolescente, je considère donc qu’il a une place à part tant il a une valeur sentimentale pour moi. J’ai toujours aimé les récits animaliers, que ce soit avec Le roman de Renart ou même Les fables de La Fontaine. Aussi, lorsque j’ai eu l’occasion de me replonger dans ces contes à travers la jolie version qu’en ont fait les éditions Albazane, je l’ai fait avec un grand plaisir. Richement illustré et doré sur tranche, Des étonnantes aventures de Renart et de son compère Ysengrin reprend sept contes du Roman de Renart (il ne s’agit donc malheureusement pas de sa version intégrale). L’occasion de découvrir ou de relire les aventures les plus emblématiques de Renart et d’Ysengrin comme la pêche aux anguilles ou encore l’épisode des jambons. J’ai conservé une grande tendresse pour ce livre.

J’ai donc pu me replonger dans ces petites histoires avec un regard adulte. Et évidemment étant petite, je n’avais pas saisi tout le côté satirique et caricatural de cet écrit. Chaque personnage, sous l’apparence d’un animal, reprend ainsi les codes attribués à un milieu social spécifique de la société du Moyen-Âge. J’ai toujours été fascinée par ces personnages, que ce soit Noble le lion, Tibert le chat ou encore Brun l’ours. Mes préférés (sans que je sache trop pourquoi) sont toujours restés le coq Chantecler et Hermeline, la femme de Renart. C’est donc avec une tendresse particulière que j’avais envie de vous parler de ce recueil de contes. Il est idéal pour les enfants, mais les adultes peuvent bien sûr y trouver leur compte à travers une deuxième lecture. Je vais vite essayer de me procurer la version intégrale que j’ai pu lire pendant mon enfance.

Extraits …

« Ce matin-là, tandis qu’il vagabonde le ventre creux, le goupil entend puis voit arriver à grande allure des marchands venus de la mer. Ils transportent dans leur charrette de grands paniers contenant de bien bons poissons, en grande quantité, poissons qu’ils vont vendre dans les villages. A la délicieuse odeur apportée par la brise, Renart sent les harengs frais, mais aussi de bonnes anguilles au savoureux fumet et encore toutes sortes de lamproies, si excellentes qu’il les mangerait aussi bien crues que grillées. »

« Pendant ce temps, voici que revient le coq, monseigneur Chanteclerc. De retour du bois, celui-ci s’était glissé entre deux pieux et avait marché jusqu’à un tas de fumier. Il se présente fièrement devant ses poules, paré de plumes jusqu’au bout des ongles, et demande avec autorité :

– Eh bien, mesdames, pourquoi courrez-vous ainsi vers la maison ?

Pinte, la plus posée, celle qui pond les plus gros œufs et qui dort à la droite du coq, le met au courant de ce qu’il se passe, ajoutant :

– A n’en pas douter, il y a tout près d’ici une bête sauvage qui voudrait bien s’en prendre à nous, si nous ne déguerpissions pas. »

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