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Éditions Le livre de poche, 2013 (444 pages)

Ma note : 18/20

Quatrième de couverture …

« J’ai rêvé l’autre nuit que je retournais à Manderley. » Ainsi débute le plus célèbre roman de Daphné du Maurier, qu’Alfred Hitchcock adapta en 1940 et qui n’a rien perdu de son charme vénéneux.
Dans une somptueuse propriété de la côte anglaise, hantée par le souvenir d’une première épouse disparue, une jeune mariée intimidée, un veuf taciturne, une gouvernante vêtue de noir s’observent dans un huit-clos étouffant…
Entre conte gothique et suspense psychologique, Rebecca entremêle les passions et les haines, les silences et les menaces avec, en bruit de fond, le ressac de la mer sur les galets de la crique…

La première phrase

« J’ai rêvé l’autre nuit que je retournais à Manderley. J’étais debout près de la grille devant la grande allée, mais l’entrée m’était interdite, la grille fermée par une chaîne et un cadenas. »

Mon avis …

Dés les premières lignes, nous voici transporté(e) dans une atmosphère gothique, mystérieuse et captivante. J’ai découvert Daphné du Maurier à travers le registre des nouvelles, avec Les oiseaux. J’avais déjà beaucoup apprécié l’écriture de cette auteure. Je trouve que Rebecca se situe encore un cran au-dessus. Et pour cause, cette lecture a été un vrai coup de cœur, d’autant plus que mon intérêt n’a pas faibli une seule seconde jusqu’au dénouement final.

L’intrigue démarre à Monte Carlo. Lors d’un séjour dans un palace, une jeune femme gauche et timide (dont on ignore le prénom) fait la connaissance de Maxim de Winter, veuf et propriétaire du fabuleux domaine de Manderley. La rumeur court qu’il ne peut oublier la disparition de son ancienne femme, la séduisante et admirée Rebecca. Pourtant, une demande en mariage vient clôturer la fin du séjour. La narratrice devient donc la nouvelle maîtresse de Manderley. Heureuse et amoureuse, la jeune femme va cependant très vite souffrir de la comparaison avec Rebecca dont la présence semble toujours imprégner les lieux. La mélancolie de son mari ainsi que la haine de Mrs Danvers, la gouvernante et amie proche de l’ancienne Mrs de Winter, vont l’amener au bord du suicide. Son existence même semble gommée au profit d’un fantôme. Mais lorsque des circonstances tragiques lui font comprendre que c’est bien elle, et non Rebecca, que Maxim aime, la jeune femme va alors puiser dans son amour la force qui lui manquait jusqu’ici. Car tout bascule… la vérité n’est peut-être pas celle que l’on croyait.

Roman d’ambiance, Rebecca prévaut pour son atmosphère pesante, angoissante ainsi que pour la psychologie de ses personnages. J’ai trouvé la narratrice attachante, de même que j’ai aimé m’interroger sur le changement de comportement de Maxim de Winter. Mrs Danvers est quant à elle terrifiante. Bien que froide et grave, elle réussit à nous donner quelques frissons. J’ai dégusté ce roman du début à la fin. A lire absolument si vous souhaitez passer des heures intenses et inoubliables !

Extraits …

« Il ne m’appartenait pas du tout, il appartenait à Rebecca. Elle était toujours dans la maison, comme Mrs Danvers l’avait dit, elle était dans cette chambre de l’aile ouest, elle était dans la bibliothèque, dans le petit salon, dans la galerie au dessus du hall. Même dans le petit vestiaire où pendait son imperméable. Et dans le jardin, et dans les bois, et dans la maisonnette en pierre sur la plage. Ses pas résonnaient dans le corridor, son parfum traînait dans l’escalier. Les domestiques continuaient à suivre ses ordres, les plats que nous mangions étaient les plats qu’elle aimait. Ses fleurs préférées remplissaient les chambres. Rebecca était toujours Mme de Winter. Je n’avais rien à faire ici. »

« Nous ne pouvons pas y retourner : c’est sûr. Le passé est encore trop proche. Les choses que nous avons essayé d’oublier se remettraient à s’agiter et cette sensation d’inquiétude, cette lutte contre une terreur irraisonnée -apaisée à présent, Dieu merci- pourrait renaître sans que nous sachions comment et redevenir notre vivante compagne. »

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