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Éditions Le livre de poche, 2012 (251 pages)

Ma note : 12/20

Quatrième de couverture …

Paris sous le Second Empire. Les ambitieux travaux d’Haussmann détruisent des quartiers entiers, générant des milliers d’expropriations douloureuses. Loin du tumulte, Rose Bazelet mène une vie paisible, au rythme de sa lecture du Petit Journal et de ses promenades au Luxembourg. Jusqu’au jour où elle reçoit la fatidique lettre du préfet : sa maison, située sur le tracé du boulevard Saint-Germain, doit être démolie. Liée par une promesse faite à son mari, elle ne peut se résoudre à partir. Contre le baron, contre l’empereur, Rose va se battre pour sauver la demeure familiale qui renferme un secret douloureusement gardé…

La première phrase

« Mon bien-aimé,

Je peux les entendre remonter notre rue. Un grondement étrange, menaçant. Des chocs et des coups. »

Mon avis …

Il s’agit de mon tout premier Tatiana de Rosnay (champagne !). J’étais donc très pressée de découvrir cette auteure, d’autant plus que j’en entends régulièrement énormément de bien. Le titre, la couverture et surtout la thématique de ce roman ont eu raison de moi quand je suis tombée dessus par hasard dans une librairie. J’ai été enchantée par la reconstitution très soignée du Paris de cette période de l’Histoire. J’ai cependant trouvé que certains personnages auraient mérité d’être davantage travaillés. J’ai également trouvé la fin étrange… voire traumatisante (mais je ne vous en dirai pas davantage à ce niveau là…). En tous cas, je n’ai pas été embarquée autant que je l’aurais souhaité.

L’intrigue se construit autour des grands travaux imaginés par le baron Haussmann pour l’empereur Napoléon III. Le roman présente ici le point de vue des habitants d’un petit quartier, menacé de destruction. On ressent réellement combien ces travaux ont pu être éprouvants pour les habitants d’alors. Et j’avoue que c’est un aspect sur lequel je ne m’étais pas vraiment penchée lorsque j’entendais parler des travaux d’Haussmann.

Rose Bazelet est une veuve de 59 ans. Sa maison, rue Childebert, représente toute sa vie et tellement de souvenirs. Sur le lit de mort de son mari, Rose a fait une promesse : jamais elle n’abandonnera leur maison. Rose est avant tout un roman épistolaire. En s’adressant à son défunt mari, Rose écrit pour lui dire qu’elle tiendra sa promesse. Mais ses lettres ont également pour but de redonner vie à son petit garçon, emporté par le choléra, ou encore de se redonner de l’espoir face à son quartier menacé de destruction. Et puis, il y a la présence de ce secret, bien trop longtemps enfoui… Au fil des pages, le lecteur fait alors connaissance avec cette femme attachante, par l’intermédiaire de détails livrés au compte-gouttes : la rencontre avec Armand, sa relation avec sa belle-mère, l’installation dans la maison familiale.

J’ai refermé ce livre avec un ressenti mitigé. Si j’ai apprécié les très jolies descriptions du Paris du Second Empire, j’aurais souhaité que certains personnages soient davantage mis en avant. C’est le cas d’Alexandrine, la jeune fleuriste, ou encore de Violette, la fille de Rose. Je n’ai pas non plus été convaincue par la fin. J’ai même été déçue. De cette lecture, j’en attendais beaucoup plus. Et malheureusement, j’ai bien trop rapidement deviné le secret de Rose… A partir de là, je dois avouer que mon intérêt pour l’intrigue s’est quelque peu essoufflé. De ce livre, je garderai cependant également le fait que Tatiana de Rosnay ait souhaité s’attarder sur toutes ces personnes auxquelles on ne pense pas forcément lorsque l’on admire les façades des immeubles haussmanniens : plutôt une bonne idée !

Extraits …

« Cette maison est mon corps, ma peau, mon sang, mes os. Elle me porte en elle comme j’ai porté nos enfants. »

« Alexandrine est comme ce fascinant cactus qu’avait Maman Odette, d’une douceur trompeuse et terriblement piquant. »

« D’ici une centaine d’années, quand les gens vivront dans un monde moderne que nul ne peut imaginer, pas même les plus aventureux des écrivains ou des peintres, pas même vous, mon amour, quand vous vous plaisiez à envisager l’avenir, les petites rues paisibles dessinant comme les allées d’un cloître autour de l’église seraient enfouies et oubliées, pour toujours. Personne ne se souviendra de la rue Childebert, de la rue d’Erfurth, la rue Sainte-Marthe. Personne ne se souviendra du Paris que nous aimions, vous et moi. »

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