heart_2

product_9782070413591_195x320

Folio (Classique), 2013 (353 pages)

Ma note : 10/20

Quatrième de couverture …

Voilà une femme étranglée par la force des mains, et introduite dans une cheminée, la tête en bas. Des assassins ordinaires n’emploient pas de pareils procédés pour tuer. Encore moins cachent-ils ainsi les cadavres de leurs victimes. Dans cette façon de fourrer le corps dans la cheminée, vous admettrez qu’il y a quelque chose d’excessif et de bizarre, – quelque chose d’absolument inconciliable avec tout ce que nous connaissons en général des actions humaines, même en supposant que les auteurs fussent les plus pervertis des hommes.

La première phrase

« Les facultés de l’esprit qu’on définit par le terme analytiques sont en elles-mêmes fort peu susceptibles d’analyse. Nous ne les apprécions que par leurs résultats. »

Mon avis …

Un recueil de treize nouvelles mettant en scène des genres divers tels que le roman policier, le fantastique ou encore le récit de voyage. Il s’agit de ma toute première rencontre avec Edgar Poe. On ressent combien cet homme devait être intelligent et cultivé (et peut-être légèrement imbu de sa personne…). Je me suis en tous cas sentie toute petite face à son génie. Maintenant, je trouve que cet auteur est loin d’être abordable. Son style d’écriture est précis, analytique et plutôt froid. Ceci peut plaire, comme ne pas plaire… Pour ma part, j’ai réussi à apprécier quelques nouvelles. Malheureusement, j’aurais préféré retrouver une petite pointe d’émotion, de sentimentalité pour certaines nouvelles, je reconnais que cela m’a parfois manqué. Un auteur intéressant, qui a une plume particulière. J’espère vite me réconcilier avec cet écrivain en lisant ses Nouvelles histoires extraordinaires, qui peut-être me plairont davantage. Mes nouvelles préférées sont Double assassinat dans la rue Morgue et Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaal.

Ce recueil comprend treize nouvelles : Double assassinat dans la rue Morgue, La lettre volée, Le scarabée d’or, Le canard au ballon, Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaal, Manuscrit trouvé dans une bouteille, Une descente dans le Maelstrom, La vérité sur le cas de M. Valdemar, Révélation magnétique, Souvenirs de Mr Auguste Bedloe, Morella, Ligeia, Metzengerstein.

Double assassinat dans la rue Morgue

Il s’agit d’une des nouvelles les plus célèbres de l’auteur. Elle reprend les codes du roman policier. Avec ce récit, Edgar Poe nous présente l’énigme d’un double meurtre terrible et incompréhensible pour la police : deux cadavres (une mère et sa fille) sont retrouvés profondément meurtris. Le corps de la jeune fille est retrouvé encastré dans une cheminée, la tête en bas ! Le seul indice dont dispose la police demeure dans le récit des témoins. Ceux-ci s’accordent en effet pour dire avoir entendu deux voix distinctes : une voix grave s’exprimant en français ainsi qu’une voix étrangère. Auguste Dupin, enquêteur privé, est chargé de dénouer l’affaire. J’ai adoré cette lecture, pour une simple et bonne raison : jusqu’à la fin, j’étais bien loin d’imaginer l’identité du coupable. Une nouvelle que donc, je n’oublierai pas de sitôt.

Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaal

Le récit d’un voyage en ballon, dans le but de se rendre… sur la Lune. Je me suis très vite laissée embarquer. L’auteur donne tellement de détails précis et scientifiques que l’on pourrait presque y croire. J’imagine combien cela devait paraître novateur pour l’époque, même si Jules Verne est arrivé très peu de temps après.

Avec ce recueil de nouvelles, je suis donc plutôt restée sur ma faim. J’ai eu un peu de mal à accrocher au style littéraire d’Edgar Poe. En tous cas, si vous appréciez les récits étranges, les histoires de voyages en mer, en ballon ou encore les chasses au trésor, ce recueil est peut-être fait pour vous !

Extraits …

(Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaal) « 3 avril – Je trouvai que mon ballon était arrivé à une immense hauteur, et que la convexité de la terre se manifestait enfin d’une manière frappante. Au-dessous de moi, dans l’Océan, se montrait un semis de points noirs qui devaient être indubitablement des îles. Au-dessus de ma tête, le ciel était d’un noir de jais, et les étoiles visibles et scintillantes; en réalité elles m’avaient toujours apparu ainsi depuis le premier jour de mon ascension. Bien loin vers le nord, j’apercevais au bord de l’horizon une ligne ou une bande mince, blanche et excessivement brillante, et je supposai immédiatement que ce devait être la limite sud de la mer de glaces polaires. »

Publicités