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Éditions Le livre de poche, 2014 (346 pages)

Ma note : 12/20

Quatrième de couverture …

Jiselle, la trentaine et toujours célibataire, croit vivre un véritable conte de fées lorsque Mark Dorn, un superbe pilote, veuf et père de trois enfants, la demande en mariage. Sa proposition paraît tellement inespérée qu’elle accepte aussitôt, abandonnant sa vie d’hôtesse de l’air pour celle, plus paisible, croit-elle, de femme au foyer.
C’est compter sans les absences répétées de Mark, les perpétuelles récriminations des enfants et la mystérieuse épidémie qui frappe les États-Unis, leur donnant des allures de pays en guerre. L’existence de Jiselle prend alors un tour dramatique…

La première phrase

« Si vous lisez ceci, vous MOURREZ !

Jiselle reposa le journal intime sur le canapé, là où elle l’avait trouvé, et sortit avec l’arrosoir. »

Mon avis …

Une lecture à mi-chemin entre le roman écologique et le scénario catastrophe. Je ne connaissais alors pas du tout l’écriture de Laura Kasischke, c’était donc l’occasion de la découvrir. Malheureusement, plutôt une mauvaise pioche : je me suis sentie partagée et quelque peu déconcertée par ce roman. On passe ainsi de la présentation d’une histoire d’amour idyllique à un quotidien où tous les repères construits se fissurent. L’auteure nous fait progressivement basculer vers un roman quasi apocalyptique. Et… j’ai eu du mal. Il faut que je vous avoue que déjà, à la base, je n’apprécie pas franchement les intrigues mettant en scène un univers chaotique. Je trouve ceci terriblement angoissant. Et malheureusement, c’est précisément ce que ce livre m’a fait ressentir. Si j’ai réussi à adhérer aux personnages ainsi qu’au rythme prenant du récit, je n’ai pas accroché à ce climat destructeur. Je n’ai pas non plus apprécié le fait que le roman se termine en queue de poisson, l’auteure nous laissant sur un gros point d’interrogation.

Jiselle, hôtesse de l’air, nage en plein bonheur lorsque Mark Dorn, un pilote d’avion très admiré des femmes, la demande en mariage. La jeune femme quitte alors son travail pour partir s’installer chez Mark et ses trois enfants. Si elle est rapidement acceptée par Sam, le plus jeune des enfants, le quotidien est plus compliqué avec Camille et Sara, bien décidées à lui mener la vie dure. D’autant plus que les absences de Mark se multiplient, et qu’une mystérieuse épidémie surnommée « la grippe de Phoenix » menace l’équilibre de tout un pays.

J’ai trouvé la transformation de Jiselle très intéressante. Plutôt timide et effacée, la jeune femme finit ainsi par montrer toute sa force et sa détermination (ce qui n’est pas sans rappeler la magnifique intrigue de Rebecca de Daphné du Maurier). Le découpage du livre en chapitres est également efficace, il permet à la tension de s’installer crescendo. L’angoisse monte peu à peu. Certains passages font froid dans le dos : les victimes de l’épidémie, le changement des mentalités, les coupures d’électricité, le climat d’insécurité etc. J’ai réussi à me prendre d’affection pour Jiselle et les trois enfants (surtout le petit Sam que je trouve touchant), mais j’ai été rebutée par l’atmosphère anxiogène de ce roman.

Je reste donc partagée. Un récit qui fait réfléchir, notamment sur le fonctionnement de nos sociétés modernes. Une chose est sûre : ne vous fiez pas à la couverture paisible du livre !

Extraits …

« Au cours de cette période aussi brève qu’étrange, on avait entrevu la possibilité d’un mode de vie entièrement différent. Il s’agissait d’un bienfait collatéral à l’effondrement de l’économie, à la dévastation causée par la grippe de Phoenix. Les règles présidant aux comportements de toute nature changèrent du jour au lendemain. »

« Un matin de la première semaine d’avril, une nuée de plusieurs milliers de merles sortit du ravin et passa au-dessus de la maison. Leur vacarme réveilla Jiselle et même Sara se leva pour sortir les contempler. Le ciel en était assombri et tout frissonnant, comme si l’on avait écorché la matinée afin de mettre à nu son système nerveux. »

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