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Éditions 10/18, 2013 (380 pages)

Ma note : 11/20

Quatrième de couverture …

Inspiré d’un fait divers survenu en 1856, Beloved exhume l’horreur et la folie d’un passé douloureux. Ancienne esclave, Sethe a tué l’enfant qu’elle chérissait au nom de l’amour et de la liberté, pour qu’elle échappe à un destin de servitude. Quelques années plus tard, le fantôme de Beloved, la petite fille disparue, revient douloureusement hanter sa mère coupable.

La première phrase

« Le 124 était habité de malveillance. Imprégné de la malédiction d’un bébé. »

Mon avis …

Un roman extrêmement fort sur les conditions d’esclavage aux États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession. Cette lecture n’a pas vraiment découlé d’un choix personnel puisque j’ai découvert ce livre au travers d’un cours d’anglais. Toni Morrison, auteure afro-américaine, a publié une dizaine de romans dont les principaux thèmes tournent autour du racisme, de la misère des Noirs aux États-Unis. Beloved a obtenu le prix Pulitzer en 1988. Si le fait de me retrouver confrontée à cet aspect douloureux de l’Histoire a été enrichissant, voire même bouleversant, je crois que malheureusement j’ai beaucoup moins accroché à la plume métaphorique (beaucoup trop à mon goût) de l’auteure. Un roman parfois difficile, mais nécessaire et qui ne peut que toucher son lecteur.

L’intrigue se déroule principalement au 124 Bluestone Road, dans l’Ohio. Sethe, une ancienne esclave, s’y réfugie après avoir fui la plantation du Bon Abri. Son dernier enfant, la petite Denver, naît pendant la fuite. C’est alors que des hommes viennent la chercher pour la ramener de force au domaine. Désespérée, la jeune femme tente de tuer ses quatre enfants afin, selon elle, de les protéger d’une vie d’asservissement. Seul le troisième enfant de Sethe meurt sur le coup. Denver et sa maman sont conduites en prison avant de retrouver le 124, quelques années plus tard. C’est alors que des phénomènes surnaturels font leur apparition : un miroir qui vole en éclats, des petites empreintes de mains qui apparaissent mystérieusement, une étrange jeune fille postée contre un arbre. Cette jeune fille qui dit s’appeler Beloved, finit par rejoindre le quotidien du 124. Elle se lie très rapidement avec Sethe, à tel point que Denver souffre de ne plus autant exister qu’avant aux yeux de sa mère. Chacun semble en être persuadé, et si Beloved était le fantôme du bébé tué quelques années auparavant ? D’autant plus que « Beloved » n’est autre que l’inscription gravée sur la tombe du bébé…

Vous l’aurez compris, il s’agit en premier lieu d’un roman sombre et difficile. Divers thèmes sont abordés : l’esclavage bien entendu, mais également la liberté, la maternité, l’infanticide, le lien mère-fille. Une intrigue qui flirte également avec le surnaturel si bien qu’à la fin, j’ai eu des difficultés à me positionner. Beloved est-elle réellement un fantôme ou une jeune fille abandonnée qui cherchait avant tout une famille ? Il semblerait que Toni Morrison laisse au lecteur le soin de s’interroger, d’en tirer ses propres conclusions.

En bref, une lecture forte en émotions. J’ai littéralement été choquée par certaines scènes d’une violence extrême : l’enchaînement des esclaves dans des torrents de boue, l’épreuve du mors, la relation malsaine qui s’installe entre Sethe et Beloved. J’apprécie beaucoup l’intrigue d’Autant en emporte le vent, aussi cette lecture permet de se situer cette fois-ci du côté du quotidien des esclaves. Comme je vous le disais, cette lecture est cependant loin d’être un coup de cœur, dans le sens où j’aurais préféré que l’intrigue parte moins dans tous les sens (avec moins de flashback, donc) et soit moins dans le métaphorique à certains moments. Quoi qu’il en soit, j’ai fortement été marquée par ce roman. J’ai seulement eu comme l’impression de manquer d’air d’où mon avis plus que mitigé.

Si cela vous intéresse, il existe une adaptation filmique. Elle date de 1998 (avec Oprah Winfrey, dans le rôle de Sethe).

Extraits …

« Il y a une solitude que l’on peut bercer. Bras croisés, genoux remontés, on se tient, on se cramponne et ce mouvement, à la différence de celui d’un bateau, apaise et contient l’esseulé qui se berce. C’est une solitude intérieure, qui enveloppe étroitement comme une peau. Puis il y a une solitude vagabonde, indépendante. Celle-là, sèche et envahissante, fait que le bruit de son propre pas semble venir de quelque endroit lointain. »

« Arriver quelque part où l’on pouvait aimer tout ce que l’on voulait – ne pas avoir besoin d’autorisation pour désirer – eh bien, ça c’était la liberté. »

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