heart_4

9782253007906-t-185x300

Éditions Le livre de poche, 2014 (252 pages)

Ma note : 17/20

Quatrième de couverture …

Nous sommes au lendemain de la Grande Guerre, le mal du siècle envahit les âmes. C’est l’époque de la Prohibition et des fortunes rapides.

En 1922, Jay Gatz, désormais Gatsby, se retrouve fabuleusement riche. Mille légendes courent sur son compte, qui n’empêchent pas les gens chic – et moins chic – de venir en troupe boire ses cocktails et danser sur ses pelouses. Gatsby le Magnifique joue la carte des folles dépenses pour éblouir Daisy, mariée à Tom Buchanan, un héritier millionnaire. Le jour où l’espoir de conquérir sa bien-aimée s’évanouit, la fête prend fin brutalement… Gatsby le Magnifique est un des romans emblématiques de la littérature américaine du XXème siècle.

La première phrase

« J’étais très jeune encore et d’autant plus influençable, le jour où mon père m’a donné un certain conseil qui n’a jamais cessé de m’occuper l’esprit. »

Mon avis …

Un roman magnifique, j’ai même regretté qu’il soit aussi court. J’aurais beaucoup aimé rester plus longtemps auprès des personnages. Pour planter le décor : New York, les années folles, la jeunesse dorée américaine, des fêtes scintillantes, le gin et le champagne. J’aime tellement cette période des années 20. Je l’imagine, entre autres, synonyme de liberté et de joie de vivre. Et je dois dire que la plume de l’auteur traduit très bien cette atmosphère et ce, à travers une écriture colorée et imagée : le gazon verdoyant, le scintillement de la propriété de Gatsby, les voiles qui s’envolent sous la chaleur étouffante de Long Island. Gatsby le Magnifique est également une oeuvre qui marque l’esprit de part le message qu’elle véhicule : nous avons tous un passé. Mais devons-nous laisser ce dernier guider nos actions, peut-on rattraper ses erreurs passées dans un futur proche et ainsi tout contrôler ? Une jolie leçon de vie. Je connaissais déjà l’intrigue puisque j’étais allée voir l’adaptation de Baz Luhrmann au cinéma. J’avais tellement accroché que je n’ai eu qu’une envie : me jeter sur le livre de Francis Scott Fitzgerald. Et vous l’aurez compris… La magie a de nouveau opéré, pour mon plus grand bonheur !

Le livre se divise en deux temps. Les premiers chapitres célèbrent jeunesse, espoir et fêtes époustouflantes. La deuxième partie se fait au contraire plus sombre. Gatsby réalise son rêve, pour perdre ses illusions. Les personnages sont extrêmement bien décrits. J’avais presque l’impression de les voir en face de moi. Il y a d’abord Nick, le narrateur. Plutôt discret, il porte un regard détaché sur les choses. Daisy, légère et innocente, incarne le personnage de la femme-enfant blessée. Finalement, elle ne peut aimer personne à part elle-même. Nous avons ensuite Tom, le mari violent et impulsif, ou encore Jordan, jeune femme au look androgyne. Et puis bien sûr, il y a Gatsby, qui assiste impuissant à la montée d’un drame que l’on sent malheureusement arriver peu à peu. Roman sur les apparences, Gatsby le Magnifique est un des rares livres qui aura réussi à m’émouvoir jusqu’aux larmes. J’ai trouvé le final révoltant, pour autant Gatsby ne m’a pas inspiré que de la tendresse. J’aurais préféré que l’objet de son amour soit une autre femme que Daisy Buchanan.

En résumé, j’ai été passionnée, captivée. Je ne peux que fortement vous conseiller à le lire si ce n’est déjà fait. Et je compte bientôt découvrir Tendre est la nuit.

Extraits …

« Le vent était tombé, laissant une nuit claire, bruyante de battements d’ailes dans les arbres et de l’orgue persistant des crapauds que tous les soufflets de la terre gonflaient d’un excès de vitalité. La silhouette d’un chat en maraude ondula au clair de lune. En tournant la tête pour le suivre des yeux, je vis que je n’étais pas seul – à cinquante pieds de moi, une forme surgie de l’ombre projetée par le château de mon voisin contemplait, les mains dans les poches, le poivre argenté des étoiles. Un je ne sais quoi dans ses mouvements indolents et dans la ferme assise de ses pieds sur le gazon suggérait que c’était M. Gatsby en personne, sorti pour s’enquérir de la part qui lui était dévolue dans notre ciel local. »

« Gatsby avait foi en cette lumière verte, en cet avenir orgastique qui chaque année recule devant nous. Pour le moment, il nous échappe. Mais c’est sans importance. Demain, nous courrons plus vite, nous tendrons les bras plus avant… Et, un beau matin… Et nous luttons ainsi, barques à contre-courant, refoulés sans fin vers notre passé. »

Publicités