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JaneEyre

Éditions Le livre de poche, 2002 (520 pages)

Ma note : 20/20

Quatrième de couverture …

Le vent dans les landes désolées a creusé l’âme des sœurs Brontë. Seules, elles se sont inventé une compagnie; célibataires, elles ont rêvé l’amour. Publié en même temps que le livre de sa sœur Emily, Les Hauts de Hurle-Vent, le roman de Charlotte connut d’emblée un immense succès.

Une jeune gouvernante aime le père de ses élèves et est aimée de lui. Mais elle résiste à cet amour, découvrant avec horreur l’existence de la première femme de Rochester, pauvre folle enfermée par son mari. L’histoire, qui trouve son origine dans la jeunesse tourmentée de son auteur, fait se succéder coups de théâtre et débordements de passion, fuite éperdue dans les landes et sens du devoir jusqu’à l’héroïsme. Jane Eyre est l’un des plus beaux romans d’amour anglais du XIXème siècle. Tout y est romantique et tout y est vrai. Jane Eyre, c’était Charlotte Brontë elle-même.

La première phrase

« Il n’était pas possible de faire une promenade ce jour-là. Nous avions bien passé une heure de la matinée à errer dans le bosquet dénudé, mais depuis le déjeuner (Mrs. Reed, quand il n’y avait pas d’invité, déjeunait de bonne heure) le vent froid de l’hiver avait amené de si sombres nuages et une pluie si pénétrante, que tout autre exercice en plein air était maintenant hors de question. »

Mon avis …

Quelle lecture merveilleuse, et quelle belle histoire d’amour ! Jane Eyre est mon roman préféré, il se retrouve ex-æquo avec Les Hauts de Hurlevent. Ils ont beau être très différents, je n’arrive jamais à les départager et ce n’est pas faute de les relire. Charlotte Brontë nous livre ici toute une galerie de personnages colorés, Jane Eyre et Rochester en tête. Ils sont tout simplement fascinants et sortent de la norme chacun à leur manière. L’auteure a également un don pour peindre la beauté des paysages anglais. Ils apparaissent comme étant enchanteurs. Alors forcément, c’est un gros coup de cœur.

J’aime beaucoup de choses dans ce livre : la personnalité noire, cynique mais finalement attachante de Mr Rochester, la fragilité de Jane du fait de sa situation et de sa position en tant que femme dans une société victorienne difficile et normative (ce qui ne l’empêche pas de faire preuve d’une grande force de caractère), mais aussi Thornfield Hall et cette atmosphère si mystérieuse… J’ai adoré fouler les couloirs sombres du manoir en entendant les rires effrayants de Grace Poole, j’avais comme l’impression d’y être. Au fil de mes relectures, j’apprécie ce livre toujours différemment : j’en suis aujourd’hui à savourer les lignes, les mots. Et si l’écriture peut aujourd’hui sembler désuète, je lui trouve justement un certain charme (même si j’avoue moins accrocher aux références bibliques). Mes passages préférés sont l’arrivée de Miss Ingram et des invités au manoir ainsi que l’épisode de la bohémienne.

S’il ne s’agit pas d’un récit autobiographique, j’aime à croire que Charlotte Brontë a mis beaucoup d’elle-même dans le personnage de Jane Eyre. J’ai quasiment pleuré à la fin du livre. J’étais révoltée de ce qui arrivait, avant de relativiser et de me dire que le final aurait pu être bien plus traumatisant. Ce qui ne m’aurait pas plu. Au niveau des nombreuses versions filmiques, j’ai bien essayé, mais je n’ai jamais vraiment été transportée. Je préfère encore et toujours le livre. Alors oui, Jane Eyre reste et restera mon livre préféré avec Les Hauts de Hurlevent. Je vous le conseille mille fois si vous ne l’avez pas encore lu.

Extraits …

« Quel besoin y a-t-il de s’appesantir sur le passé, alors que le présent est tellement plus assuré et l’avenir tellement plus lumineux ? »

« – Vous avez froid, vous êtes malade et vous êtes sotte.
– Prouvez-le, rétorquai-je aussitôt.
– Je vais vous le prouver en peu de mots. Vous avez froid, parce que vous êtes seule; aucun contact ne fait jaillir la flamme qui est en vous. Vous êtes malade, parce que le sentiment le meilleur, le plus doux, le plus sacré que l’homme puisse éprouver vous est interdit. Vous êtes sotte parce que, vous ne lui ferez pas signe d’approcher, vous ne ferez pas un seul pas à sa rencontre, quelles que soient vos souffrances. »

« Je l’aimais tant… plus que je n’osais le dire… plus que les mots n’avaient le pouvoir de l’exprimer. »

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