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sleepings

Éditions France Loisirs, 2008 (342 pages)

Ma note : 13/20

Quatrième de couverture …

Formidable succès des années folles, la Madone des Sleepings est un bonheur de littérature joyeuse et cosmopolite. On s’y délecte des aventures échevelées de la délicieuse, la scandaleuse, la très audacieuse Lady Diana Wynham, racontées par le prince Séliman, son secrétaire et confident, qui nous entraînent dans une course poursuite effrénée d’un bout à l’autre de l’Europe.
Jeune veuve aux mœurs joueuses et libérées mais aux finances en berne, Lady D. se lance à la conquête du camarade Varichkine, délégué bolchevik à Berlin. Il faut qu’il lui obtienne l’autorisation d’exploiter les champs de pétrole dont feu son Lord de mari a fait l’acquisition avant que la Russie ne soit soviétique. Séduite par le charme inattendu du gentleman sanguinaire, elle est alors confrontée aux dangers déclenchés par la jalousie féroce de la terrible égérie rouge Irina Mouravieff…

La première phrase

« Lady Diana Wynham avait allongé sur un cube de velours havane ses jolies jambes, moulées dans les fuseaux arachnéens de deux 44 fin. »

Mon avis …

Vous le savez peut-être déjà, les années folles constituent une période que j’apprécie énormément. Aussi, lorsque je suis tombée sur cette jolie couverture qui m’attendait depuis quelques temps dans ma bibliothèque, je n’ai pas pu m’empêcher de me plonger dans cette intrigue qui comprend une part d’historico-politique, mais aussi toute une galerie de personnages hauts en couleur. J’ai adoré me retrouver dans cette atmosphère si particulière aux années 20. La Madone des Sleepings aurait d’ailleurs connu un grand succès dans les années folles. Je vous avoue qu’il s’agissait pour moi d’une découverte puisque je n’avais jamais entendu parler de ce titre (ni même de l’auteur pour le coup). Il s’agit d’un roman sympathique, que je vous conseille si comme moi vous appréciez cette période de l’Histoire. Je n’ai pas été aussi transportée que je l’aurais souhaité, mais je dois le reconnaître, j’ai suivi les aventures de Lady Diana et du prince Séliman avec plaisir.

Au bord de la ruine, la sulfureuse et charismatique Lady Diana engage Gérard, prince de son état, dont le quotidien est plutôt morne depuis sa séparation brutale avec Griselda, son ancienne épouse, et ce dans le but de mettre un peu d’ordre dans sa vie plus que mouvementée. Icône de la mode, Lady D. n’a en effet qu’une ambition : briller et défier les codes de la bonne société à laquelle elle appartient. Sa ruine imminente la rend cependant extrêmement inquiète, et prête à accepter un mariage arrangé pour retrouver de sa superbe. Dévoué à sa nouvelle amie, le prince Séliman est alors prêt à prendre tous les risques pour la sauver du déshonneur. De Berlin aux rives de la mer Noire, du monde soviétique en passant par l’Ecosse, nos deux personnages ne sont pas au bout de leurs surprises. Ils croiseront notamment Varichkine, un diplomate russe peu recommandable ou encore la glaciale et manipulatrice Irina Mouravieff.

On retrouve dans ce livre certains codes du roman d’espionnage, et je crois que cet aspect m’a beaucoup plu. Le rythme de l’intrigue ne faiblit pas, tandis que nous voyageons aux quatre coins du globe en même temps que nos personnages. Le passage où le prince Séliman est emprisonné est terrifiant. Ce récit a pourtant été publié en 1925, personne ne savait alors encore ce qui allait se passer une dizaine d’années plus tard… Le final du roman est imprévisible. Mais j’ai été déçue par la scène en train et les toutes dernières lignes du livre. Disons que j’aurais souhaité pouvoir envisager une suite au livre (mais je ne préfère pas vous en dire davantage).

En bref, un roman d’espionnage plutôt agréable à suivre. Je n’ai pas eu de coup de coeur, mais je vous le conseille pour son ambiance années folles ainsi que pour ses multiples rebondissements.

Extraits …

« Lady Diana Wynham avait allongé sur un cube de velours havane ses jolies jambes, moulées dans les fuseaux arachnéens de deux 44 fin. Son buste était caché derrière le paravent blanc du Times éployé entre ses bras nus. Ses petits pieds s’agitaient dans leurs souliers de brocart cerise et argent et menaçaient l’équilibre d’une tasse en pur Wedgwood, tangente à sa cheville nerveuse. »

« Un chroniqueur parisien m’a même surnommée la Madone des Sleepings… Sleepings avec un s, ce qui est un barbarisme anglais, à moins que vous n’ayez déjà annexé ce vocable d’outre-Manche ? Et Madone avec un grand M, ce qui est un euphémisme plein d’ironie, puisque j’ai peut-être le profil d’une Madone, mais n’en ai plus les attributs… »

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