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Éditions France Loisirs, 2006 (296 pages)

Ma note : 15/20

Quatrième de couverture …

Romancière américaine mondialement connue, l’auteure des Quatre filles du docteur March aimait mettre en scène des histoires de vengeance et de pouvoir avec dans le rôle principal une femme à la conquête de sa liberté. Ainsi, l’héroïne de Derrière le masque (1866), mademoiselle Muir, adopte un comportement angélique pour mieux tromper le milieu de l’aristocratie où elle s’est introduite…

La première phrase

« – Est-elle arrivée ?
– Non, Maman, pas encore.
– Si seulement tout était terminé. Je suis remplie d’inquiétude et d’agitation rien que d’y penser. Un coussin pour mon dos, Bella. »

Mon avis …

Un roman que j’ai tout simplement dévoré. Derrière le masque est avant tout une sombre histoire de manipulation, de désir d’ascension sociale sous les traits d’une gouvernante faussement angélique. L’écriture de Louisa May Alcott est simple, mais en même temps terriblement fine et efficace. Les personnages sont plutôt bien développés, Jean Muir en tête. J’ai apprécié la montée progressive en tension, le fait que le roman soit découpé en petits chapitres : on aurait presque l’impression de suivre un roman feuilleton ! En bref, je ne regrette absolument pas d’avoir ressorti ce livre de ma bibliothèque. Mon seul bémol reste que j’aurais préféré que le récit soit plus long, et plus travaillé au niveau de certains passages.

Jean Muir est une jeune gouvernante, qui a un don : celui de se faire apprécier de tous. Aussi lorsqu’elle entre au service des Coventry, afin de devenir la gouvernante de Bella et d’aider Mrs Coventry, invalide, elle réussit très vite à se faire une place. Derrière les apparences, Jean Muir est pourtant loin d’être celle que l’on croit… Réussira t-elle à mener à bien son plan ? Sera t-elle démasquée ? J’ai adoré me poser ces questions tout en avançant dans l’intrigue. Et surprise… la fin du livre nous offre justement un retournement de situation. Au niveau des personnages, j’ai surtout aimé celui d’Edward, l’un des fils de Mrs Coventry. Je ne sais pas pourquoi mais je me suis tout particulièrement attachée à lui. J’ai bien sûr été agacée par Jean Muir, mais j’ai apprécié les scènes où la gouvernante s’abandonne et laisse entrevoir son vrai visage. Il aurait été intéressant que ces scènes aient été plus nombreuses. Quoi qu’il en soit, je vous conseille fortement cette lecture auprès de laquelle j’ai passé un agréable moment.

Extraits …

« Mlle Muir était devant eux et écoutait apparemment les remarques de Mme Coventry sur les évanouissements, mais elle entendit et regarda par-dessus son épaule dans une attitude évoquant Rachel. En cet instant, ses yeux gris parurent noirs avec une intense expression de colère, de fierté et de défi. Un étrange sourire passa sur son visage quand elle se pencha et dit de sa voix pénétrante : « Merci. La dernière scène sera encore meilleure. »»

« La conduite de Mlle Muir, une fois seule, était pour le moins étrange. Elle serra les poings et marmonna entre ses dents avec une énergie sauvage : « Je n’échouerai pas une fois de plus si l’esprit et la volonté d’une femme possèdent un pouvoir ! » Elle resta un moment sans bouger, avec une expression de dédain presque féroce, puis brandit son poing serré comme si elle menaçait un ennemi invisible. Puis, elle se mit à rire et haussa les épaules comme le font les Français en se disant à voix basse : « Oui, la dernière scène sera meilleure que la première. Mon Dieu, que je suis fatiguée et que j’ai faim ! »»

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