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Éditions Le livre de poche, 2005 (224 pages)

Ma note : 13/20

Quatrième de couverture …

Jeanne, fille unique très choyée du baron et de la baronne Le Perthuis des Vauds, avait tout pour être heureuse. Son mariage avec Julien de Lamare, rustre et avare, se révèlera une catastrophe. Sa vie sera une suite d’épreuves et de désillusions.
Ce roman, le premier de Guy de Maupassant, est une peinture remarquable des mœurs provinciales de la Normandie du XIXème siècle : hobereaux, domestiques, paysans y sont décrits avec beaucoup de réalisme.

La première phrase

« Jeanne ayant fini ses malles, s’approcha de la fenêtre, mais la pluie ne cessait pas. »

Mon avis …

Quel plaisir de retrouver l’écriture descriptive et captivante de Maupassant ! C’est un auteur que j’apprécie beaucoup. J’avais adoré me plonger dans la lecture de Boule de suif. Je l’ignorais jusqu’ici, mais Une vie constitue le tout premier roman de l’auteur. Nous retrouvons la campagne normande si chère à son cœur.

Bon, je dois vous avouer une chose : j’avais déjà lu ce livre il y a quelques années et… je n’avais pas accroché. J’étais restée sur une note amère tant ce roman initiatique est cruel (à croire que le destin s’acharne sur le personnage de Jeanne). J’ai exactement le même problème avec Madame Bovary, à savoir que j’ai beaucoup de mal avec les romans sombres… J’aimerais qu’il en soit autrement, mais du coup je suis incapable d’apprécier ces deux livres autant que je le souhaiterais. J’ai justement eu envie de relire Une vie pour voir si mon ressenti allait évoluer ou non avec les années. Si cette fois-ci j’ai réussi à davantage l’apprécier, je reste sur mon idée que je lui préfère largement d’autres écrits du même auteur. 

Jeanne a dix-sept ans lorsqu’elle sort du couvent. Un mariage raté et un mari violent en la personne de Julien de Lamare, mettront subitement fin à ses illusions et à une vie longuement rêvée, fantasmée, au sein des murs du couvent. Autant le dire, j’ai été révoltée par le personnage de Julien. Je me suis demandée s’il avait réellement eu, à un moment donné, un penchant sincère pour Jeanne. Il faut dire que Maupassant n’a pas une vision très enthousiasmante de l’amour : illusions déçues, amour qui ne dure qu’un temps, tromperies conjugales etc. À l’amour passionné, l’auteur semble préférer l’amour maternel qui dure et déçoit moins. Les portraits du Baron et de Petite Mère sont d’ailleurs extrêmement touchants.

J’ai aimé ce récit pour l’aspect peinture d’une époque, ainsi que pour ses magnifiques descriptions (la Corse, décrite au cours de la lune de miel, y apparaît comme étant merveilleuse). J’ai également été touchée par la relation entre Jeanne et ses parents. Je ne suis pas restée insensible aux événements de vie de Jeanne, qui est plus que malmenée par l’auteur. Une petite note d’espoir (bien qu’infime en rapport à tout son vécu) vient finalement conclure le roman, mais… je suis cependant à nouveau restée sur un sentiment de tristesse (et peut-être d’agacement, je me suis demandée si ce n’était pas trop que de lui faire subir tout ceci). Et que dire du temps maussade normand, du froid apparaissant tout au long du livre. Je reste donc sur un avis mitigé. Je conseille cette lecture pour la plume magnifique de l’auteur, à condition de ne pas avoir le moral dans les chaussettes avant de l’entamer.

Extraits …

« Il lui semblait aussi que quelque chose était un peu changé partout autour d’elle. Le soleil devait être un peu moins chaud que dans sa jeunesse, le ciel un peu moins bleu, l’herbe un peu moins verte; et les fleurs, plus pâles et moins odorantes, n’enivraient plus tout à fait autant. »

« La vie, voyez-vous, ça n’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit. »

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