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Sortie : 1er avril 2015

Réalisation : Benoît Jacquot

Avec Léa Seydoux et Vincent Lindon

Drame

Ma note : 12/20

Cette adaptation d’un roman d’Octave Mirbeau (publié en 1900) nous plonge dans le quotidien de Célestine, une jeune femme de chambre entrant au service de la famille Lanlaire. Fraîchement arrivée de Paris, notre jeune héroïne s’installe alors en Normandie, espérant y trouver une meilleure place. Si elle doit très vite faire face aux avances de Monsieur, la relation avec Madame Lanlaire est également difficile tant la maîtresse de maison est exigeante et dédaigneuse. D’autres rencontres rythmeront le quotidien de la jeune domestique : il y a Marianne, la cuisinière, ou encore Joseph, un jardinier/palefrenier bourru et mutique, pour lequel elle éprouve une véritable fascination.

Je ne connaissais pas du tout Le journal d’une femme de chambre d’Octave Mirbeau. J’ai tout de suite été attirée par l’univers du roman/de cette adaptation, à savoir le quotidien d’une soubrette chez de riches bourgeois, au tout début du XXème siècle. Je suis en effet très friande de films historiques. Je trouvais aussi intéressant de pouvoir comparer les conditions de vie des domestiques : celles du film VS celles mises en scène dans Downton Abbey par exemple, une série que j’aime beaucoup. En tous cas, force m’est de constater que ces deux univers sont extrêmement différents. Cela m’a quasiment fait un choc, et m’a davantage fait prendre conscience qu’être domestique à cette époque était loin d’être un grand privilège. Le film est d’ailleurs plutôt féroce, et constitue un témoignage de ce que les bonnes pouvaient alors vivre, et même subir, dans leur quotidien.

Les points positifs : les costumes, les décors sont extrêmement soignés et réalistes. J’ai adoré découvrir les demeures mettant en scène l’intrigue, surtout celle située en bord de mer qui avait l’air magnifique. Les scènes en extérieur sont également très belles (je pense à celles dans le jardin). Autre bonne surprise, j’ai également eu l’impression de pouvoir vivre en 1900 le temps d’un film. Cela vaut notamment grâce aux mouvements de caméras qui font que le spectateur a l’impression de se déplacer en même temps que les personnages. L’absence de voix off pour relater certains passages du journal de Célestine n’empêche pas de s’identifier plutôt facilement à la jeune femme. Enfin, le talent des acteurs est bien là. Léa Seydoux donne énormément de caractère, de profondeur, au personnage de Célestine. J’ai aussi aimé le personnage de Rose.

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Les points négatifs : d’autres éléments font cependant que je n’ai pas été séduite à 100%. Je pense surtout au rythme, plutôt lent. Je me suis ennuyée au cours de certains passages, je me demandais quand le film allait enfin se terminer. J’aurais également apprécié que certains éléments de l’intrigue soient davantage mis en avant : je pense notamment au meurtre dans la forêt. Je ne peux cependant juger de la fidélité de l’adaptation par rapport au roman (peut-être qu’il n’y a après tout pas davantage de détails à ce niveau là), n’ayant pas lu le livre. La fin est plutôt abrupte, pas totalement réjouissante. Je serais curieuse de savoir s’il s’agit de la fin exacte du roman ou si des libertés ont été prises par le réalisateur. Dernier point négatif, je n’ai pas non plus été très embarquée par l’intérêt de Célestine quant à Joseph.

En résumé, je vous conseille ce film pour son atmosphère 1900, son regard sur la vie des domestiques de l’époque, son esthétique ainsi que pour sa galerie de personnages colorés (autant Célestine que le Capitaine, voisin des Lanlaire excentrique et déjanté). J’ai en tous cas envie de découvrir Octave Mirbeau grâce à ce film, et peut-être pour chercher certaines réponses qui ne m’ont pas tout à fait été données à travers le film… Un film intéressant, mais que je qualifierais de « spécial ». Il risque peut-être de ne pas plaire au plus grand nombre. Le rythme est lent. Heureusement, la performance des acteurs (surtout celle de Léa Seydoux) et le soin apporté à l’esthétique rattrapent le tout.

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