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9782253157052-g

Éditions Le livre de poche, 2011 (286 pages)

Ma note : 13/20

Quatrième de couverture …

A la mort de Bertha, ses trois filles et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l’Allemagne, pour la lecture du testament. A sa grande surprise, Iris hérite de la maison. Bibliothécaire à Fribourg, elle n’envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu’elle découvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin, ses souvenirs font resurgir l’histoire émouvante et tragique de trois générations de femmes. Un grand roman sur le souvenir et l’oubli.

La première phrase

« Tante Anna est morte à seize ans d’une pneumonie qui n’a pas guéri parce que la malade avait le coeur brisé et qu’on ne connaissait pas encore la pénicilline. »

Mon avis …

Un roman sur la famille, le souvenir. Mais aussi sur l’oubli et le secret. J’ai trouvé ce livre plaisant à découvrir. Je dois vous avouer que j’appréhendais un peu : il s’agissait pour moi d’une toute première incursion dans la littérature allemande ! J’ai plutôt été agréablement surprise, même si j’ai trouvé l’atmosphère du livre particulière. Je ne sais pas vraiment pourquoi… disons que j’ai eu du mal à m’identifier aux personnages (plutôt atypiques, étranges et distants, du moins selon mon ressenti). Je suis ressortie de ma lecture avec un avis contrasté. Je ne regrette cependant pas du tout cette découverte de l’auteure.

S’il m’a fallu un petit temps pour m’habituer aux personnages ainsi qu’à l’intrigue, j’ai finalement été happée par l’âme de cette maison dont hérite Iris, ainsi que par le pommier, l’odeur de pommes et de vieilles pierres. Katharina Hagena a en effet une écriture très sensorielle. Les saveurs, les odeurs emplissent cet écrit. J’ai également aimé m’intéresser à la relation plutôt spéciale qui se tisse peu à peu entre Iris et Max. J’ai tourné les pages de ce récit comme si je feuilletais un vieil album de famille, tant il y règne comme un parfum d’enfance, de nostalgie. Les thèmes de l’adolescence et de l’amitié sont également abordés. Plutôt intéressant ! J’ai aimé avoir des éléments de vie sur la grand-mère et sur d’autres membres de la famille d’Iris. Il faut dire qu’en général, j’apprécie beaucoup les intrigues se déroulant dans des maisons anciennes et tournant autour de la famille.

J’ai aimé la toute fin du livre. C’est uniquement à ce moment précis que le lecteur prend connaissance de la décision d’Iris : rester ou partir, choisir l’oubli ou accepter ses souvenirs ? Concernant le secret de famille, je ne m’attendais pas spécialement à tout ceci. Pour le coup, j’ai trouvé le tout marquant (concernant les destins de Mira et de Rosemarie), mais presque choquant.

Katharina Hagena nous livre donc ici un récit à l’écriture sensible et poétique. Si le début s’avère être assez mou, on entre plutôt facilement dans l’univers que nous présente l’auteure (la maison de famille, le secret). Mon bémol se situe au niveau des personnages ainsi qu’au niveau de mon ressenti d’étrangeté quand à l’atmosphère de l’intrigue. Je vous le conseille tout particulièrement si vous êtes à la recherche d’une lecture riche en émotions, emplie de nostalgie et de souvenirs enfouis.

Extraits …

« Quand nous étions encore toutes petites, c’étaient les secrets cachés sous les dalles qui nous attiraient, plus tard ce fut le soleil couchant. Cet escalier extérieur était un lieu merveilleux. Il appartenait tout à la fois à la maison et au jardin. Il était pris d’assaut par un rosier grimpant, et quand la porte d’entrée restait ouverte, l’odeur des pierres du vestibule se mêlait au parfum des roses. »

« A partir d’une certaine quantité de souvenirs, chacun devait finir par en être saturé. L’oubli n’était donc lui-même qu’une forme de souvenir. Si l’on n’oubliait rien, on ne pourrait pas non plus se souvenir de quoi que ce soit. Les souvenirs sont des îles qui flottent dans l’océan de l’oubli. Il y a dans cet océan des courants, des remous, des profondeurs insondables. »

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