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Éditions Pocket, 2014 (505 pages)

Ma note : 14/20

Quatrième de couverture …

Wichita, Kansas, 1922. Sur le quai de la gare, deux femmes s’apprêtent à partir pour New York. L’une va rejoindre son destin, l’autre ses origines.

Louise Brooks a 15 ans. Effrontée, sensuelle, rebelle, elle rêve de théâtres, de clubs de jazz, d’hommes et surtout de liberté. L’apprentie danseuse arbore déjà la frange bien découpée qui fera d’elle une icône du cinéma muet. Cora a vingt ans de plus et des principes plein son corset. Des secrets, aussi. Ce rôle de chaperon que lui ont confié les Brooks, elle ne l’a pas accepté par hasard…

La première phrase

« La première fois que Cora entendit le nom de Louise Brooks, elle attendait la fin d’une averse dans une Ford T garée devant la bibliothèque municipale de Wichita. »

Mon avis …

Quel plaisir de retrouver la période des Années Folles ! D’autant plus que l’auteure nous peint ici toute une galerie de personnages attachants : celui de Louise Brooks en tête. Laura Moriarty s’est renseignée sur la vie de cette femme fascinante en lisant moult biographies, ce qui est d’autant plus appréciable puisque j’ai appris de nombreuses choses sur l’existence de Louise Brooks. Un été avec Louise constitue un roman agréable sur les années 20 et sur l’évolution de la société américaine.

En cet été 1922, Louise Brooks a seulement 15 ans. Un caractère bien trempé, une bonne dose de provocation, notre jeune adolescente se sent déjà femme et compte bien tout mettre en œuvre pour réaliser son rêve : briller de mille feux et devenir danseuse. Ses parents l’inscrivent à l’école de danse moderne de Denishawn et acceptent son départ pour New-York, à la condition que la jeune fille soit accompagnée d’un chaperon. C’est à Cora Carlisle qu’incombera cette tâche difficile. Le quotidien entre les deux femmes s’avèrera en effet explosif. Mais si Cora accepte de partir vivre quelques mois à Big Apple, c’est bien parce qu’elle a un projet qui lui tient à cœur : lever le voile sur ses origines. Adoptée lorsqu’elle était petite, Cora ignore en effet tout de ses parents biologiques.

Dans ce roman, l’auteure s’attache beaucoup plus au personnage de Cora qu’à celui de Louise (ceci constitue d’ailleurs l’un de mes regrets). Heureusement, Laura Moriarty connait bien la star du muet et nous livre quelques éléments biographiques bienvenus. Le personnage de Cora est intéressant. Sous des dehors sévères et des principes bien ancrés, le lecteur se laisse finalement émouvoir par son passé plutôt difficile que l’on découvre au compte-gouttes. Je trouve par contre dommage que le livre aille aussi loin dans la chronologie… j’ai en effet moins accroché à la toute dernière partie du livre (lorsque Cora et Louise ont vieilli). Mais j’ai beaucoup apprécié la période à New-York.

En bref, un bon roman qui retranscrit à merveille la période des années 20 pour ce qui est de la première moitié du livre. Cora et Louise sont deux femmes indépendantes, qui se battent, chacune à leur manière, pour exister et accéder à leurs envies. Un livre sur la place des femmes, mais pas que… d’autres thèmes sont en effet abordés : la prohibition, le racisme, l’adultère, la place des minorités etc. C’est une lecture que je vous recommande.

Extraits …

« Elle se faufila devant Cora pour aller se regarder dans le miroir de la salle de bains. Ce fut un coup d’œil bref mais admiratif. Elle était magnifique et aussi fraîche qu’une rose, comme si, en dépit de la touffeur de ces pièces exiguës, et même après ce long périple en train, la transpiration, la poussière et la fatigue ne la concernaient pas. Louise était toujours perchée sur ses talons hauts et Cora étant pieds nus, dans le miroir, elles donnaient l’impression d’être de la même taille. »

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