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Éditions Pocket, 2011 (563 pages)

Ma note : 16/20

Quatrième de couverture …

Vida Winter, auteur de best-sellers vivant à l’écart du monde, s’est inventé plusieurs vies à travers des histoires toutes plus étranges les unes que les autres. Aujourd’hui, âgée et malade, elle souhaite lever le voile sur l’extraordinaire existence qui fut la sienne. Sa lettre à Margaret Lea est une injonction : elle l’invite un voyage dans son passé, à la découverte de ses secrets. Margaret accepte la proposition de Vida mais, en tant que biographe, elle veut traiter des faits et ne croit pas au récit de Vida.

Les deux femmes vont confronter les fantômes qui hantent leur histoire pour enfin cerner leur propre vérité…

La première phrase

« On était en novembre. Il n’était pas encore très tard, et pourtant le ciel était déjà sombre quand j’empruntai Laundress Passage. »

Mon avis …

Un joli livre. J’en avais lu tellement de critiques positives que j’avais surtout une crainte : celle d’être déçue. Or ça n’a pas du tout été le cas. J’ai en effet adoré m’interroger sur ce fameux secret douloureusement gardé par Vida Winter, auteure aussi renommée que mystérieuse. Un manoir, des sœurs jumelles, des ancêtres plus ou moins plongés dans la folie. Diane Setterfield nous livre une véritable saga familiale. Même si j’y ai trouvé quelques longueurs, je ne regrette absolument pas cette lecture.

« Croyez-vous aux fantômes miss Lea ? », dés la toute première rencontre entre la romancière et notre héroïne, l’atmosphère de cette intrigue envoûtante nous est suggérée. Deux histoires s’imbriquent : Margaret est engagée afin d’établir une biographie de miss Winter. Si la vieille dame a très longtemps menti aux journalistes sur son passé, cette fois-ci elle compte bien se raconter en toute sincérité. Ce récit sera le treizième conte : un conte prenant, à faire froid dans le dos. Fiction ou réalité d’un temps révolu ? Margaret compte bien démêler le vrai du faux, n’hésitant pas à se rendre sur les lieux où tout a commencé.

J’ai aimé me balader dans les couloirs du manoir de Vida Winter, découvrir le quotidien des ancêtres de sa famille. Un roman au doux parfum d’Angleterre, de manoirs hantés. Reliés aux livres, les souvenirs et les secrets y ont aussi une place privilégiée. L’auteure n’hésite pas à placer quelques fausses pistes sur le chemin du lecteur. Les personnages sont aussi atypiques que parfois farfelus et inquiétants. La fin du récit est intelligente, et pour ma part, réussie. Même si les derniers chapitres auraient peut-être pu être un poil raccourcis. En résumé, une saga familiale aux allures d’enquête. Rajoutez-y une pointe d’étrangeté et de mystère, des références à Jane Eyre, aux Hauts de Hurlevent (mes deux livres préférés) et vous obtiendrez une lecture agréable : n’hésitez pas à tenter l’aventure.

Extraits …

« Tout le monde a une histoire. C’est comme la famille. On peut ne pas la connaître, l’avoir perdue, mais elle existe. Il se peut qu’on s’éloigne d’elle, qu’on lui tourne le dos, mais on ne peut pas dire qu’on n’a pas de famille. Même chose pour les histoires. Tout le monde en a une. »

« Les gens, en mourant, disparaissent. Leur voix, leur rire, la chaleur de leur souffle. Leur chair. Et pour finir, leurs os. Plus rien n’est là pour rappeler qu’ils ont vécu. C’est une réalité à la fois terrible et naturelle. et pourtant, certains se voient épargner un anéantissement aussi total. Car dans les livres qu’ils ont écrits ils continuent à exister. Nous pouvons les redécouvrir. Retrouver leur humour, la tonalité de leur voix, leurs humeurs. »

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