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9782253175483-T

Éditions Le livre de poche, 2013 (95 pages)

Ma note : 14/20

Quatrième de couverture …

Sur le pont du transatlantique qui doit le ramener de Calcutta en Europe, le narrateur est brusquement arraché à sa rêverie par la présence quasi fantomatique d’un autre passager, qui se décide, lors d’une seconde rencontre, à lui confier le secret qui le torture…

La première phrase

« Au mois de mars 1912, il se produisit dans le port de Naples, lors du déchargement d’un grand transatlantique, un étrange accident sur lequel les journaux donnèrent des informations abondantes, mais parées de beaucoup de fantaisie. »

Mon avis …

Suite à mon ressenti mitigé lors de ma découverte de Stefan Zweig, avec Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, j’ai eu envie de lui donner une seconde chance. Et bonne nouvelle, je me suis presque réconciliée avec l’auteur ! (ouf). Au programme de cette nouvelle étrange et captivante : de l’exotisme, un personnage énigmatique, une passion amoureuse maladive, un final aussi tragique que prévisible. Tout le malheur du personnage principal vient de son isolement, et de cet amour fou et obsessionnel… J’ai apprécié l’atmosphère oppressante de cette nouvelle. Tout comme le cadre (l’action se déroule en Malaisie). Je suis contente de ne pas être restée sur l’échec cuisant de ma lecture de Vingt-quatre heures de la vie d’une femme. Cependant, j’ai davantage été touchée par Lettre d’une inconnue (mon billet viendra prochainement), d’où ma notation peut-être un peu sévère.

Calcutta. Le narrateur embarque sur L’Océania pour rejoindre l’Europe. Il y rencontre un curieux inconnu qui lui propose de se raconter à travers une histoire douloureuse. Médecin et exilé de force en Malaisie, le personnage principal explique avoir ressenti de la solitude ainsi que le mal du pays. Du moins jusqu’à ce qu’une riche  et jolie anglaise lui rende visite, avec l’intention de se faire avorter. Les évènements à venir dans son récit amèneront notre médecin à un état de fureur et d’excitation intense : l’Amok.

Comme toujours, Stefan Zweig se montre extrêmement attaché à la psychologie de ses personnages. J’ai été intriguée par le malaise décrit par notre médecin. La chute de l’intrigue, quoique prévisible, est plutôt bien amenée.

En bref, une nouvelle rapide à lire que j’ai tout simplement dévorée. Je crois que j’aurais préféré découvrir l’auteur avec Amok plutôt qu’avec Vingt-quatre heures de la vie d’une femme. Si je n’avais pas réussi à m’identifier à l’héroïne, cette fois-ci je dois dire que j’ai réellement été embarquée dans les aventures du personnage principal. J’aurais cependant aimé avoir encore plus de détails, et que la nouvelle soit plus longue.

Extraits …

« – Amok ?… je crois me souvenir… c’est une espèce d’ivresse chez les Malais…
– C’est plus qu’une ivresse… c’est de la folie, une sorte de rage humaine… une crise de monomanie meurtrière et insensée, à laquelle aucune intoxication alcoolique ne peut se comparer. »

« Vers le matin, elle se réveilla encore une fois… elle ouvrit les yeux… Ils n’avaient plus rien de hautain ni de glacial à présent… on y voyait briller la fièvre, tandis que légèrement embués et comme étrangers, ils tâtonnaient à travers la chambre… Puis elle me regarda : elle semblait réfléchir, vouloir se rappeler mes traits… et soudain… je le vis… elle se souvenait… car un effroi, une résistance… quelque chose d’hostile, de terrifiant tendait son visage… Elle agitait les bras comme si elle eût voulu fuir… »

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