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Impression réalisée pour les lectrices de la revue Pénéla, 1959 (250 pages)

Ma note : 12/20

La première phrase

« Les convives étaient partis depuis longtemps. La pendule avait sonné minuit et demi ; dans la chambre ne restaient que le maître de la maison, et ses deux amis Serguey Nikolaevitch et Vladimir Petrovitch. »

Mon avis …

Cette nouvelle de Tourgueniev, publiée en 1860 et dénichée dans la bibliothèque de mes grands-parents, constitue pour moi une première Incursion dans la littérature russe. Il s’agit d’un écrit doux, très facile à suivre et donc idéal pour ce qui est de découvrir une nouvelle forme de littérature étrangère. La thématique est intéressante et plus profonde qu’elle n’y paraît au premier abord. Je suis pour autant restée dubitative. Ce n’est donc pas un coup de cœur. Malgré tout je me suis facilement laissée emporter dans l’atmosphère de cette nouvelle et je ne regrette pas cette lecture.

Réunis lors d’une soirée, trois amis proposent de se raconter à travers l’expérience de leur premier amour. Premier amour, c’est donc avant tout l’histoire d’une rencontre. Vladimir, 16 ans, tente de réviser ses examens lorsqu’il surprend dans le jardin voisin la présence d’une jolie jeune fille entourée de ses prétendants. Cette jeune fille n’est autre que Zinaïda, la fille d’une princesse ruinée aux mœurs peu élégantes. A l’inverse de sa mère, Zinaïda semble gracieuse et agréable : Vladimir en tombe tout de suite amoureux. Un jeu de séduction ambigu, et même cruel, s’engage rapidement. Il faudra attendre la fin du récit pour que le lecteur connaisse le fin mot de l’histoire.

Alors, que vous dire à part que Zinaïda m’a paru ô combien peste et antipathique. Elle est détestable à jouer ainsi avec les sentiments de ses prétendants. Dommage que l’auteur ne nous propose pas une analyse plus approfondie de ce pourquoi elle se comporte ainsi. J’aurais été intéressée d’en savoir un petit peu plus. Les parents de Vladimir paraissent plutôt froids. Je ne le savais pas mais j’ai pu lire que Tourgueniev y avait mis beaucoup de son vécu. Je trouve ça plutôt intéressant et émouvant. Vladimir paraît déjà plus attachant. J’ai aimé le voir grandir grâce à cette relation qui le confronte à tout un tas de désillusions. Et c’est justement un des intérêts de cette nouvelle. Je trouve qu’elle fait réfléchir sur notre cheminement amoureux, notre évolution par rapport à nos attentes, à ce que l’on est prêt(e) à accepter (ou non) par amour. La nouvelle est touchante, mais je ne sais pas pourquoi je n’ai pas été totalement séduite. Je compte pour autant continuer avec la littérature russe.

Extraits …

« J’avais alors seize ans. Cela se passait pendant l’été de 1833.
Je vivais à Moscou chez mes parents. Ils louaient une maison de campagne près de la barrière de Kalouga, en face du jardin Niéskoutchny. »

« Elle portait une robe foncée, déjà usagée, et un petit tablier. Et j’aurais voulu caresser chaque pli de cette robe et de ce tablier ! Les pointes de ses souliers dépassaient de sa robe. Avec quelle adoration ne me serais-je pas prosterné devant ces souliers-là ! »

« Quant à la jeune princesse, elle continuait à s’amuser de moi comme le chat d’une souris. Tantôt elle était coquette, et je me sentais fondre dans une allégresse trouble, tantôt elle me repoussait, et je n’osais plus l’approcher ni même la contempler de loin. »

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