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9782253164982-T

Éditions Le livre de poche, 2013 (400 pages)

Ma note : 09/20

Quatrième de couverture …

Rien ne semble devoir troubler l’existence ordonnée de Pemberley, le domaine ancestral de la famille Darcy, ni perturber le bonheur d’Elizabeth, la maîtresse des lieux. Elle est la mère de deux charmants bambins et Jane, sa sœur, habite tout près. Cette félicité se trouve soudain menacée lorsque, à la veille du bal d’automne, un drame contraint les Darcy à recevoir la plus jeune sœur d’Elizabeth et son mari, que leurs frasques passées ont rendus indésirables à Pemberley. Avec eux s’invitent la mort, la suspicion et la résurgence de rancunes anciennes.
Tout en restant fidèle aux personnages du roman de Jane Austen, P. D. James imagine avec brio une suite – policière – à Orgueil et préjugés.

La première phrase

« Les habitantes de Meryton s’accordaient à penser que Mr et Mrs Bennet avaient eu bien de la chance de trouver des maris à quatre de leurs cinq filles. »

Mon avis…

Quelle lecture laborieuse ! Une déception. J’avais eu un tel coup de cœur pour Orgueil et préjugés que j’étais extrêmement enthousiaste à l’idée d’ouvrir ce polar à l’ambiance austenienne et XIXème siècle (d’autant plus que je suis plutôt friande de romans policiers). Grossière erreur de ma part ! Je savais bien sûr que je n’allais pas retrouver la plume mordante de Jane Austen, pour autant j’ai trouvé l’intrigue plate, insipide. Les personnages sont froids, et si éloignés de ceux que nous connaissons déjà. Et ce, même si nous y retrouvons le calme olympien de Jane, l’amour paternel de Mr Bennet ou encore le tempérament insouciant de Lydia… Côté intrigue policière, là encore c’est la douche froide. Je me suis ennuyée, je n’ai pas été séduite.  Pour moi, c’est donc un exercice de style raté ainsi qu’un polar à éviter, d’autant plus si vous avez envie de prolonger le plaisir d’Orgueil et préjugés.

Pemberley, 1803. Nous sommes le jour de la veille du bal, organisé chaque année. Alors que le colonel Fitzwilliam sort quelques instants prendre l’air, une voiture arrive à vive allure devant l’entrée du domaine. En descend Lydia Wickham, la sœur d’Elizabeth, en proie à une grande inquiétude. Le cocher raconte que Wickham et son ami, le capitaine Denny, sont descendus brusquement de l’attelage suite à une violente dispute, qui se serait terminée en coup de feu dans les bois de Pemberley. Lydia hurle à tous que Wickham est mort et que le coupable n’est autre que Denny. Lorsque Darcy et les hommes du domaine se rendent à la recherche de nos deux protagonistes, ils retrouvent le corps sans vie de Denny ainsi que Wickham, en état de choc.

Et c’est justement là que je commence à m’ennuyerJ’aurais aimé avoir un vrai huis-clos pour faire monter l’angoisse. Malheureusement le roman n’utilise pas ce registre puisque toute une partie du livre est consacrée au jugement rendu par le tribunal. Le système judiciaire de l’époque semble être extrêmement bien documenté (un point positif), malgré tout qu’est-ce que c’était lourd et redondant… J’aurais préféré découvrir le point de vue et les ressentis de chaque personnage tout en avançant à mon rythme (et rencontrer quelques fausses pistes). J’ai également été gênée par quelques anachronismes (la mention des empreintes digitales notamment), quant à la fin… j’ai trouvé qu’elle était plutôt vite expédiée malgré une bonne idée de départ.

Je n’ai donc pas accroché du tout. J’ai trouvé l’intrigue fade, j’aurais souhaité davantage de mystère, de fausses pistes ainsi qu’un système de narration différent et des personnages plus colorés. Dommage, mais j’envisage malgré tout de retourner vers P. D. James lorsque j’en aurai l’occasion. Je n’ai pas envie de m’arrêter sur cette déception.

Extraits …

« Ils arrivèrent à la clairière. Passant lentement, presque avec respect, entre deux arbres élancés, ils se figèrent, comme enracinés, muets d’horreur. Devant eux, ses couleurs violentes contrastant brutalement avec la lumière voilée, se dressait un tableau de mort. Ils ne prononcèrent pas un mot. Ils s’avancèrent lentement comme un seul homme, brandissant leurs lanternes ; leurs puissants faisceaux, donc l’éclat éclipsait la douce lueur de la lune, intensifièrent le rouge vif d’une vareuse d’officier et le visage effrayant, maculé de sang, ainsi que les yeux fous qui se tournaient vers eux. »

« Instinctivement, Darcy s’approcha de sa femme et lui pris doucement la main. Elle était froide comme la mort, mais il sentit sa pression rassurante en réponse à la sienne, et en fut réconforté. »

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