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Charles Perrault

Éditions GF-Flammarion, 2014 (239 pages)

Ma note : 16/20

Quatrième de couverture …

 « « Miracle de culture », comme on l’a dit des Fables de La Fontaine, les Contes de Perrault sont aussi un miracle de savant style naïf, le chef-d’œuvre qui résume, mieux encore que les beaux Mémoires du principal collaborateur de Colbert, l’essentiel de ses convictions et la juste fierté d’une existence entièrement consacrée aux belles-lettres, aux beaux-arts, et à l’État royal. » Marc Fumaroli

Ce volume contient :
Griselidis, Peau d’Âne, Les Souhaits ridicules, La Belle au bois dormant, Le Petit Chaperon rouge, La Barbe bleue, Le Maître Chat ou le Chat Botté, Les Fées, Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre, Riquet à la Houppe, Le Petit Poucet.

La première phrase

« A Mademoiselle **

En vous offrant, jeune et sage Beauté,
Ce modèle de Patience,
Je ne me suis jamais flatté
Que par vous de tout point il serait imité,
C’en serait trop en conscience. »

Mon avis…

Comme beaucoup, j’ai pu découvrir les contes de Perrault pendant mon enfance. Lorsque je suis tombée sur cette jolie édition (j’aime énormément la couverture), j’ai eu envie de les redécouvrir avec un regard adulte cette fois-ci. Et il faut le dire : la magie a une nouvelle fois opéré ! Ces contes sont indémodables, intemporels. J’ai autant apprécié retrouver l’atmosphère féerique des écrits ou encore les personnages imaginés par l’auteur, que j’ai pris plaisir à réfléchir sur les petites morales offertes au lecteur. Je me suis retrouvée un peu déstabilisée par les quelques contes en vers présents dans cette édition… Je lis en effet très peu de poésie (une lacune qu’il faudra que je comble un jour). Pour autant, j’ai aimé découvrir de nouvelles histoires que je ne connaissais absolument pas. Et j’ai adoré retrouver le conte original de La Belle au bois dormant, bien différent de la version Disney finalement. Mes contes préférés sont Barbe Bleue, Riquet à la Houppe, Le Chat Botté et Peau-d’Âne.

La Barbe bleue

Publié en 1697, le conte Barbe Bleue pourrait mettre en scène le précurseur de nos serial-killers modernes. En apparence, un homme richissime possédant « de la vaisselle d’or et d’argent, des meubles en broderie et des carrosses tout dorés ». Oui, mais il y a un hic : une barbe bleue repoussante qui ferait fuir les femmes. Pas toutes cependant, puisqu’une jeune femme se retrouve prise dans ses filets à la suite de somptueuses fêtes organisées dans le domaine. Une pièce interdite, une clef ensorcelée, du sang et beaucoup de curiosité constituent les bases de ce conte que nous connaissons tous.

J’aime tellement ce conte. Bon, comme beaucoup d’enfants, il me terrorisait quand j’étais petite. Peut-être pour l’aspect inquiétant du mari (une barbe bleue, ce n’est quand même pas commun), mais surtout pour la découverte d’un tueur sanguinaire et la mise à mort d’une épouse trop curieuse. En tous cas, j’ai réellement adoré le relire, alors même que j’avais été extrêmement déçue par l’adaptation moderne proposée par Amélie Nothomb.

Riquet à la Houppe

Celui-ci est certainement mon préféré. Charles Perrault nous propose ici l’histoire d’un prince, né laid mais avec beaucoup d’esprit. Il naît avec une petite touffe de cheveux sur la tête, ce qui lui vaut le surnom de Riquet à la houppe. Le jour de sa naissance, une bonne fée lui donne un pouvoir : celui de rendre aussi intelligente que lui la femme dont il tombera amoureux. Or dans le royaume voisin, une reine accouche de deux filles. La première est belle, mais stupide. La seconde est fine d’esprit, mais laide.

Si le conte peut se montrer caricatural à l’extrême, je trouve la morale jolie et plutôt juste. Je lui attribue surtout une valeur sentimentale. Je me rappelle encore des illustrations lorsque je lisais cette histoire, étant petite. Un classique, joliment écrit, à lire et à relire.

Le Chat Botté

A la mort d’un vieux meunier, le moulin, un âne et le chat sont redistribués entre ses trois fils. Le plus jeune hérite du chat. Si celui-ci se sent floué par rapport à ses frères, il change vite d’avis faisant alors une étonnante découverte : le chat n’est pas un chat ordinaire, il est doué de parole. Contre une paire de bottes et un sac, l’animal se promet de faire la fortune de son maître bien-aimé. Il entreprend alors de construire une nouvelle identité à son maître, qui deviendra le marquis de Carabas.

Oh celui-ci aussi, je l’adore. Je crois que mon moment préféré reste celui où le chat atterrit dans le château d’un ogre et cherche à le tromper. Nous retrouvons à nouveau un roi, une princesse. La morale de Charles Perrault est simple : « L’industrie et le savoir-faire valent mieux que des biens acquis ».

Peau d’Âne

Outre le fait que j’aime beaucoup la version de Jacques Demy (qui me fait rire et qui m’émerveille tout autant), ce conte est pour moi un petit bijou, tout comme les trois précédents. L’âne qui produit des écus d’or, les robes couleur du temps ou encore couleur de la lune, le gâteau contenant la bague sont des petits détails magiques que j’apprécie retrouver à chaque fois.

En résumé, des contes qui ne vieillissent pas, à lire et à relire. Je trouve ça justement magnifique de savoir que ces histoires se transmettent de génération en génération, et qu’elles ont donc su traverser les siècles. Et autre petit détail : j’aime beaucoup les gravures de Gustave Doré, malheureusement absentes de cette édition (je ne résiste pas à l’envie d’en partager quelques-unes avec vous à la fin de mon billet).

Extraits …

(Riquet à la Houppe) « Il était une fois une Reine qui accoucha d’un fils, si laid et si mal fait, qu’on douta longtemps s’il avait forme humaine. Une fée qui se trouva à sa naissance assura qu’il ne laisserait pas d’être aimable, parce qu’il aurait beaucoup d’esprit; elle ajouta même qu’il pourrait, en vertu du don qu’elle venait de lui faire, donner autant d’esprit qu’il en aurait à la personne qu’il aimerait le mieux. »

(Riquet à la Houppe) « Tout est beau dans ce que l’on aime
Tout ce qu’on aime a de l’esprit. »

(Le Chat Botté) « Courant toujours bien devant le carrosse, le chat se retrouva,
soudain, face à un immense château que possédait un ogre.
Le plus méchant ogre qu’on puisse
imaginer mais, aussi, le plus riche de tous.
« Monsieur l’ogre, on m’a dit mais j’en doute que vous avez le don de vous
transformer en toutes sortes d’animaux.
Vous en doutez, eh bien, regardez ! »
Et l’ogre se transforma en lion. »

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