heart_4

Jeelin

Éditions France Loisirs, 2008 (721 pages)

Ma note : 16/20

Quatrième de couverture …

Été 1924 : au cours d’une grande soirée donnée au château de Riverton, le poète Robert Hunter se suicide sous les yeux des sœurs Hartford. Les deux femmes ne se reparleront plus jamais après le drame.
Hiver 1999 : une jeune cinéaste prépare un film sur ce scandale des années 20. Il ne reste qu’un seul témoin vivant de l’époque, Grace Bradley, alors domestique au château. Mais Grace a changé de vie, tiré un trait sur Riverton et ses secrets, ou du moins le croit-elle. Car le passé lentement se réveille…

La première phrase

« Au mois de novembre dernier, j’ai fait un cauchemar. On était en 1924 et je me retrouvais à Riverton. Toutes les portes-fenêtres étaient ouvertes et la brise estivale gonflait les rideaux de soie. »

Mon avis …

Quel joli roman ! Ma découverte de Kate Morton, romancière australienne, est pour le coup couronnée de succès. Il faut dire que le résumé avait déjà tout pour me plaire (de même que je me sentais irrésistiblement attirée par la couverture de cette belle édition). J’ai aimé découvrir Riverton, suivre le destin des sœurs Hartford, évoluer dans cette ambiance début du XXème siècle puis charleston. Alors non, tout n’est pas parfait (sans quoi j’aurais eu un gros coup de cœur). Je pense notamment à des passages entre passé et présent parfois maladroits, un sens de la découpe imparfait, des indices arrivant peut-être trop tôt dans le récit. Néanmoins, il s’agit du tout premier roman de l’auteure et je lui pardonne volontiers. J’ai d’ailleurs hâte de la retrouver. Je suis restée scotchée par la fin. J’ai aimé les personnages. J’ai apprécié les voir évoluer au fil des pages tout en m’interrogeant sur les raisons du suicide d’Hunter. Le verdict : j’ai beaucoup aimé.

Ambiance années 20, un manoir sombre, deux sœurs (Hannah et Emmeline Hartford), un futur poète (lord Robert Hunter) qui les rejoint pour fêter Noël au domaine : ça y est le décor se met en place, alors même que nos personnages sont encore des enfants. En très peu de temps, nous parcourons deux époques bien distinctes (1914 et 1924). En 1924, Hannah sera devenue une jeune mariée raisonnable. Emmeline est alors tout son contraire : actrice tumultueuse, elle sera un oiseau insaisissable éprouvant des envies de fêtes et de célébrité. L’une tombera éperdument amoureuse de notre poète. La seconde sera sa maîtresse. Tout ceci sous le regard de Grace, domestique au château puis camériste d’Hannah. Seulement en cet été 1924, au cours d’une chaude soirée festive, Hunter est retrouvé mort près de l’étang… Bien des années plus tard, Grace, 99 ans, est contactée par une réalisatrice. Une adaptation de cet événement tragique -qui avait alors défrayé la chronique- est en effet sur le point d’être tournée. L’ancienne domestique, devenue une vieille dame, se rappelle alors. Ses souvenirs, ses peines, Hannah qu’elle adorait. Mensonges, secrets et amours contrariés. Ce que Grace souhaitait garder enfoui au plus profond d’elle-même afin d’oublier, remonte très lentement à la surface.

Si j’ai adoré tout le côté romantisme à la sauce so british, je dois dire que j’ai moins apprécié suivre les courts interludes se déroulant dans le présent. Je n’ai en effet pas vraiment accroché à la relation entre Grace et sa fille, ou encore à celle entre notre héroïne et son petit-fils. La fin du roman est également assez sombre (un peu trop pour moi, mais finalement logique). Concernant les souvenirs de Grace, j’ai beaucoup aimé le personnage d’Hannah (sûrement celui auquel je me suis le plus facilement identifiée).

Pour résumer : un roman plaisant à découvrir et impossible à lâcher. Même si j’ai été moins séduite par certains passages du livre, j’ai passé un très bon moment. A lire pour ses personnages, hauts en couleur, et son intrigue plutôt intéressante.

Extraits …

« L’étoile montante de la poésie anglaise qui se donne la mort une nuit, au bord d’un lac, lors d’une grande soirée offerte par la haute société, avec pour seuls témoins deux sœurs ravissantes qui ne se sont plus jamais adressé la parole ! L’une étant sa fiancée et l’autre son amante, si l’on en croit la rumeur. Quoi de plus romantique ? »

« – Dans sa vie une dame ne devrait voir son nom dans les journaux qu’en deux occasions : l’annonce de son mariage et son faire-part de décès. Et que Dieu lui épargne les critiques assassines après ses funérailles, a-t-elle conclu en levant les yeux au ciel, car elle ne pourra pas se rattraper la saison suivante. »

Publicités