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Éditions Folio (Classique), 2000 (120 pages)

Ma note : 11/20

Quatrième de couverture …

Carmen, histoire espagnole ? Pas dans l’esprit de Mérimée, qui contourne avec ironie l’hispanisme castillan des romantiques et montre les confins de la péninsule : en Andalousie, entre Séville et Gibraltar, l’amour fou d’un Basque déraciné pour une enfant de Bohème, sans patrie ni attaches. Passion des extrêmes : José, brigadier-brigand, et Carmen, actrice aux visages multiples.
Passion pour la liberté, qui en cache une autre, plus profonde, que révèle cette nouvelle édition critique. L’étrange fascination qu’éprouve aussi pour Carmen le narrateur, personnage oublié dans l’opéra de Bizet et que le mythe a du coup délaissé : un savant français, captivé par les sortilèges de cette femme qui parle une langue brûlante et brutale qu’il ne comprend pas. Carmen, incarnation de la littérature, magique et fatale ? Si c’était cette autre histoire d’amour, cette corrida de mots cachée au cœur du texte, qui donnait au récit de la vie et de la mise à mort de Carmen sa vraie universalité ?

La première phrase

« J’avais toujours soupçonné les géographes de ne savoir ce qu’ils disent lorsqu’ils placent le champ de bataille de Munda dans le pays des Bastuli-Poeni, près de la moderne Monda, à quelques deux lieues au nord de Marbella. »

Mon avis …

Ô quel ennui… ! Et c’est malheureusement ce que j’ai ressenti non pas uniquement au cours de certains passages, mais bien tout au long de cette nouvelle. Ce récit d’une folle passion amoureuse entre Don José et la belle Carmen est certes touchant, mais je n’ai pas réussi à être transportée ni à y croire complètement. J’ai pour le coup eu le sentiment d’être totalement passée à côté de cette oeuvre… Et je dois dire que ça m’embête beaucoup. Je préfère donc Prosper Mérimée dans un registre différent : celui de la nouvelle fantastique. J’avais beaucoup aimé La Vénus d’Ille ou encore Il viccolo di Madama Lucrezia. Pour le coup, avec Carmen, j’ai été un brin déçue. Je crois que je m’attendais à autre chose ou en tout cas, j’aurais souhaité être un peu plus emportée pour pouvoir prétendre avoir apprécié ma lecture.

L’histoire que nous connaissons toutes et tous est la suivante : Don José, capitaine de la garde, tombe éperdument amoureux de Carmen, une gitane libre et sauvage. Aussi lorsque celle-ci se retrouve emprisonnée, il la libère, mais se retrouve dégradé de son poste avant d’être conduit, à son tour, en prison. Sa flamme pour Carmen ne fait que s’en renforcer. Ce n’est que plus tard, lorsqu’il se verra fuir dans les montagnes et épouser la profession de contrebandier que la jolie gitane deviendra sa maîtresse. Il y a pour autant un mais : le caractère imprévisible de la femme qu’il aime le rend extrêmement possessif. C’est alors que Carmen s’entiche peu à peu d’un autre homme, un torero.

Lorsque Mérimée écrit Carmen, il a déjà entrepris plusieurs voyages en Espagne. Ayant séjourné en Andalousie il a, de même, mené des recherches archéologiques sur le passé de la région, ainsi que des recherches anthropologiques sur le peuple gitan. Cette édition comprend d’ailleurs le « chapitre essai » (rajouté à la nouvelle) où il évoque les résultats de ses recherches. Un essai que je n’ai pas franchement trouvé transcendant, mais j’ai apprécié apprendre que Prosper Mérimée s’était réellement intéressé à ces différents aspects avant l’écriture de Carmen, détail que j’ignorais.

En résumé, si Carmen représente très bien à elle seule le personnage de la femme fatale, libre et indépendante, je n’ai pas été séduite par son histoire d’amour avec Don José. J’ai eu le ressenti que cette passion amoureuse était surtout à sens unique. Je n’ai malheureusement pas du tout accroché à cette nouvelle. Je tenterai quand même de la relire dans quelques années, mon point de vue aura peut-être évolué d’ici là.

Extraits …

« Elle avait encore une fleur de cassie dans le coin de sa bouche,et elle avançait en se balançant sur ses hanches comme une pouliche au haras de Cordoue. »

« – Pour la dernière fois, m’écriai-je, veux-tu rester avec moi ?

– Non ! non ! non ! dit-elle en frappant du pied, et elle tira de son doigt une bague que je lui avais donnée, et la jeta dans les broussailles. »

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