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9782264023803

Éditions 10/18, 2013 (276 pages)

Ma note : 15/20

Quatrième de couverture …

Par sa gaucherie, ses rêveries naïves et son engouement pour les vieux châteaux, Catherine Morland semble loin des modèles de vertu. Mais si cette jeune Bovary délicatement british n’a rien d’une héroïne, c’est que Jane Austen s’amuse ! Et nous emporte, d’une plume malicieuse, d’un bout à l’autre du plus moderne des romans austeniens.

La première phrase

« Personne ayant jamais vu Catherine Morland dans son enfance ne l’eût supposée née pour être une héroïne. »

Mon avis …

Après mon coup de cœur pour Orgueil et préjugés, il était temps que je poursuive mon aventure avec Jane Austen. Si je connaissais déjà l’intrigue de Northanger Abbey (grâce au téléfilm de la BBC, que j’avais d’ailleurs adoré), j’avais pour autant hâte de me plonger dans cette lecture. Nous y retrouvons bien sûr la plume ironique et mordante de l’auteure. J’ai à nouveau été conquise, même si… ce roman n’est assurément pas mon préféré de Jane Austen. L’héroïne se montre en effet plutôt sotte, de par son manque de connaissance du monde, et je vous avoue l’avoir très souvent trouvée agaçante. Heureusement, son caractère rêveur et ses divagations autour de l’abbaye m’auront fait beaucoup rire et sourire. Et puis il y a Henry Tilney… S’il ne possède ni le charisme ni le caractère ombrageux d’un Darcy, il se montre doux et prévenant. En bref, on le laisserait bien nous faire la cour ! Aussi, si je n’ai que moyennement réussi à apprécier l’héroïne, j’ai beaucoup aimé découvrir Tilney et sa sœur, Eleanor. Ils se montrent tous deux extrêmement attachants. Pour résumer : un roman sympathique qui est loin de détrôner, selon moi, Orgueil et préjugés mais qui réserve quelques surprises. Et quoi qu’on en dise, Jane Austen reste et restera Jane Austen. Pour notre plus grand plaisir.

Catherine Morland a tout juste 17 ans lorsqu’elle quitte sa famille, et la campagne anglaise, pour la première fois de son existence. Le but de la manœuvre ?  S’installer à Bath et faire de nouvelles connaissances, et ce grâce à l’invitation des Allen qui se proposent de lui faire découvrir la ville et de l’héberger. Catherine y fera très vite la connaissance d’Isabelle Thorpe qui l’enchantera de par sa vivacité et sa connaissance du monde ; se fera courtiser par Henry Tilney qu’elle rencontrera lors d’un bal et… par John Thorpe, frère d’Isabelle.

Mes passages préférés demeurent assurément le tout début du roman (l’arrivée de Catherine à Bath) ainsi que le séjour à Northanger. Par l’intermédiaire de l’héroïne et de son engouement pour la lecture et les romans gothiques, Jane Austen glisse de nombreuses références. Je dois dire que depuis, j’ai très envie de lire Les mystères d’Udolphe d’Ann Radcliffe ! (J’ai donc beaucoup aimé cet aspect-ci). De même que j’ai adoré suivre le déroulement des idylles diverses et leurs quelques rebondissements… J’ai pour autant été étonnée par le fait que dès que Catherine rencontre Tilney, on se dit que c’est quasiment du tout cuit, qu’on connaît déjà la fin. Finalement (et heureusement), la suite de l’intrigue nous prouve le contraire, et la fin du roman ne sera même dévoilée que dans les toutes dernières lignes… J’ai par contre trouvé les ficelles un peu grosses concernant le changement d’attitude du général à l’égard de Catherine. Ceci doit pourtant illustrer les dures réalités de l’époque. Heureusement, pour moi la fin est tout simplement parfaite.

Lire Jane Austen est pour moi toujours un enchantement. Dés que j’ai besoin d’un roman doudou, je sais que je n’ai plus qu’à piocher parmi ses quelques titres, et je compte poursuivre mon tour d’horizon de ses écrits. Si Northanger Abbey n’est peut-être pas idéal pour une première immersion dans l’univers austenien, il n’en demeure pas moins agréable à lire.

Extraits …

« Une jeune fille est impardonnable de tomber amoureuse avant que le monsieur n’ait déclaré sa flamme, il doit être fort inconvenant pour une demoiselle d’aller rêver d’un monsieur avant qu’on ne sache que ce monsieur a le premier rêvé d’elle. »

« – Si seulement M. Thorpe avait consenti à s’arrêter, j’aurais sauté de la voiture pour vous courir après.
Est-il au monde un seul Henry capable de résister à une telle déclaration ? Henry Tilney, en tout cas, n’y résista pas. »

« Voici qui est bien étrange ! Je ne m’attendais pas à cela ! Une énorme et lourde malle ! Que peut-elle bien contenir ? Pourquoi l’avoir placée là ? … A l’écart, comme si on voulait la dissimuler… Je vais regarder ce qu’elle contient… Coûte que coûte, je vais regarder ce qu’elle contient… et sur le champ encore ! A la lumière du jour… Si j’attends ce soir pour le faire ma bougie risque de s’éteindre… »

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