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Éditions de l’Archipel, 2015 (453 pages)

Ma note : 12/20

Quatrième de couverture …

Australie, 1925. Les sœurs Latimer, 18 et 19 ans, sont réputées dans toute la région pour leur beauté, leur esprit et leur… ambition. Edda et Grace, les aînées, sœurs jumelles, sont issues de la première union du révérend Latimer ; Heather et Kitty, également jumelles, sont les filles de l’ex-gouvernante du presbytère, qui a épousé le pasteur en secondes noces.
Fuyant l’austérité du foyer, elles décident de se former toutes quatre au métier d’infirmière dans l’hôpital de leur ville natale, en Nouvelle-Galles du Sud. Là, elles pourront aussi laisser libre cours à leurs aspirations – la recherche de l’amour et de l’indépendance. Quel que soit le chemin qu’empruntera chacune, elles le savent, elles resteront à jamais unies. Mais la Grande Dépression n’est pas loin, qui pourrait balayer bien des rêves…
Dans la veine de ses grandes fresques sentimentales, Colleen McCullough signe un ultime chef-d’œuvre.

La première phrase

« Edda et Grace, Heather et Kitty. Deux jumelles et deux autres jumelles, les filles du révérend Thomas Latimer, pasteur de l’église anglicane Saint-Marc de Corunda, ville et comté de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie. »

Mon avis …

Je remercie chaleureusement les éditions de l’Archipel ainsi que Babelio pour l’envoi de ce joli roman. Je ne connaissais Colleen McCullough que de nom, de par l’écriture de son best-seller Les oiseaux se cachent pour mourir (que je compte d’ailleurs bien découvrir un jour). Les quatre filles du révérend Latimer constitue le tout dernier écrit de l’auteure, avant sa disparition. Ce roman fait office de saga familiale puisque nous suivons le destin de deux paires de jumelles, toutes quatre unies comme les doigts de la main, et ce sur une période s’étendant de 1925 à 1933. Si j’ai apprécié ma lecture, notamment grâce à des portraits joliment esquissés tout en étant suffisamment creusés et réalistes, j’ai pour autant trouvé quelques longueurs ainsi qu’un climat mettant en avant une certaine amertume. Ce sont, je crois, les deux seuls points négatifs que je retiendrai, et qui font que peut-être je n’ai pas accroché autant que je l’aurais souhaité. Malgré tout, j’ai plutôt passé un bon moment.

En Australie, dans l’entre-deux-guerres, quatre sœurs rêvent de liberté et d’indépendance. C’est décidé, elles suivront des études à l’hôpital de Corunda, afin d’obtenir le diplôme d’infirmière. Edda, l’aînée, a pour objectif de devenir médecin, ce qui n’est pas sans déplaire à Maude Latimer, la seconde épouse du pasteur au caractère bien trempé. Grace, sa jumelle, la suit afin qu’elles ne soient pas séparées. Kitty, peut-être la plus fragile des sœurs mais aussi la plus jolie, en profite pour échapper à la mauvaise influence de sa mère qui la rend maintenant malheureuse depuis plusieurs années. Heather (Tufts), la plus pragmatique, suit sa sœur de près afin de veiller sur elle.

De fil en aiguille, ces jeunes femmes évoluent, rencontrent l’amour, font des projets. Les routes se séparent, se rejoignent à nouveau. Une chose est sûre : elles seront toujours là les unes pour les autres. Grace sera la première à se marier. Les revenus modestes de Bear, son époux, seront bien justes pour qu’elle parvienne à élever leurs deux enfants et à garder la tête hors de l’eau… Edda, la plus indépendante, entretiendra une liaison avec un homme sans renoncer pour autant à son désir d’exercer la médecine. De son côté, Kitty rencontrera un homme richissime souhaitant s’élever dans la politique. Heather s’entichera quant à elle d’un homme plus âgé, travaillant à l’hôpital. Des joies, des peines, bon nombre de difficultés mais aussi la venue de la Grande Dépression sillonneront leurs destins tout en mettant parfois leurs nerfs à rude épreuve.

J’ai adoré Edda et Kitty, mes deux personnages préférés de ce roman. La première pour sa force de caractère et son indépendance. La seconde pour sa fragilité, mais surtout car je me suis sentie plutôt proche de son personnage. Par contre en lisant le tout début du roman, je m’attendais à ce que Maude joue un rôle particulier. Malheureusement j’ai trouvé que son personnage s’effaçait un peu trop vite de l’intrigue, dommage. J’ai pour autant apprécié voir évoluer les personnages au fil des années. J’ai également trouvé le pasteur plutôt sympathique, de par l’attachement qu’il montre à ses filles et son côté rassurant. Du côté de l’écriture, l’auteure met en avant un style littéraire agréable, non sans apporter une petite touche d’humour ce qui est appréciable. Comme je vous le disais, j’ai pour autant trouvé que les évènements de vie s’inscrivaient vite dans une spirale assez négative. Heather est peut-être celle qui s’en sort le mieux d’un certain côté… La fin nous livre quelques rebondissements ! Je suis plutôt contente du choix de Kitty, et je ne sais pas si j’aurais osé celui d’Edda…

En résumé (car je pourrais encore vous en parler pendant des heures), un roman agréable à lire et prenant de par son côté destin de femmes dans cette période des années 20-30. J’ai également pu apprendre de nombreux éléments sur l’histoire de l’Australie. Malheureusement, il y a des longueurs. Je me suis ennuyée au cours de certains passages. Et puis, j’aurais peut-être souhaité autre chose pour Grace. Malgré quelques points négatifs, nous suivons pour autant le destin de ces quatre sœurs avec plaisir.

Extraits …

« – Es-tu heureuse ? demanda Kitty à sa demi-sœur.
Le visage de porcelaine se tourna vers elle – de la surprise se peignait sur ses traits.
– Quelle question idiote, voyons.
– Je m’en suis rendu compte en la posant. Cela dit, tu ne m’as pas répondu.
– Je suis heureuse, même si je ne vis pas dans l’extase comme toi. Je fais le travail pour lequel je suis née, et mon mari m’aime.
Elle poussa un soupir plus proche de la mélancolie que de la tristesse :
– Je voudrais bien qu’il m’aime davantage, c’est tout.
– Dans ce cas, je me réjouis que tu exerces la profession de tes rêves. Rien n’est jamais vraiment doux s’il ne s’y glisse une pointe d’amertume.
Edda partit d’un grand rire.
– C’est la vie même que tu viens de décrire, Kitty : une traversée douce-amère. »

Roman lu dans le cadre de la Masse Critique Babelio

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