heart_4

2266222376

Éditions Pocket, 2015 (493 pages)

Ma note : 16/20

Quatrième de couverture …

Le jour paraît sur Giverny.
Du haut de son moulin, une vieille dame veille, surveille. Le quotidien du village, les cars de touristes… Des silhouettes et des vies. Deux femmes, en particulier, se détachent : l’une, les yeux couleur nymphéa, rêve d’amour et d’évasion ; l’autre, onze ans, ne vit déjà que pour la peinture. Deux femmes qui vont se trouver au cœur d’un tourbillon orageux. Car dans le village de Monet, où chacun est une énigme, où chaque âme a son secret, des drames vont venir diluer les illusions et raviver les blessures du passé…

La première phrase

« Trois femmes vivaient dans un village.
La première était méchante, la deuxième était menteuse, la troisième était égoïste. »

Mon avis …

Appréciant les toiles de Monet, et rêvant de me rendre un jour à Giverny pour visiter l’ancienne maison du peintre et la beauté des jardins, je ne pouvais pas passer à côté de ce roman. D’autant plus que j’avais bien accroché à la lecture d’Un avion sans elle. Verdict : une fois de plus, Michel Bussi aura fait mouche. L’auteur reprend alors ce qui a fait son succès, à savoir un style littéraire très agréable et tout en simplicité, quelques fausses pistes mais surtout… un final bluffant qui balaie toutes nos hypothèses. Alors non, ce n’est pas forcément de la grande littérature mais le tout est extrêmement prenant (je n’ai pas réussi à lâcher le livre une fois ouvert), intelligent, et bien construit. Si l’enquête policière piétine et n’offre pas tous les codes que l’on attend d’un bon polar (impossible de comparer ce roman à la magie des intrigues policières d’Agatha Christie), il en reste des personnages attachants et colorés, un hommage à Monet ainsi qu’à l’impressionnisme, quelques frissons et un dénouement dont le lecteur est bien loin de se douter. Ce qui n’est déjà pas si mal. J’ai grandement apprécié cette lecture. Je la place même un cran au-dessus d’Un avion sans elle.

Giverny. Nous suivons le quotidien de trois femmes. La première est une vieille dame, aimant observer voire épier dangereusement la vie du village, restant soigneusement retranchée dans un vieux moulin. La deuxième, Stéphanie, est une jolie institutrice qui, bien que mariée, rêve de frissons et de rencontrer à nouveau l’amour. Enfin la troisième, Fanette, est une petite fille, scolarisée dans la classe de notre institutrice, qui se montre déjà extrêmement douée pour la peinture. Toutes trois sont tellement différentes, et pourtant toutes trois rêvent de quitter Giverny. Mais très vite, les mauvaises langues du village se délient… L’ophtalmologiste du village vient d’être retrouvé assassiné.

Si j’ai trouvé le dénouement explosif, j’ai malheureusement moins accroché à nos deux personnages faisant office d’enquêteurs. Qu’est-ce que j’ai pu trouver Laurenç Salignac agaçant à écouter ses sentiments avant tout et à n’en faire qu’à sa tête… Heureusement, son adjoint (Sylvio Bénavides), plus calme et plus méthodique, remonte un peu le niveau. Je me suis par contre beaucoup attachée au personnage de Fanette que je trouve vive et pétillante. Seulement un autre bémol : Michel Bussi utilise parfois quelques ficelles un peu grosses. Je pense notamment au tout dernier meurtre. Je me suis alors fait la réflexion que nos enquêteurs devaient être sacrément incompétents (ou le / la coupable diablement rusé(e)) pour ne rien remarquer de spécial. Je pardonne tout de même à l’auteur ce petit détail qui n’a pas eu d’incidences sur le plaisir que j’ai eu à lire ce roman.

Nymphéas noirs est indéniablement une jolie surprise. J’ai aimé récolter quelques anecdotes sur Claude Monet (si vous aussi vous aimez la peinture, vous serez ravi(e) par cette lecture), de même que j’ai à nouveau réussi à être totalement surprise par ce final si… inattendu. Michel Bussi signe une nouvelle fois un roman plus qu’addictif.

Extraits …

« Le texte est court, inscrit en lettres d’imprimerie. ONZE ANS. BON ANNIVERSAIRE.
Juste en dessous de ces quatre mots, une mince bande de papier a été découpée puis collée sur la carte. Dix mots, cette fois : Le crime de rêver je consens qu’on l’instaure.
Bordel…
L’eau du ruisseau glace soudain les chevilles de l’inspecteur, comme deux menottes d’acier. »

« C’est étrange, vouloir quitter Giverny. Vous ne trouvez pas ? Toutes les trois pensaient que le village était une prison, un grand et beau jardin, mais grillagé. Comme le parc d’un asile. Un trompe-l’œil. Un tableau dont il serait impossible de déborder du cadre. En réalité, la troisième, la plus jeune, cherchait un père. Ailleurs. La deuxième cherchait l’amour. La première, la plus vieille, savait des choses sur les deux autres. »

Publicités