Nymphéas noirs • Michel Bussi

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Éditions Pocket, 2015 (493 pages)

Ma note : 16/20

Quatrième de couverture …

Le jour paraît sur Giverny.
Du haut de son moulin, une vieille dame veille, surveille. Le quotidien du village, les cars de touristes… Des silhouettes et des vies. Deux femmes, en particulier, se détachent : l’une, les yeux couleur nymphéa, rêve d’amour et d’évasion ; l’autre, onze ans, ne vit déjà que pour la peinture. Deux femmes qui vont se trouver au cœur d’un tourbillon orageux. Car dans le village de Monet, où chacun est une énigme, où chaque âme a son secret, des drames vont venir diluer les illusions et raviver les blessures du passé…

La première phrase

« Trois femmes vivaient dans un village.
La première était méchante, la deuxième était menteuse, la troisième était égoïste. »

Mon avis …

Appréciant les toiles de Monet, et rêvant de me rendre un jour à Giverny pour visiter l’ancienne maison du peintre et la beauté des jardins, je ne pouvais pas passer à côté de ce roman. D’autant plus que j’avais bien accroché à la lecture d’Un avion sans elle. Verdict : une fois de plus, Michel Bussi aura fait mouche. L’auteur reprend alors ce qui a fait son succès, à savoir un style littéraire très agréable et tout en simplicité, quelques fausses pistes mais surtout… un final bluffant qui balaie toutes nos hypothèses. Alors non, ce n’est pas forcément de la grande littérature mais le tout est extrêmement prenant (je n’ai pas réussi à lâcher le livre une fois ouvert), intelligent, et bien construit. Si l’enquête policière piétine et n’offre pas tous les codes que l’on attend d’un bon polar (impossible de comparer ce roman à la magie des intrigues policières d’Agatha Christie), il en reste des personnages attachants et colorés, un hommage à Monet ainsi qu’à l’impressionnisme, quelques frissons et un dénouement dont le lecteur est bien loin de se douter. Ce qui n’est déjà pas si mal. J’ai grandement apprécié cette lecture. Je la place même un cran au-dessus d’Un avion sans elle.

Giverny. Nous suivons le quotidien de trois femmes. La première est une vieille dame, aimant observer voire épier dangereusement la vie du village, restant soigneusement retranchée dans un vieux moulin. La deuxième, Stéphanie, est une jolie institutrice qui, bien que mariée, rêve de frissons et de rencontrer à nouveau l’amour. Enfin la troisième, Fanette, est une petite fille, scolarisée dans la classe de notre institutrice, qui se montre déjà extrêmement douée pour la peinture. Toutes trois sont tellement différentes, et pourtant toutes trois rêvent de quitter Giverny. Mais très vite, les mauvaises langues du village se délient… L’ophtalmologiste du village vient d’être retrouvé assassiné.

Si j’ai trouvé le dénouement explosif, j’ai malheureusement moins accroché à nos deux personnages faisant office d’enquêteurs. Qu’est-ce que j’ai pu trouver Laurenç Salignac agaçant à écouter ses sentiments avant tout et à n’en faire qu’à sa tête… Heureusement, son adjoint (Sylvio Bénavides), plus calme et plus méthodique, remonte un peu le niveau. Je me suis par contre beaucoup attachée au personnage de Fanette que je trouve vive et pétillante. Seulement un autre bémol : Michel Bussi utilise parfois quelques ficelles un peu grosses. Je pense notamment au tout dernier meurtre. Je me suis alors fait la réflexion que nos enquêteurs devaient être sacrément incompétents (ou le / la coupable diablement rusé(e)) pour ne rien remarquer de spécial. Je pardonne tout de même à l’auteur ce petit détail qui n’a pas eu d’incidences sur le plaisir que j’ai eu à lire ce roman.

Nymphéas noirs est indéniablement une jolie surprise. J’ai aimé récolter quelques anecdotes sur Claude Monet (si vous aussi vous aimez la peinture, vous serez ravi(e) par cette lecture), de même que j’ai à nouveau réussi à être totalement surprise par ce final si… inattendu. Michel Bussi signe une nouvelle fois un roman plus qu’addictif.

Extraits …

« Le texte est court, inscrit en lettres d’imprimerie. ONZE ANS. BON ANNIVERSAIRE.
Juste en dessous de ces quatre mots, une mince bande de papier a été découpée puis collée sur la carte. Dix mots, cette fois : Le crime de rêver je consens qu’on l’instaure.
Bordel…
L’eau du ruisseau glace soudain les chevilles de l’inspecteur, comme deux menottes d’acier. »

« C’est étrange, vouloir quitter Giverny. Vous ne trouvez pas ? Toutes les trois pensaient que le village était une prison, un grand et beau jardin, mais grillagé. Comme le parc d’un asile. Un trompe-l’œil. Un tableau dont il serait impossible de déborder du cadre. En réalité, la troisième, la plus jeune, cherchait un père. Ailleurs. La deuxième cherchait l’amour. La première, la plus vieille, savait des choses sur les deux autres. »

33 commentaires sur “Nymphéas noirs • Michel Bussi

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  1. Je crois que je passe définitivement à côté d’un auteur. Michel Bussi, je ne l’ai jamais lu,et la plupart aime, va vraiment falloir que je le lise !
    Puis, comment me prendre par les sentiments?? Faire référence à Monet !

    ps : si tu cherches une copine de blog pour Giverny, je signe tout de suite ahah 😀

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    1. Ohh je suis contente que tu sois aussi une adepte de l’impressionnisme ! Tu n’y avais pas consacré un article sur ton blog d’ailleurs il n’y a pas si longtemps ?
      Et pour Giverny, si je prévois de m’y rendre bientôt promis je te tiens au courant. 🙂 Ce serait aussi l’occasion de se rencontrer. Je rêve d’y aller depuis un moment déjà, même si tu verras que dans le roman l’auteur en profite pour dénoncer l’arrivée en masse des touristes.

      Et oui pour le moment je n’ai pas été déçue par Michel Bussi. Ces romans sont très faciles à lire mais en même temps l’intrigue est suffisamment travaillée je trouve. Je pense lire Ne lâche pas ma main du coup. Même si sur papier il me tentait un peu moins.

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      1. Oui j’avais consacré un article à l’Impressionnisme en février, et j’ai dans ma bibliothèque plusieurs livres sur le sujet, mais aussi sur Monet, tout court. Il fait partie des peintres que j’aime le plus (il y en a d’autres, bien sûr).
        Ce serait l’occasion rêvée, en effet. J’ai eu l’occasion d’aller voir des tableaux au musée d’Orsay, et crois moi, j’en ai eu les larmes aux yeux. Je suis très sensible, oui ! 😀 Bref !
        Pour en revenir à l’auteur qu’est Bussi, je vais me laisser tenter, c’est certain, par lequel je commencerai? Je ne sais pas encore, plusieurs titres m’attirent. Tu seras vite au courant néanmoins 🙂 Comme je pense l’être de ta possible future lecture « Ne lâche pas ma main ».
        Bisous

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      2. Je suis aussi une grande sensible donc je n’ai rien à dire!! J’aime beaucoup son tableau Les coquelicots à Argenteuil et dés qu’il peint des jardins, forcément. 🙂
        Ouiii, je te souhaite d’apprécier l’écriture de Michel Bussi. Oui un billet sur Ne lâche pas ma main ne devrait pas tarder, je vais essayer de vider ma PAL déjà mais je me le note en bonne position. 🙂

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  2. Ta chronique est très bien écrite et je suis contente que ce roman t’ait plu aussi ! Par contre, quand tu parles du « tout dernier meurtre », lequel est-ce exactement ? Je ne me souviens même plus quel assassinat a été évoqué en dernier ; il y en a eu tellement !

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    1. Merci, ton commentaire me fait vraiment plaisir !
      Pour le meurtre, je pensais à celui qui a lieu dans le champ, je crois que l’auteur fait toute une métaphore autour des couleurs au moment du meurtre. Est-ce que tu vois duquel il s’agit ? (J’espère ne pas être trop évasive, j’ai tellement peur de faire une gaffe 😉 ).

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      1. D’accord, je vois de quel meurtre tu parles ! En y repensant, je trouve cela étrange aussi, Giverny est décrit comme un petit village où tout le monde se connaît, alors c’est un peu bizarre que personne n’ait jamais aperçu la victime lorsqu’elle était en vie. Je ne me souviens plus si l’assassin avait caché le cadavre ou s’il l’avait laissé là dans le champ ? Parce que dans le second cas, oui, c’est vraiment idiot que personne ne soit tombé dessus…

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      2. Je crois me souvenir que l’assassin avait déplacé le cadavre, pour faire croire à … que tout cela n’avait été qu’un produit de son imagination. Mais même en enlevant le cadavre, il aurait dû rester des traces de sang dans le champ (surtout compte tenu de la violence du meurtre), alors en effet, c’est étrange.

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  3. C’est le seul livre de Michel Bussy que j’ai réussi à lire… Un avion sans elle m’est tombé des mains et celui-ci passe mais ne reste pas un coup de coeur. Je crois que je n’ai pas d’affinités avec cet écrivain…

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    1. Ce sont des choses qui arrivent. C’est exactement la même chose pour moi avec les romans de Tatiana de Rosnay, alors que je ne lis quasiment que des avis positifs sur ses écrits (mais il n’y a rien à faire, avec moi ça ne marche pas). Au moins tu auras essayé 🙂

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      1. ^^ Oui, c’est intéressant de se faire son propre avis et d’essayer de comprendre pourquoi ça ne marche pas pour nous. pour Tatiana de Rosnay, qu’est-ce qui ne marche pas avec toi ?

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      2. Je ne sais pas vraiment si j’ai quelque chose de précis à lui reprocher. Je trouve qu’elle écrit bien, mais je m’ennuie beaucoup lorsque je la lis :s Pour le moment j’ai découvert Rose, et un recueil de nouvelles. Apparemment la biographie de Daphné du Maurier marche très fort, ce sera peut-être une occasion de me réconcilier avec l’auteure. 🙂 Il faut vite que je la trouve, cela fait déjà quelques temps que j’ai très envie de la lire.

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  4. ah ta chronique tombe pile poil puisque ayant lu Un avion sans elle je voulais lire un autre Bussi mais étais fort indécise… je pensais à Maman a tort mais je pense opter pour Nymphéas Noirs, tu m’as convaincue, sutout que j’aime également beaucoup l’impressionisme et Monet!

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  5. Pour l’instant, je n’ai lu qu’Un avion sans elle, mais je ne désespère pas de trouver un peu plus de temps pour en lire un deuxième 🙂 J’aime le style de cet auteur et ta critique me conforte dans cette idée : il faut absolument que j’en lise un autre !

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    1. Je ne connais pas encore ses autres romans, donc je ne sais pas vraiment lequel te conseiller. En tout cas, si tu as aimé Un avion sans elle tu risques fort d’accrocher également à Nymphéas noirs. 🙂 Pour le prochain j’hésite encore… Je suis tentée par « Ne lâche pas ma main », mais j’ai aussi très envie de découvrir « Maman a tort ». Merci pour ton petit passage par ici 🙂

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