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Éditions Books On Demand, 2015 (124 pages)

Ma note : 15/20

Quatrième de couverture …

Ces cent sonnets sont des sourires qui te sont adressés. Ils ont été inventés lorsque j’avais du temps : à l’arrêt d’autobus, sur le quai de la gare SNCF, dans un train, sur une terrasse de café, dans une salle d’attente, sur un coin de table durant un repas ennuyeux, dans mon bureau, dans un magasin de chaussures, en discutant avec ma coiffeuse, en attendant un dessert au restaurant, en marchant en forêt, en essayant une nouvelle chemise, en lisant un livre, en marchant sous la pluie, en savourant un concert, en rêvant devant un arbre, en écoutant converser les sansonnets au-dessus de l’étang des cygnes… Où mènent-ils ? Vers la recette de… De quoi ? Ouvre, explore et tu verras.

La première phrase

« Le pré face…

Le pré face à l’humble chaumière du poète
A chaque crépuscule invite ses tempêtes
D’images, d’idées, de sonnets, de sornettes…
Et sur le papier blanc, l’ivre stylo volette… »

Mon avis …

Pour commencer, je tiens à remercier chaleureusement Pierre Thiry. J’ai reçu ce joli recueil de sonnets par l’intermédiaire d’un service de presse. En ce moment, vous l’avez peut-être remarqué, j’ai envie de m’aventurer vers des genres littéraires que je connais finalement trop peu. La poésie (et donc le poème sous forme de sonnets) en fait partie. J’ai souvent peur de ne pas accrocher. Peur de m’ennuyer. Pourtant, lorsque je suis tombée sur la couverture de ce livre, le jeu de mots m’a tout de suite fait sourire. De même, si je me représentais le sonnet comme étant une forme poétique datée, poussiéreuse (j’en suis désolée, c’est donc qu’il était vraiment temps que je me réconcilie avec la poésie), j’ai été intriguée par l’idée d’un mélange entre sonnets et scènes de la vie quotidienne. J’avais alors une chance de peut-être accrocher… Et donc est-ce que j’ai aimé ? Un grand oui. Pour moi, ce recueil constitue un hommage à la beauté de la langue française. On ressent combien son auteur prend plaisir à jouer avec les mots, les sonorités, à créer moult allitérations. Je serais incapable d’en faire autant, mais j’ai apprécié le voyage (ce qui n’est déjà pas si mal).

Sur les cent sonnets qui constituent ce recueil, j’ai bien sûr été sensible à certains, moins à d’autres. Certains m’ont fait sourire, j’ai passé plus rapidement sur les autres. Je pense surtout avoir apprécié les scènes faisant écho à la vie réelle. A travers les sonnets, le lecteur se retrouve ainsi tour à tour dans la file d’attente d’une caisse de supermarché, à l’arrêt de bus et sans parapluie alors même qu’il pleut à torrent, dans le métro ou encore… en Italie, accompagné de quelques gondoles. J’ai trouvé ça plutôt rigolo. De même que j’ai apprécié l’effort de création de plusieurs petits personnages, comme le Señor Sonéklacique ou encore Sam le chauffard. A savoir que nos amies les bêtes ne sont pas non plus en reste : nous pouvons ainsi y croiser un cheval, une taupe, une grenouille et même quelques fourmis.

Pour ce qui est maintenant du travail autour des sonorités, j’y ai été on ne peut plus sensible. Certaines rimes peuvent parfois nous sembler faciles ou répétitives, pourtant chaque sonnet réussit à posséder un univers qui lui est propre. Ce qui en soi constitue quand même un certain tour de force.

En bref, j’ai passé un bon moment en compagnie de ce recueil. Il peut tout à fait se lire d’une traite, ou au contraire par petits bouts / dans le désordre. Je le conseille aux amoureux de la langue française, à tous ceux qui apprécient l’humoriste Raymond Devos (qui lui aussi sait manier les mots avec brio) mais également aux personnes qui souhaitent se réconcilier avec la poésie. En tout cas, ça a marché pour moi !

Je ne connaissais pas du tout les écrits de Pierre Thiry. Je compte maintenant le découvrir très vite à travers le registre du roman.

Extraits …

« Le tout petit Señor Sonéklacique
Tenait une cantina au Mexique
(Dans les cactus un bar c’est sympathique)
Mais un type l’air pas très séraphique,

V’nait tous les soirs, hurlant d’un air grognon
YÉ VOUDRAI OUNA TEQUILA SINON
Sonéklacique, obséquieux et poltron,
Lui versait, gratis de pleines rations. »

« L’épouvantail rugit en un gros éclat de rire
Un grincement sonore imbécile à mourir.
Quelques coquelicots commencent à rougir
Effrayés par l’allure étrange de ce rire. »

« Un élégant et alangui alligator
Sapé comme un sapeur, ronflait comme un cador
Sur la plage d’une île où gisait un trésor
Surveillé par de démocratiques castors. »

Roman lu dans le cadre d’un partenariat

Site de Pierre Thiry ici !

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