heart_51

9782253013877-T

Éditions Le livre de poche, 2014 (219 pages)

Ma note : 17/20

Quatrième de couverture …

Cinq témoignages accablants ont fait condamner à la détention perpétuelle Caroline, la femme de Amyas Crale, peintre renommé, mort empoisonné. Seize ans plus tard, Hercule Poirot prend l’affaire en main. Ne s’arrêtant pas aux évidences, tirant parti du moindre indice, il fait éclater une vérité à laquelle personne ne s’attendait.

La première phrase

« Hercule Poirot jaugea d’un œil intéressé la jeune femme qu’on faisait entrer dans son bureau. Elle lui fit une impression favorable. »

Mon avis …

Un de mes Poirot préférés depuis que je suis tombée sur l’adaptation TV avec l’inoubliable David Suchet. Il faut dire que chaque lecture d’Agatha Christie est toujours un pur moment de bonheur. J’avais eu un énorme coup de cœur pour Dix petits nègres ! Mais la Reine du crime réussit également à me convaincre dans le registre de la nouvelle (Dix brèves rencontres). C’est donc ma troisième rencontre avec la romancière anglaise, et je suis tout simplement conquise.

Avec Cinq petits cochons, l’intrigue sort quelque peu de l’ordinaire. Les petites cellules grises de notre détective belge préféré sont ainsi mises à rude épreuve. Poirot doit enquêter sur une ancienne tragédie familiale. Il y a seize ans, Amyas Crale, peintre chevronné, est retrouvé mort empoisonné. Son épouse, Caroline, est rapidement suspectée avant d’être condamnée à la pendaison. Le couple essuyait alors de nombreuses disputes… Seulement Carla Lemarchant, leur fille, en est persuadée : sa mère était innocente. Poirot rouvre l’affaire en interrogeant les cinq personnes présentes le jour du crime : Philip Blake, le meilleur ami d’Amyas ; Meredith Blake, le frère de Philip, un scientifique en possession du poison destiné à tuer la victime ; Elsa Greer, la maîtresse d’Amyas posant pour sa dernière toile ; Angela Warren, la demi-sœur de Caroline qui n’était alors qu’une jeune adolescente au moment des faits ; et Cecilia Williams, la gouvernante d’Angela. Pour Hercule Poirot, aucun doute : si Caroline est réellement innocente, le coupable est forcément l’un d’entre eux.

La particularité de ce roman réside dans le fait que le meurtre s’est déroulé dans un passé lointain. Impossible de faire l’impasse sur les souvenirs de chaque témoin. Chaque élément, même infime, prend alors son importance. Seulement entre oublis et rancœurs, nos cinq témoins seront loin de faciliter la tâche à notre détective.

Je trouve, encore une fois, que Dame Agatha nous livre une intrigue terriblement humaine. Et j’en redemande. Chaque personnage nous est présenté au regard de sa personnalité, des petits secrets qu’il souhaite cacher, de ses affinités avec les autres membres de la maisonnée. Les lieux nous sont aussi décrits de façon précise. J’ai aimé me balader dans les jardins et les couloirs d’Alderbury. Et puis il y a Caroline Crale. J’ai trouvé son personnage extrêmement touchant. Courageuse, altruiste et en même temps pétrie de remords, elle n’hésitera pas à se laisser injustement accuser. La conclusion n’est peut-être pas aussi bluffante que l’est celle de Dix petits nègres, mais je suis une nouvelle fois séduite ! Si vous ne l’avez pas encore lu, je ne peux que vous conseiller cette lecture. Un roman dramatique, mais passionnant.

Extraits …

« Premier petit cochon est allé au marché,
Deuxième petit cochon n’est pas sorti de chez lui,
Troisième petit cochon a mangé tout le pâté,
Quatrième petit cochon n’a rien eu pour lui,
Cinquième petit cochon a pleuré, groui, groui, groui… »

« Il me suffit de m’installer dans mon fauteuil et de réfléchir. C’est ça (il tapota son crâne en forme d’œuf) mon instrument de travail ! »

Publicités