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Éditions Dupuis, 2008 (80 pages)

Ma note : 13/20

Personnage de roman à quatre sous, et héros masqué, le Corbeau se retrouve plongé dans un Paris fictif de la fin du XIXème siècle. Comment ? Tout simplement grâce à une petite porte, permettant ainsi un passage du « monde des imaginés » au monde réel. Le Corbeau a une mission bien particulière : rencontrer son créateur, Homère Saint-Illiède, afin de le persuader de changer le cours de ses aventures. Las de vivre des intrigues plates et d’être un « gentil », notre personnage souhaite désormais apparaître sous les traits d’un vengeur meurtrier. Afin de mener son projet à exécution, il entreprend de harceler Fortuné d’Ypeaucondre, un jeune chroniqueur littéraire. Fortuné est-il aux prises avec un homme dangereux et capable de tout, ou au contraire les apparitions du Corbeau sont-elles uniquement le fruit de son imagination ?

Je vous propose aujourd’hui une lecture qui pour moi sort complètement de l’ordinaire. En feuilletant cette bande dessinée il y a déjà quelques mois, il faut dire que je n’ai pu résister. J’ai tout de suite été attirée par le graphisme, la beauté des illustrations. Sans compter que l’idée de voir apparaître un héros masqué, en plein cœur du XIXème siècle, était loin de me déplaire. Si j’ai réellement accroché à l’esthétisme, j’ai pour autant trouvé le final compliqué à suivre (voire quelque peu tiré par les cheveux). Mon ressenti reste donc malheureusement mitigé.

En tout cas, quelle imagination ! J’ai été enchantée par les différentes trouvailles de Fabrice Lebeault (le « dévoreur » de livres, le personnage du Corbeau, le manoir). J’ai beaucoup apprécié m’interroger sur l’identité de ce fameux Corbeau : héros de feuilleton en chair et en os qui parvient à rejoindre notre monde réel ? Ou objet de hantise pour un Fortuné passant pour fou aux yeux de son entourage ? Le jeune homme est en effet le seul à apercevoir cette créature masquée. Malheureusement, c’est justement après que ça se gâte. En refermant cette bande dessinée, je suis restée dubitative. J’ai trouvé le dénouement étrange, tout comme l’intrigue. Je pense que je me suis laissée déstabiliser par ce ressenti d’étrangetéMalgré un univers inventif, bien pensé, je n’ai pas été transportée à 100%. D’autant plus que le final laisse une ouverture à des interprétations diverses. Je pense tout simplement que j’aurais préféré quelque chose de plus carré, de plus cartésien, alors que l’univers de cette BD se situe justement entre fiction et réalité. J’ai malgré tout réussi à passer un bon moment, en dépit des petits bémols que j’ai pu aborder.

En bref, Fabrice Lebeault signe un roman graphique surprenant, aux multiples rebondissements, entre fiction et réalité. Au-delà de l’intrigue autour du Corbeau, cette BD réussit à interroger la quête d’identité mais aussi le rapport d’un auteur à ses personnages (plutôt intéressant !). Je n’ai pour autant pas été séduite autant que je l’aurais souhaité. Je n’ai tout simplement pas accroché plus que ça à l’originalité de l’intrigue… Celle-ci plaira peut-être davantage aux amateurs d’imaginaire et de héros surannés.

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