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2013 - 5 - COQUILLAGES 7

Éditions Pocket, 2013 (467 pages)

Ma note : 14/20

Quatrième de couverture …

Chaque matin, c’est le même effroi. La même surprise.
En se découvrant dans la glace, Christine a vieilli de vingt ans. Elle ne connaît ni cette maison, ni l’homme qui partage son lit.
Et chaque matin, Ben lui raconte. L’accident. L’amnésie…
Ensuite, Christine lit son journal, son seul secret. Et découvre les incohérences, les questions, tout ce qu’on lui cache chaque matin, posément. Peut-être pour son bien… Peut-être pas.

La première phrase

« La chambre à coucher est étrange. Inconnue. Je ne sais pas où je me trouve, ni comment je suis arrivée ici. »

Mon avis …

Ne connaissant pas du tout l’adaptation ciné avec Nicole Kidman et Colin Firth, j’ai subitement éprouvé l’envie de me plonger dans ce thriller. Cela tombait à pic : j’avais alors envie de frissonner, d’enquêter auprès d’un héros/d’une héroïne manipulé(e). Avec moult révélations inattendues à la fin du livre, je dois dire que ce page-turner tient ses promesses. Malgré tout, je ne peux pas vous cacher que j’ai été un brin déçue. En cause : un ressenti de lassitude vers le milieu du roman, quelques longueurs, mais surtout… j’avais déjà ma petite idée sur l’identité du coupable dés le début de l’intrigue. Ce qui n’a pas loupé. Même si je ne m’attendais absolument pas aux détails de la chute (qui sont plutôt bien trouvés). Pour résumer, S. J. Watson signe ici un thriller intelligent et addictif. Même si je n’ai pas été séduite à 100%.

Christine Lucas a subi un traumatisme crânien, elle présente un cas d’amnésie rarissime : sa mémoire ne parvient plus à stocker de nouveaux souvenirs. Aussi dés que vient le moment de s’endormir, tous ses souvenirs récents s’effacent. Chaque matin, Christine doit alors faire face à la même angoisse. Se retrouver dans un lit, auprès d’un mari inconnu. Faire face à son image dans la glace lui renvoyant le reflet d’une femme de quarante ans, alors qu’elle pensait en avoir seulement vingt. Sur le mur, des photos accompagnées de légendes : « Ben, ton mari », « Le jour de ton mariage »… Chaque journée ressemble à un jour sans fin. Pour se reconstruire et tenter de comprendre qui elle est vraiment, Christine se raccroche alors à son dernier espoir, incarné par le Dr Nash. Celui-ci lui conseille fortement de tenir un journal, et de le relire jour après jour afin de se réapproprier chaque nouveau pan de sa vie.

Rédigé à la première personne, ce thriller permet au lecteur de s’attacher assez rapidement au personnage de Christine. J’ai apprécié suivre notre héroïne dans sa quête d’identité. D’autant plus que de nouveaux éléments, apportés au compte-gouttes, viennent peu à peu nourrir notre réflexion tout en apportant un réel climat de tension. En l’espace de seulement quelques jours, Christine se découvre ainsi un fils, mort au combat, l’existence d’une meilleure amie qui a subitement coupé les ponts ou encore un séjour en hôpital psychiatrique. L’angoisse monte peu à peu. Jusqu’au dénouement final. 

Comme je vous le disais, j’ai pour autant été ennuyée par quelques petits détails. Il y a d’abord le Dr Nash. Il a son importance dans l’intrigue, mais je dois vous avouer que j’ai été on ne peut plus agacée par le fait qu’il cherche à aider Christine uniquement pour… faire avancer la recherche. A certains moments, j’ai eu comme le ressenti qu’il forçait la main à notre héroïne (niveau déontologie, on a déjà vu mieux). J’ai également trouvé que le rythme s’essoufflait légèrement vers le milieu du livre. Et pour le coup, j’avais hâte d’arriver au final. Et heureusement celui-ci vient tout chambouler, et m’a permis de me replonger à 100% dans ma lecture. Je ne m’attendais tellement pas à toutes ces révélations…

Pour un tout premier roman, S. J. Watson signe un thriller rempli de bonnes trouvailles, avec une thématique intéressante. Je pense découvrir son dernier titre (« Une autre vie »), paru il y a quelques jours, en espérant l’apprécier encore davantage. Car si sur le coup j’ai passé un bon moment, je ne sais pas encore si je relirai un jour « Avant d’aller dormir ».

Extraits …

« Je connais la vérité. Ma propre vérité, pas celle qu’on m’a dite, mais celle que je me suis rappelée. Et elle est écrite désormais, esquissée dans ce journal plutôt que dans ma mémoire, mais malgré tout permanente. »

« J’ai l’impression de devenir folle. Tout est fluide, tout bouge. Je pense une chose, puis, un moment plus tard, son contraire. Je crois tout ce que mon mari me dit, et ensuite je ne crois plus rien. J’ai confiance en lui, puis plus du tout. Rien ne parait réel, tout semble inventé. Même moi. »

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