heart_2

141620

Éditions Le livre de poche, 2010 (159 pages)

Ma note : 11/20

Quatrième de couverture …

Le Tour d’écrou est unanimement considéré comme le chef-d’œuvre d’Henry James. Borges a même écrit que, selon lui, « aucune époque ne possède des romans de sujet aussi admirable que Le Tour d’écrou… ». Une intrigue serrée, un mode narratif subtilement ouvragé, des personnages plus vrais que nature, une atmosphère étouffante : le fantastique rejoint le quotidien et s’impose comme une version possible de la réalité. Pour la première fois, grâce à la magie d’une traduction réussie, l’univers de James devient directement accessible au lecteur français.

La première phrase

« Cet étrange récit nous avait tenus en haleine autour du feu et pourtant, mis à part qu’il était, d’évidence, aussi macabre que devait l’être dans son essence pareille histoire racontée dans une vieille maison un soir de Noël, je n’ai souvenir d’aucun de nos commentaires avant que quelqu’un ne remarque que c’était la première fois qu’il rencontrait un cas d’apparition surnaturelle chez un enfant. »

Mon avis …

Octobre oblige, j’ai ressenti l’envie de poursuivre mes lectures effrayantes. Bonne pioche avec cet écrit de l’américain Henry James (naturalisé anglais à la fin de sa vie). L’auteur nous propose ainsi un huis clos étrange, étouffant, presque à la limite du supportable. Si j’ai apprécié l’ambiance gothique et surnaturelle de ce récit, je me suis sentie extrêmement mal à l’aise face à l’intrigue et aux hypothèses proposées par l’auteur. J’ai trouvé certains passages presque malsains… d’où ma déception et mon quasi sentiment de malaise au cours de ma lecture. Espérons que j’aurai plus de chance avec Washington Square la prochaine fois.

Le tour d’écrou (The turn of the screw) nous présente le quotidien d’une gouvernante jeune et inexpérimentée. Un grand manoir isolé. Deux enfants sages comme des images dont elle se doit d’assurer la garde. Tout se déroule à merveille, du moins jusqu’à ce que notre héroïne se retrouve confrontée à une curieuse silhouette qui semble l’observer fixement du haut de la tour du domaine. Rapidement, une tension se met en place. Adorables et angéliques, les deux enfants semblent curieusement se métamorphoser en petits démons. Tandis que de nombreux fantômes semblent peu à peu s’emparer du manoir pour ne plus le quitter. Surnaturel et possession, ou simples hallucinations de la part d’une gouvernante qui tente tant bien que mal de remplir sa fonction ? Le mystère reste entier.

J’ai réellement frissonné en lisant ce roman (que d’autres considèrent plutôt comme une nouvelle). Grâce à une narration reprenant le point de vue de la gouvernante, le lecteur se retrouve au cœur des angoisses de la protagoniste. Je suis restée scotchée et glacée d’effroi par le final proposé par Henry James… Il faut dire que celui-ci offre une double interprétation, laissant ainsi intervenir nos propres convictions. Faut-il rationaliser ou le surnaturel occupe-t-il bien une place déterminante dans ce récit ? Henry James ne nous offre pas vraiment la réponse (dommage). Et pour ma part, impossible de trancher tant je me passionne pour les histoires de fantômes et tant je me suis sentie retournée par cette lecture. Il m’aura fallu du temps pour me détacher des ressentis désagréables liés à ce roman. Car entre les lignes, j’y ai lu bien plus qu’une simple histoire de revenants ou de possession (ressenti d’un climat malsain… j’aurais peut-être préféré éviter).

En bref, une lecture idéale si vous souhaitez frissonner, Halloween oblige. L’intrigue reste cependant étrange voire déstabilisante. Car il faut le dire, j’ai été gênée par certains passages et je ne sais pas si j’oserai à nouveau me replonger dans ce récit. Si vous souhaitez avoir un aperçu de l’intrigue sans pour autant entrer dans le livre, une adaptation a été réalisée par la BBC (également inquiétante à souhait).

Extraits …

« Oh oui, nous pouvons rester là à les regarder, et ils peuvent nous faire leurs petites démonstrations autant qu’ils veulent ; mais lorsqu’ils font semblant d’être absorbés dans leur conte de fées, ils sont en réalité plongés dans leur vision de revenants. Il n’est pas en train de faire la lecture à sa sœur, ai-je déclaré, ils sont en train de parler d’eux… ils se disent des horreurs ! Je sais que je raisonne comme si j’étais folle, et c’est vraiment étonnant que je ne le sois pas encore devenue. Ce que j’ai vu vous aurait rendue folle ; mais ça ne m’a rendue que plus lucide, m’a fait saisir bien d’autres choses. »

Publicités