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CVT_Je-ne-veux-pas-dune-passion_1810

Éditions Allary, 2015 (246 pages)

Ma note : 16/20

Quatrième de couverture …

Elle pensait que c’était le bon, mais il la quitte. Restée seule dans un café, une jeune femme revit les derniers mois de son histoire d’amour, et la relation fusionnelle qu’elle entretient avec son père depuis l’enfance. Deux passions très différentes, qui vivent dans un seul cœur.

La première phrase

« « Je ne veux pas d’une passion », il a posé sa tasse sur la soucoupe. »

Mon avis …

Un fil conducteur : l’amour. La passion d’une femme pour un homme qui la quitte brusquement. La relation fusionnelle entre une petite fille, devenue adulte, et son père, admiré et imposant. Quelle place prend notre héritage familial lorsque nous tentons de construire une histoire d’amour ? Autrement dit, pour cet écrit, et si le problème de cette jeune femme était cet amour inconditionnel porté à son père ? Si le roman n’offre pas réellement de « vraie » réponse, il ouvre en tout cas de nombreuses pistes de réflexion. En un mot… j’ai adoré. J’ai souri. J’ai réfléchi. J’ai compati au malheur d’une héroïne aussi touchante que mystérieuse, qui voit se profiler la fin d’une relation sentimentale. Une lecture aussi douce que mélancolique qui offre cependant une fin inattendue, et presque pleine de promesses (c’est en tout cas ce que j’ai pu ressentir face à la double lecture proposée par l’auteure). J’ai d’ores et déjà hâte de poursuivre mon aventure avec Diane Brasseur.

L’héroïne n’a pas de nom. Nous en savons très peu sur elle. Pourtant, à travers une accumulation de petites anecdotes j’ai réellement pris plaisir à suivre le cheminement de cette jeune femme. Je n’ai pas seulement lu de simples mots, j’ai comme eu l’impression de feuilleter un album photo reprenant les images, les scènes les plus marquantes de la vie de notre héroïne. Je me suis alors demandé qu’elles auraient pu être les miennes… Diane Brasseur possède un style d’écriture simple, mais les mots utilisés sont percutants. Le style se fait juste et élégant.

Sans compter la plume de l’auteure, je pense que j’ai grandement apprécié ce roman pour une toute autre raison : mon identification à l’héroïne. Celle-ci nous paraît tellement entière et passionnée, à la recherche d’un homme rassurant, gardant en tête de nombreuses scènes romantiques survenues lorsqu’elle était encore en couple. Je me suis tout simplement reconnue en elle. Et puis la fameuse phrase « Je ne veux pas d’une passion » tombe comme un couperet. Autant vous l’avouer, je me suis posée de nombreuses questions. Cet homme était-il finalement le « bon » ? (cette relation aurait peut-être eu plus de chance avec un homme aussi passionné que l’héroïne…). Faut-il se risquer à foncer et à suivre ses émotions au risque de se brûler les ailes ? Ou est-il préférable de prendre du recul et d’avancer avec prudence afin de vivre une relation plus adulte et de moins s’épuiser ? J’ai été traversée par ce roman. Et si je n’ai pas obtenu toutes les réponses auxquelles je m’attendais, il m’aura au moins fait réfléchir.

En conclusion, Je ne veux pas d’une passion est un roman d’une grande beauté. S’il se lit très vite, je pense qu’il a un réel potentiel pour parvenir à toucher son lecteur. Malgré l’absence d’intrigue, je n’ai pas été déçue. J’aurais même souhaité en avoir plus. Peut-être avec le point de vue du père ou celui de l’ancien amoureux de l’héroïne ?

Extraits …

« Tout se répète.
Enfant, j’écoutais mon père, adolescente, je voulais lui désobéir, devenue adulte, je lui ressemble.
J’emprunte les mêmes chemins, je caresse les mêmes rêves, je partage les mêmes craintes, je tombe dans les mêmes excès. »

« Les effluves de son parfum me revenaient. Par bonheur, il restait accroché au bout de mes doigts.
J’avais le coeur qui battait comme après avoir bu trop de champagne, et des papillons dans le ventre à cause du désir. »

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