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Éditions Sonatine, 2015 (379 pages)

Ma note : 11/20

Quatrième de couverture …

Entre la banlieue où elle habite et Londres, Rachel prend le train deux fois par jour : le 8h04 le matin, le 17h56 le soir. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants, qu’elle voit derrière la vitre. Pour elle, ils sont Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait. Heureux, comme Rachel et son mari ont pu l’être par le passé, avant qu’il la trompe, avant qu’il la quitte. Rien d’exceptionnel, non, juste un couple qui s’aime. Jusqu’à ce matin où Rachel voit Jess dans son jardin avec un autre homme que Jason. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Rachel, bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, décide d’en savoir plus sur Jess et Jason. Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

La première phrase

« Vendredi 5 juillet 2013

Matin

Une pile de vêtements repose au bord de la voie ferrée. »

Mon avis …

Dans la lignée des Apparences de Gillian Flynn ou encore d’Avant d’aller dormir de S. J. Watson, j’étais impatiente de découvrir ce thriller tant j’en avais entendu de bons échos. Après un démarrage difficile, j’ai malheureusement été plutôt déçue. Si j’ai adhéré au découpage du roman en plusieurs parties, laissant ainsi la parole à divers personnages, je n’ai en revanche pas du tout été séduite par le personnage de Rachel. Ni par les autres d’ailleurs. Le dénouement ne m’a pas non plus spécialement fait bondir d’excitation. Il me restera l’image d’un thriller original, mettant en scène une héroïne atypique (torturée et alcoolique). Si le roman est adapté au cinéma, j’irai certainement le voir par curiosité, quant à réouvrir ce livre un jour… c’est une autre histoire.

L’intrigue commence doucement. Au cours de ses voyages en train, Rachel observe une maison occupée par un couple. Elle ne sent pas épanouie dans sa vie, et boit pour oublier une rupture douloureuse. Chaque jour, notre héroïne s’invente une histoire autour de ce couple modèle. Leur domicile se situe à quelques rues seulement de celui qu’elle occupait avec son ancien mari, Tom, aujourd’hui remarié. Quelques jours plus tard, Rachel découvre avec stupeur que la photo d’une jeune femme portée disparue correspond trait pour trait à « Jess », la femme de la maison longeant la voie ferrée.

Autant vous l’avouer, cette lecture a été difficile. J’ai mis énormément de temps à entrer dans l’intrigue. Le portrait de notre héroïne aigrie et triste y est peut-être pour quelque chose. Il m’a en effet été impossible de m’identifier à elle et même de ressentir une once d’empathie pour son personnage. Passé ce premier aspect, la thématique est pourtant on ne peut plus intéressante. Le voyeurisme. La capacité à s’imaginer énormément de choses, voire à se monter tout un scénario, face à de simples inconnus. Si je réagis rarement ainsi, j’ai apprécié m’interroger sur les détails imaginés par Rachel. On finit par se convaincre que Jess et Jason forment un couple idyllique. Jusqu’à ce que le vernis craque, et que Rachel découvre l’envers du décor. Jess (Megan Hipwell) était-elle réellement fidèle à Jason (Scott), son mari ? Et que dire du lien, resté caché, entre la jeune femme disparue et le nouveau couple formé par Tom, ex de Rachel, et Anna ?

Malgré la variété des thèmes abordés (le divorce, l’addiction à l’alcool, la maternité, la dépression ou encore la violence conjugale), je n’ai pas réussi à accrocher à ce page turner à la construction pourtant originale. J’ai été agacée par le personnage de Rachel. Je me suis sentie plus en empathie avec celui de Jess, sans forcément grandement l’apprécier. Heureusement, les fausses pistes sont là. Je n’ai simplement pas été convaincue.

Extraits …

« Non, c’est que j’ai l’impression de faire partie d’un mystère, d’être connectée. Je ne suis plus juste la fille du train, qui fait ses allers et retours sans raison et sans but. Je veux que Megan revienne saine et sauve. Vraiment. Mais pas tout de suite. »

« L’air est glacé dans mes poumons, le bout de mes doigts commence à bleuir. Une partie de moi voudrait s’étendre là, parmi les feuilles mortes, et laisser le froid m’emporter. Mais je ne peux pas. Il est temps de repartir. »

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