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Éditions France Loisirs, 2013 (654 pages)

Ma note : 13/20

Quatrième de couverture …

Howbutker, Texas, 1916. A la mort de son père, la jeune Mary Toliver hérite de Somerset, la plantation de coton des Toliver, l’une des familles fondatrices de Howbutker. La jeune femme devra-t-elle sacrifier son amour pour Percy pour faire vivre le sol de ses ancêtres ? Confrontés aux trahisons, aux secrets et aux tragédies qui les entourent, renonceront-ils à ce qui aurait pu exister, non seulement pour eux, mais aussi pour les générations suivantes ?

La première phrase

« Howbutker, Texas, août 1985

Abasourdi, Amos Hines termina la lecture du codicille. »

Mon avis …

Une saga familiale, un soupçon d’Histoire, une bonne dose d’amour et de sentiments, Les roses de Somerset avaient en main de nombreux atouts pour me séduire. J’ai malheureusement eu beaucoup de mal à avancer dans la lecture de ce petit pavé de plus de 600 pages. Si l’auteure mêle habilement passé et présent, et que j’ai été happée par la partie passé, je suis restée plus en retrait sur le reste. J’ai grandement apprécié le personnage de Mary Toliver, une héroïne forte et pleine de caractère, pour qui l’amour de la terre passe avant tout (clin d’œil à Scarlett O’ Hara). Leila Meacham nous livre ainsi un joli portrait de femme. Pour le reste de cette fresque romanesque, qui ne laisse pas de côté rancœurs et secrets de famille, j’ai été moins emballée.

Alors qu’elle avait toujours prévu de léguer sa plantation à sa nièce Rachel, Mary Toliver fait subitement marche arrière. Son souhait : que la malédiction des Toliver s’achève enfin. Il faut dire que Mary aura traversé bien des épreuves. Si notre héroïne n’a que seize ans au début du roman, elle se sent déjà l’âme d’une Toliver. L’amour de la terre passe avant tout, quitte à se sacrifier soi-même et à être malheureuse. Ainsi débute cette saga familiale sur fond de plantation de coton aux États-Unis. Le rituel des roses rythme quant à lui le récit. En cas de conflit, nos personnages s’échangent une rose rouge pour demander pardon, une rose blanche en guise de drapeau blanc.

Les roses de Somerset, c’est aussi (et surtout, car tout part de là ou presque) une histoire d’amour douloureuse et contrariée entre Mary et Percy. Entre nos deux personnages, se dresse une barrière constamment présente : la plantation de coton. Ils se devront alors de faire des choix, voire même des sacrifices, afin de continuer à avancer. Je crois que leur relation tumultueuse est l’élément central que je retiendrai le plus de ce roman, tant je me suis sentie émue (à d’autres moments agacée) par leurs choix de vie respectifs. Disons que leur liaison ne m’aura pas laissée indifférente.

Découpé en plusieurs parties, le récit nous est tour à tour raconté par nos trois personnages principaux : Mary, Percy et Rachel. Très vite, les destins se croisent, les rebondissements se font nombreux. J’ai apprécié suivre l’entêtement de Mary, l’amour passionné de Percy, le dévouement sans borne d’Ollie. Je crois malgré tout que j’aurais parfois apprécié davantage de sobriété. Autant du côté des personnages, que du côté de l’intrigue. Certains évènements semblent ainsi tirés par les cheveux, venant dramatiser à outrance sans que cela ne soit forcément nécessaire… Et c’est aussi ce qui fait que j’ai éprouvé quelques difficultés à avancer dans ma lecture. J’ai parfois trouvé le tout un peu too much.

Pour résumer, Leila Meacham signe ici un roman émouvant qui laisse la part belle aux sentiments humains. J’ai adoré me balader dans les années 1920, aux côtés de Mary et Percy. J’ai moins apprécié toute la partie se déroulant dans le présent, ainsi que l’aspect souvent trop dramatique / exagéré des situations. Il est vrai que je n’ai pas été totalement convaincue mais, sans bouder mon plaisir, ce voyage au Texas de 1916 à nos jours a quand même été plutôt agréable.

Extraits …

« La saison des cornouillers était terminée, mais les glycines étaient encore resplendissantes et cascadaient sur les murs et grilles. À Somerset, les champs de coton étaient en fleur.
Mary se concentra sur cette image. Elle avait perdu tous ceux qu’elle aimait, son grand-père, son père, son frère et sa mère… Il ne lui restait que Somerset, qui l’attendait. C’était à elle de s’occuper des terres. Miles l’avait bien dit : Somerset ne l’abandonnerait jamais, malgré le charançon, la sécheresse et les inondations. La grêle pouvait anéantir une récolte en quelques minutes, mais les terres, elles, seraient toujours là. Les terres étaient porteuses d’espoir, au contraire des humains. »

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