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Éditions 10/18, 2015 (374 pages)

Ma note : 16/20

Quatrième de couverture …

En amour, comme en tout, rien n’a changé depuis le XIXème siècle de Lady Jane. Si la fougueuse Marianne s’abandonne à une passion qui menace de lui brûler les ailes, la sage Elinor prend le risque de perdre l’amour à force de tempérance. Raison et sentiments : impossible équation ? Les deux jeunes femmes devront apprendre de leurs vacillements. Pour le meilleur et pour le pire.

La première phrase

« La famille Dashwood habitait depuis longtemps dans le Sussex. »

Mon avis …

Ma rencontre avec la plume fine et mordante de Jane Austen remonte à 2015. J’avais alors été plus qu’enchantée par ma lecture d’Orgueil et préjugés. J’avais également réussi à apprécier Northanger Abbey. Aussi, lorsque ma chère Carnet Parisien m’a offert une jolie édition de Raison et sentiments (avec une magnifique tranche dorée), j’ai tout simplement été folle de joie. Jamais deux sans trois, j’ai à nouveau été conquise ! L’écriture de Jane Austen. Mon admiration pour Elinor. L’hypocrisie de la bourgeoise brillamment dépeinte par la romancière. Mais aussi,  des portraits psychologiques toujours aussi savoureux et… la naissance du sentiment amoureux. Si je trouve ce roman un brin en dessous d’Orgueil et préjugés, j’ai tout de même passé un très bon moment.

 À la mort de leur père, Elinor, Marianne et leur jeune sœur, Margaret, se voient contraintes de quitter Norland Park. Le domaine revient en effet à John, leur frère aîné issu d’un premier mariage. Qu’à cela ne tienne, accompagnées de leur mère, les trois jeunes femmes trouvent refuge à Barton Cottage. S’ensuivront l’entrée fracassante de l’amour, associée à ses doutes, ses tourments. Si Marianne fait fi des convenances, n’écoutant que son caractère passionné, la discrète Elinor donne l’impression de tout maîtriser, à commencer par ses sentiments. Marianne rencontrera Willoughby, un coureur de jupons. Elinor rencontrera Edward Ferrars, aîné d’une grande famille qui ne manque pas de prétendantes.

Si l’entrée dans l’intrigue se fait lente, voire parfois fastidieuse, quel plaisir de découvrir les personnages imaginés par Jane Austen. Je suis restée de marbre, parfois profondément agacée face à certains (l’exaspérante Lucy en tête), tandis que je me suis attachée au personnage d’Elinor. Je me trouve de nombreux points communs avec elle. Comme elle, je pense être calme et avoir la tête sur les épaules. Pour autant, il me serait presque impossible d’affronter ce qu’elle a pu endurer avec autant de force et de maîtrise. Face à sa sœur, si Marianne me semble moins posée et plus immature, j’ai tout de même fini par la comprendre et l’apprécier.

En résumé, Jane Austen fait à nouveau état de son art pour le portrait. Je me suis laissée happer par les joies et les tourments que vivent Elinor et Marianne, tout comme j’ai apprécié me laisser surprendre par mes ressentis envers Willoughby, les Ferrars ou encore le colonel Brandon (ressentis qui ont évolué tout au long de ma lecture). Si Raison et sentiments n’est pas mon roman austenien préféré, il n’en demeure pas moins que j’ai à nouveau passé un très bon moment.

Extraits …

« Je me suis souvent surprise moi-même à faire ce genre d’erreur, dit Elinor, à me méprendre sur quelque aspect d’un caractère; on s’imagine que les gens sont plus gais ou plus graves, plus ingénieux, plus stupides qu’ils ne le sont en réalité, et il est difficile de dire comment et en quoi l’erreur a pris naissance. Parfois, on se fonde sur ce qu’ils disent eux-même et, plus fréquemment, sur ce qu’en disent les autres, sans se donner à soi-même le loisir de réfléchir et de juger. »

« Oh ! s’écria Marianne, avec quels transports je voyais tomber les feuilles ! Quelles délices, quand je me promenais, de les voir tourbillonner autour de moi, emportées par le vent ou entraînées dans le ruisseau ! Quel sentiment de douce mélancolie m’inspiraient ces arbres effeuillés, cet air sombre d’automne, ces feuilles jaunes et flétries qui résonnaient sous mes pas ! Maintenant personne ne les admire, personne ne les regarde, on les dédaigne, et l’on se hâte de les balayer ; de les ôter. »

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