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Éditions 10/18, 2016 (332 pages)

Ma note : 16/20

Quatrième de couverture …

Années 1950. New-York, terre d’exil et nouvelle Terre promise, s’étend à l’horizon. Alors qu’elle quitte l’Irlande pour travailler à Brooklyn, la jeune Eilis se perd dans cette ville anonyme. Mais bientôt un drame la rappelle dans son pays natal. Déchirée entre deux mondes, entre l’enfance et l’avenir, quels choix fera-t-elle pour tracer sa voie ?

La première phrase

« Eilis Lacey, assise au premier étage de la maison de Friary Street, aperçut par la fenêtre sa sœur qui revenait du travail. »

Mon avis …

Enniscorthy, sud-est de l’Irlande, années 1950. Malgré son diplôme de comptabilité en poche, Eilis Lacey peine à trouver un emploi. Suite à une opportunité aux États-Unis, la jeune femme s’exile. Elle laisse alors derrière elle sa mère, ainsi que sa sœur aînée (Rose). De ce long voyage, s’ensuivront un profond mal du pays, l’adoption d’une nouvelle manière de vivre mais aussi de nombreuses rencontres.

Que dire de ce joli roman à part que je l’ai adoré ! J’avais déjà beaucoup apprécié l’adaptation ciné (qui date maintenant de mars 2016). La reconstitution historique est intéressante. Colm Tóibín nous plonge dans les fifties. Nous sommes alors dans les années d’après-guerre, où l’idée de reconstruire une nouvelle vie, un monde meilleur, est en pleine effervescence. Il m’a pour autant manqué une petite étincelle pour en faire un roman inoubliable. Je n’ai donc pas eu de coup de cœur, mais je m’en rapproche. Si je trouve au roman les mêmes défauts qu’au film (quelques longueurs, un manque d’originalité), je pense tout de même avoir préféré le livre à la version filmique.

Une chose est certaine : je n’oublierai pas Eilis de sitôt. Si la jeune femme se montre un brin fragile et d’une nature plutôt réservée, je la trouve terriblement attachante. Elle a en effet la tête sur les épaules, et est en mesure de se remettre en question. Sa rencontre avec Tony, un jeune américain d’origine italienne, va bouleverser son quotidien et sa vision de la vie aux États-Unis. Lorsqu’un drame survient dans sa famille, Eilis se doit de laisser cet homme derrière elle pour rentrer à Enniscorthy. Une fois en Irlande, la jeune femme se trouve rongée par le doute, et partagée entre deux prétendants si différents…

Ce roman est donc une histoire de vie et d’amour. Au niveau de l’écriture, l’auteur nous embarque avec facilité, tant sa plume se fait simple mais agréable : c’est donc là aussi une jolie surprise. Nous découvrons le métier de vendeuse de l’époque, la vie d’une pension new-yorkaise, les différences entre le quotidien d’un petit village irlandais et celui d’une ville américaine en pleine expansion.

Brooklyn reste donc un roman agréable, qui marque tant par sa galerie de personnages (j’ai beaucoup aimé Rose, douce et protectrice, mais aussi Eilis) que par son intrigue so fifties. Les États-Unis. L’Irlande. La passion. La raison. Comme pour le film, je n’ai été déçue ni du voyage, ni du final.

Extraits …

« Il lui sourit, mais ce n’était plus du tout de l’ordre du divertissement. C’était un sourire chaleureux, sincère, indiquant à Eilis qu’elle avait affaire à un homme stable, presque mûr, et que, quelle que soit la nature de leur relation, en réalité, il ne plaisantait pas du tout. Elle lui retourna son sourire, puis baissa la tête et ferma les yeux. »

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