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Éditions J’ai lu, 2016 (508 pages)

Ma note : 13/20

Quatrième de couverture …

Tout commence par un échange de lettres sur la littérature et la vie entre deux femmes que tout oppose : Sara Lindqvist, jeune suédoise de vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, et Amy Harris, vieille dame cultivée de Broken Wheel, dans l’Iowa. Lorsque Sara perd son travail de libraire, son amie l’invite à venir passer des vacances chez elle. À son arrivée, une malheureuse surprise l’attend : Amy est décédée.
Seule et déboussolée, Sara choisit pourtant de poursuivre son séjour à Broken Wheel et de redonner un souffle à cette communauté attachante et un brin loufoque… grâce aux livres, bien sûr.

La première phrase

« Chère Sara,

J’espère qu’Une jeune fille démodée de Louisa May Alcott te plaira. »

Mon avis …

Une jolie couverture. Un cadeau de la part de ma promo pour mon anniversaire. Qu’il me tardait de découvrir ce que cachait ce roman !  Je m’imaginais rencontrer le quotidien d’une bibliothèque de quartier, fourmillant de lecteurs tous plus passionnés les uns que les autres. Autant le dire, j’en étais plutôt loin. L’intrigue raconte davantage l’ouverture d’une librairie dans un petit village. Sara, notre héroïne, tentant de transmettre son goût pour la lecture à des habitants au caractère bien trempé. Si j’ai apprécié lire un roman autour de la littérature, j’ai malheureusement été plutôt déçue dans l’ensemble. Je trouve les personnages caricaturaux. Je n’ai pas réussi à m’attacher à Sara, sans trop savoir pourquoi. Heureusement, La bibliothèque des cœurs cabossés fait partie de ces romans qui font du bien. De la joie. De l’amour. De l’amitié. On en ressort tout de même le sourire aux lèvres.

Par l’écriture de Katarina Bivald, nous voyageons au cœur de la campagne américaine. Sara, une jeune libraire au chômage, s’est liée d’amitié avec Amy Harris, une vieille dame amoureuse des livres qui l’invite à séjourner à Broken Wheel. Une fois sur les lieux, Sara apprend par l’intermédiaire de Grace, la propriétaire du snack, une terrible nouvelle : Amy est morte et son enterrement se tient le jour même. La jeune femme est pour autant accueillie avec bienveillance. Désemparée, Sara fait le choix de rester.

Grace, la dure à cuire. Tom, l’homme timide et sérieux. Caroline, la bigote. John, le grand amour d’Amy. Ou encore Andy et Carl, le couple gay. Si j’ai apprécié rencontrer toute cette galerie de personnages, je n’ai pu m’empêcher de les trouver caricaturaux au possible. Heureusement, la romance inattendue entre Caroline et Josh apporte du souffle à une intrigue que l’on pourrait ressentir cousue de fil blanc. Et c’est vrai que ce final, on s’y attend forcément. J’ai pourtant justement préféré la seconde partie du roman à la première, où l’intrigue prend parfois du temps à se mettre en place.

Autre petite déception : la place d’Amy Harris dans le roman. J’aurais tellement aimé la rencontrer. Si elle se montre évidemment présente via le discours des habitants de Broken Wheel, j’ai trouvé dommage que l’auteure nous la présente presque uniquement comme un prétexte à la venue de Sara dans le village. Il y a bien toute leur correspondance. J’ai pourtant été là aussi assez déçue. Je trouve qu’elle n’apporte pas réellement de plus value. Si Amy évoque beaucoup son quotidien, ses relations avec les habitants ou encore la personnalité de chaque protagoniste, le lecteur s’y retrouve tout aussi bien en évoluant auprès de ces mêmes personnages.

Une jolie surprise pour autant : en grande amoureuse des livres Sara fait référence à de nombreux classiques. Orgueil et préjugés. Le journal de Bridget Jones. Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur. De quoi nous donner d’autres envies en termes de lecture.

D’une manière générale, j’ai apprécié ce roman tout en passant un bon moment. J’ai tout même ressenti quelques longueurs dans cette histoire qui fait près de 500 pages (j’ai mis plus d’une semaine à terminer le roman, ce qui est plutôt rare). Tout comme j’ai trouvé que la romance principale manquait un peu de piquant. Je reste donc partagée. La bibliothèque des cœurs cabossés reste tout un même un roman agréable, exploitant de jolies valeurs (l’amitié, l’entraide) tout en restant un hymne à la lecture !

Extraits …

« Les livres ou les gens, me demandes-tu. Choix difficile, je dois dire. J’ignore si les gens signifient plus que les livres – en tout cas, ils ne sont ni plus sympathiques, ni plus drôles, ni source de davantage de consolation… Pourtant, j’ai beau tourner et retourner la question, au bout du compte, je me vois quand même contrainte de choisir les gens. Même si ma vie était en jeu, je ne saurais expliquer pourquoi j’ai le mauvais goût de préférer les gens. Quand on considère les chiffres bruts, les livres gagnent sans contestation possible – de toute ma vie, j’ai peut-être aimé une poignée de gens en comparaison aux dizaines ou centaines de livres (et là, je ne compte que les livres que j’ai vraiment adorés, ceux dont la simple vue vous réjouit, qui vous font toujours sourire malgré les aléas, ceux qui reviennent sans cesse comme un vieil ami et dont on se souvient où on les a « rencontrés » pour la première fois). Mais cette poignée de gens qu’on aime … en fait, ils valent tous ces livres. »

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