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Éditions Pocket, 2016 (467 pages)

Ma note : 15/20

Quatrième de couverture …

Lily, tenue par le charme discret de la timidité, et Budgie, débordante de cran et d’assurance, sont amies depuis l’enfance. Si différentes mais inséparables, elles traversent avec insouciance les années fac dans la bonne société new-yorkaise. Jusqu’à l’hiver 1931 où elles se perdent de vue.
Quand Budgie réapparaît, sept ans plus tard, c’est à Seaview au bras de son fier mari Nick Greenwald, celui que Lily a tant aimé, celui pour qui le coup de foudre avait été immédiat. Entre silences, accrocs et gênes, des liens vont alors se nouer, se renouer, des langues se délier révélant les trahisons, faisant émerger secrets enfouis et vérités nécessaires. Alors qu’au large menace la tempête…

La première phrase

« Cent quatre-vingts kilomètres de route tortueuse s’étendent entre les grilles de l’université de Smith College et le stade de football de Dartmouth, et Budgie conduit comme elle fait tout le reste : à toute vitesse. »

Mon avis …

Quel joli roman ! Je ne peux que vous inviter à le découvrir tant j’ai apprécié cette plongée dans les années 30 au coeur des États-Unis. Si en littérature vous aimez les drames, les secrets de famille ou encore les histoires d’amour compliquées : ce roman est fait pour vous. Avec cette magnifique couverture et un résumé que je trouvais alléchant, il  me semblait indispensable de courir acheter ce livre. J’ai adoré le personnage de Lily, mais également me plonger dans un contexte historique qui est ici une vraie valeur ajoutée (crise de 1929, ouragan de 1938). Si quelques sujets abordés sont difficiles, je ne regrette absolument pas cette lecture. Mon unique bémol (un ressenti de « trop » face à la découverte de certains secrets de famille) fait pourtant que je suis passée à côté du coup de cœur que j’espérais.

1931. Lily Dane, accompagnée de sa meilleure amie Budgie Byrne, se rend à un match de football dans lequel joue Graham Pendleton (fiancé de Budgie). L’y attend une surprise de taille : lorsque Lily pose son regard sur Nick Greenwald, quaterback de l’équipe, c’est le coup de foudre immédiat. Tout irait pour le mieux si Nick n’était pas juif. Issus de la bonne société new-yorkaise, les Dane pourraient nourrir de tout autres projets pour leur fille.

1938. Comme chaque été, Lily pose ses valises dans la maison familiale de Seaview. Au même instant débarquent Budgie et Nick, de retour de leur lune de miel. Toujours amoureuse de Nick, Lily souffre énormément de la situation. D’autant plus que Kiki, sa petite sœur âgée de six ans, tisse rapidement des liens avec Nick.

Les chapitres alternent subtilement entre 1931 et 1938 (un point que j’ai grandement apprécié). Beatriz Williams revient alors sur l’histoire d’amour du passé entre Nick et Lily et un présent où règnent les non-dits, les rivalités, les questionnements. L’intrigue flirte donc avec la romance, mais une romance de bonne facture (à la fois bouleversante et faisant état de moments de sensualité).

Avec ce roman, j’ai adoré rencontrer des personnages si différents. Si j’ai tout de suite accroché avec Lily, décrite comme étant timide mais finalement si attachante, j’ai également aimé détester Budgie. Lily tente de s’affranchir de ses peurs et de son passé. Pas facile lorsque tout semble lui renvoyer ses erreurs à la figure. Budgie, quant à elle, est d’une autre trempe. Extravertie et sûre d’elle (peut-être un peu trop), la vie ne semble pas pour autant lui faire plus de cadeaux qu’aux autres personnages. Les personnages secondaires ne sont pas en reste. J’ai éprouvé une tendresse particulière pour Nick et Kiki.

En bref, j’ai passé de jolies heures de lecture accompagnée de ce roman. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il peut aussi bien être lu en plein hiver, au coin d’un feu de cheminée. Mon seul regret concerne cette dimension du « trop » (trop de secrets de famille, certains éléments peuvent paraître tirés par les cheveux). Heureusement, ceci reste un détail. Quant au final, Beatriz Williams ne nous épargne pas quelques frissons…

J’ai d’ores et déjà hâte de retrouver l’auteure avec un autre roman !

Extraits …

« Les feuilles scintillent dans des tons dorés, orangés et rouges, elles se détachent du ciel bleu où le soleil brille sans un nuage, créant une impression de chaleur trompeuse. Budgie a décrété que nous devions prendre la décapotable et conduire cheveux au vent, mais je grelotte. Enroulée dans mon gilet de laine, je m’agrippe à mon chapeau. »

« Je suivis la direction de son regard et vis Budgie, qui était réapparue comme par magie dans les bras de son mari sur la piste de danse, un verre à la main. Les autres danseurs se tenaient à bonne distance du couple. Les boucles brunes de Nick et le dos de son blazer blanc étaient tournés vers moi, et je ne voyais que le haut des yeux ronds de Budgie dépasser au-dessus des épaules de Nick. Elle me fit un clin d’œil et rejeta la tête en arrière pour boire une longue gorgée de son cocktail. Sa bague attrapa la lumière et scintilla de mille feux. »

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