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arton927

Éditions Arléa, 2015 (301 pages)

Ma note : 16/20

Quatrième de couverture …

Une petite annonce dans un journal : Hélène cherche la vérité sur sa mère, morte lorsqu’elle avait trois ans. Son seul indice : deux noms sur une photographie retrouvée dans des papiers de famille. Une réponse arrive : Stéphane a reconnu son père.
Commence alors une correspondance, parsemée de détails, d’abord ténus puis plus troublants. Patiemment, Hélène et Stéphane remontent le temps jusqu’à ce que leurs histoires se répondent.

Avec Eux sur la photo, Hélène Gestern nous livre une magnifique réflexion sur le secret de famille et la mémoire particulière que fixe la photographie.

La première phrase

« La photographie a fixé pour toujours trois silhouettes en plein soleil, deux hommes et une femme. »

Mon avis …

Reçu en cadeau spontané, je ne savais pas du tout quoi penser de ce roman avant de l’ouvrir. Si ce n’est que je trouvais déjà sa couverture sublime. Une fois refermé, je dois dire que j’ai tout simplement adoré ce joli livre. Hélène Gestern nous livre ici une intrigue autour du secret de famille, de la quête de soi, de la beauté de la photographie qui fixe à jamais certains instants à un moment t. J’ai littéralement été emportée par ce roman. La plume de l’auteure est également plaisante, et très fine, ce qui ne gâche rien. Eux sur la photo constitue pour moi un quasi coup de cœur !

Une photographie en noir et blanc. Deux hommes et une femme. Le jour où Hélène Hivert passe une annonce dans un journal, notre trentenaire n’a qu’une idée en tête : récolter des informations sur sa mère, disparue dans un accident de voiture alors qu’elle était encore toute petite. Rapidement, un certain Stéphane la contacte : il n’est autre que le fils d’un des deux hommes représentés sur la photo.

J’ai beaucoup apprécié le travail de l’auteure autour de la symbolique des photographies. Hélène Gestern signe ici un roman épistolaire qui retrace les échanges écrits entre Hélène et Stéphane. Entre plusieurs chapitres, le lecteur rencontre une photographie, porteuse d’indices quant à la quête de notre héroïne. Je me suis plue dans cette forme de chasse au trésor, tant j’aime regarder d’anciennes photographies, tant j’apprécie fouiner et trouver de vieilles photos en noir et blanc. Je me plais alors à me demander comment a vécu la personne représentée, ou encore ce qu’elle a été en mesure d’accomplir au cours de sa vie… Ce roman ne pouvait donc que me parler.

L’intrigue se fait pourtant bien plus profonde qu’une simple histoire de photographies. Plus Hélène avance dans ses découvertes, plus elle se sent aux prises avec un mal-être profond. Il y a bien sûr Natalia, sa maman tant aimée mais si peu connue. Mais il y a surtout tout le reste : les non-dits, les secrets, les mensonges visant à la protéger, découvrir que Natalia avait des origines russes, mais aussi découvrir que sa mère n’était pas si heureuse que ça dans son mariage. Peu à peu, l’ombre devient lumière. Tandis que le passé d’Hélène semble rejoindre celui de Stéphane.

J’ai beaucoup apprécié les personnages de ce roman, celui de Natalia en tête. J’ai facilement pu comprendre toute sa souffrance face à un monde où les femmes n’avaient pas encore toute leur indépendance.

La plume d’Hélène Gestern m’a quant à elle également séduite. Pour un premier roman, je trouve que l’auteure s’en sort très bien. J’ai trouvé certains passages d’une grande beauté. En résumé, je ne peux que vous inviter à découvrir ce joli roman. Une intrigue remplie d’émotions, qu’Hélène Gestern sait pour autant retranscrire avec délicatesse, d’une manière pudique et réservée. Je ne peux que remercier ma promo, pour ma dernière année en tant qu’étudiante, de me l’avoir offert pour mon anniversaire.

Extraits …

« La photographie a fixé pour toujours trois silhouettes en plein soleil, deux hommes et une femme. Ils sont tout de blanc vêtus et tiennent une raquette à la main. La jeune femme se trouve au milieu : l’homme qui est à sa droite, assez grand, est penché vers elle, comme s’il était sur le point de lui dire quelque chose. Le deuxième homme, à sa gauche, se tient un peu en retrait, une jambe fléchie, et prend appui sur sa raquette, dans une posture humoristique à la Charlie Chaplin. Tous trois ont l’air d’avoir environ trente ans, mais peut-être le plus grand est-il un peu plus âgé. »

« Pour qui ne connaîtrait pas ces deux êtres, ils sont une incarnation possible de la confiance amoureuse ou de l’équilibre conjugal. Ils ont arrêté le temps, l’ont concentré tout entier dans la jonction d’une main et d’une épaule. Ils ont accepté la promesse de l’ensemble. Leurs beautés ne s’excluent pas, mais s’additionnent : on suit du regard les lignes respectives des corps qui s’appellent, se condensent, s’harmonisent comme celles d’un portrait peint. »

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