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9782365691628

Éditions Les Escales, 2016 (486 pages)

Ma note : 17/20

Quatrième de couverture …

À la nuit tombée, fuyant la violence de son compagnon, une jeune femme court dans les rues glacées de Londres. Jess n’a nulle part où aller. Surgissant dans une ruelle déserte, elle trouve refuge dans une maison abandonnée. Le lendemain matin, le facteur glisse une lettre mystérieuse par la porte. Incapable de résister à la tentation, Jess ne peut s’empêcher de la lire et se retrouve plongée dans une histoire d’amour d’un autre temps.
1943. Dans une église de Londres bombardée par le Blitz, Stella rencontre Dan, un aviateur américain. Très vite, ils sont irrésistiblement attirés l’un par l’autre. Leur histoire est a priori impossible. Rien ne joue en leur faveur : elle vient de se marier à un pasteur, lui n’a qu’une chance sur cinq de sortir vivant de cette guerre. Perdus et sans repères, la seule chose à laquelle les deux amants peuvent s’accrocher sont les lettres qu’ils s’écrivent, promesse d’un bonheur à venir.
Le temps a passé, le destin est cruel, mais Jess est déterminée à savoir ce qui leur est arrivé. Inspirée par cet amour, portée par son enquête, elle trouvera à son tour les clés d’un avenir meilleur.

La première phrase

« Maine, février 2011

La maison est au comble de sa beauté le matin. »

Mon avis …

Quelle merveilleuse histoire d’amour ! Sans doute l’une des plus belles qu’il m’ait été donné de lire depuis bien longtemps. C’est simple, avec Lettres à Stella, je suis passée par toute une palette d’émotions. J’ai souri, j’ai espéré, j’ai frissonné, j’ai vibré…  J’ai aimé ce roman de tout mon cœur. Au point de me sentir un peu triste au moment de quitter ses personnages.

Une histoire d’amour contrariée, avec pour toile de fond une atmosphère Seconde Guerre mondiale. J’ai d’abord ouvert ce roman avec beaucoup de curiosité. Nous suivons le quotidien de Stella. L’intrigue débute par son mariage avec Charles Thorne, pasteur du petit village dans lequel elle vit. Ses rêves sont alors très simples : devenir une épouse accomplie, et fonder la famille heureuse qu’elle n’a jamais eue. Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu. Charles s’éloigne peu à peu, la regardant à peine. Il faudra que Stella rencontre Dan, pour vivre et comprendre la puissance d’un amour absolu et réciproque. Au-delà de leur passion amoureuse, je pense avoir été touchée par le personnage de Stella. La jeune femme n’est en effet pas épargnée par les catastrophes. Elle fait pour autant état d’une force de caractère peu commune, pour finir par réaliser que le bonheur existe…

Iona Grey nous entraîne avec brio dans deux époques différentes. Les années de guerre, avec Stella. Le présent, avec Jess. Celle-ci est une jeune femme un peu perdue, qui fuyant la violence de son compagnon trouve refuge dans une petite maison. Elle y découvrira les lettres échangées entre Stella et Dan. Ou encore que la maison a longtemps été habitée par Nancy, alors meilleure amie de Stella. Petit à petit, avec le soutien de Will, la jeune femme n’a qu’une obsession : prendre connaissance des lettres et découvrir ce qu’est devenue Stella.

Autant vous le dire tout de go, avec ce roman je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, et ce même si je pense avoir été davantage captivée par le destin de Stella. J’ai évidemment adoré suivre notre héroïne dans sa quête de l’amour, avec le beau Dan. Mais je crois que j’ai tout autant aimé détester Charles tant il se montre odieux et irrespectueux (même si finalement, son personnage se devra lui aussi de surmonter bon nombre d’épreuves douloureuses et qu’on peut en arriver à comprendre toute sa détresse). Iona Grey aborde ainsi de nombreuses thématiques. La manière dont la guerre aura permis aux femmes de prendre une certaine indépendance (relative lorsque le mari rentrait du front). Mais également les conséquences désastreuses de la guerre sur le plan psychologique, ou encore la primauté du qu’en-dira-t-on et des apparences. Pour cette partie axée sur la guerre, j’ai appris énormément de choses tout comme je me suis attachée à certains personnages secondaires (Ada et ses conseils, ou encore Nancy qui apporte en quelque sorte un certain vent de fraîcheur au début du roman par rapport à son tempérament).

Si pour la partie présent, la romance entre Jess et Will me semble plutôt convenue, j’ai tout de même réussi à m’intéresser à leur duo (qui met tout de même du temps à se mettre en place). Le génie de l’auteure est aussi là : entre passé et présent, des liens comme des ponts se construisent très vite et font que finalement on se trouve happé(e) par l’intrigue. Stella. L’aventure de la montre. Sa rencontre avec Dan. Son mariage gâché. Daisy. Les bombardements. Si je ne peux tout développer, au risque de tout dévoiler, je peux au moins vous dire que le final de ce roman, à la tonalité douce-amère, est on ne peut plus marquant…

Lettres à Stella est finalement bien plus qu’un simple roman d’amour. Je ne peux que vous le conseiller tant j’ai passé un bon moment. On lit rarement une histoire d’amour aussi lumineuse, aussi absolue. Ce livre est pour moi un gros coup de cœur.

Extraits …

« Jess repensa à la lettre arrivée juste une semaine plus tôt, celle qui précisait Personnel et urgent. Pas un instant je n’ai cesser de t’aimer… J’ai essayé, pour ne pas perdre la raison, mais je n’ai jamais été près d’y parvenir. »

« Stella cueillit des pissenlits et des boutons d’or, ainsi que quelques coquelicots fragiles, aussi fins que du papier, qu’elle avait trouvé près de la haie. Au moment de rejoindre la cuisine, elle observa avec regret les roses, mais leurs tiges épineuses l’empêchaient de les cueillir à mains nues. Elle s’adossa donc au rebord de la fenêtre et respira leur parfum. Elle retint son souffle, comme pour conserver en elle le bonheur pur, parfait, de cet instant, à tout jamais. »

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