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rose

Éditions Robert Laffont, 2011 (357 pages)

Ma note : 16/20

Quatrième de couverture …

Et si les voisins, en apparence si charmants, de Guy et Rosemary, qui viennent d’emménager dans un immeuble bourgeois de l’Upper West Side new-yorkais, étaient membres d’une secte satanique ? À partir de ce thème classique, Ira Levin a écrit le roman à suspense sans doute le plus célèbre du XXème siècle. De fait, ces voisins sont vraiment sympathiques, attentifs aux moindres besoins de Rosemary, surtout depuis qu’ils ont appris qu’elle attend un bébé. Rien ne devrait donc troubler la douce euphorie des nouveaux arrivants. Pourtant, peu à peu, le trouble les gagne : ces regards bizarres et ces rêves malsains qui hantent les nuits de Rosemary sont-ils normaux ?
L’atmosphère s’épaissit, le mystère devient angoissant…
Vendu à cinq millions d’exemplaires dans le monde, salué par la critique, adapté au cinéma par Roman Polanski avec le succès que l’on connaît, Rosemary’s Baby laisse une empreinte indélébile dans l’histoire de la littérature américaine et dans l’esprit de ses lecteurs. Un chef-d’œuvre absolu du genre.

La première phrase

« Rosemary et Guy Woodhouse venaient de signer un bail de location pour un appartement de cinq pièces dans un immeuble tout neuf et tout blanc de la 1ère Avenue, quand une certaine Mrs Cortez leur téléphona pour leur annoncer qu’un quatre-pièces se trouvait libre au Bramford. »

Mon avis …

Roman incontournable de la fin des sixties, Rosemary’s baby est une œuvre on ne peut plus inquiétante en plus d’être addictive. C’est après avoir vu le film de Roman Polanski que j’ai eu envie de me plonger dans ce petit livre qui se lit rapidement. Mon bilan est on ne peut plus positif puisque j’ai grandement apprécié retrouver l’atmosphère si troublante, et surnaturelle, créée par Ira Levin. Je ne serai pas passée loin du coup de cœur.

Guy et Rosemary forment un jeune couple fraîchement marié et plein d’avenir. Si Guy rêve de briller dans une carrière d’acteur, Rosemary a d’ores et déjà pour projet de construire une famille et d’avoir trois enfants. Lors de la visite d’un appartement au charme ancien, situé dans un immeuble victorien, c’est le coup de foudre : Rosemary se représente déjà la chambre du bébé ou encore l’installation d’une décoration dernier cri. Malgré les avertissements de Hutch, ami de Rosemary, le couple fait le choix de s’y installer. Il faut dire que le bâtiment a bien mauvaise réputation depuis près d’un siècle. Il aurait hébergé des criminels, dont les sœurs Trench (d’ignobles vieilles dames qui se délectaient de chair fraîche), ou encore un mystérieux sorcier. La malédiction semble se poursuivre : une voisine retrouvée défenestrée, de mystérieux chants accompagnés d’instruments… Heureusement, les Castevet, voisins des Woodhouse, semblent prêts à tenir compagnie au couple. De même qu’à veiller sur Rosemary. Un peu trop, peut-être ? 

Comme j’ai aimé cette atmosphère troublante et pesante ! Je dois vous avouer une chose. Après visionnage du film il y a maintenant quelques années, j’étais restée sur plusieurs points d’interrogation. Relatifs au destin de Terry, ou encore au pendentif porte-bonheur à la racine de tannis. Le roman m’aura permis d’y voir un peu plus clair. Au cours de ma lecture, j’ai ressenti beaucoup de sympathie pour le personnage de Rosemary. J’ai bien sûr eu envie de découvrir pourquoi sa grossesse se passait aussi mal, mais j’avais également à cœur de la voir s’émanciper (de son mari, de Minnie Castevet) afin de mener sa propre enquête. L’atmosphère so sixties est également bien au programme, ce qui est loin de me déplaire : j’imaginais alors les robes portées par l’héroïne ou encore le design de la décoration. Je trouve également le personnage de Guy bien plus développé dans le roman d’origine, et c’est une bonne chose. Si dans le film je me l’imaginais comme étant tout simplement incapable de soutenir Rosemary dans son questionnement et presque transparent, avec le roman tout se colore bien différemment.

L’intérêt de ce roman réside principalement dans sa construction narrative. Petit à petit, Ira Levin parvient à instaurer une tension grandissante. Le final, angoissant à souhait, nous montre une Rosemary on ne peut plus combative, déterminée à lever le voile sur ses doutes, ses questionnements, bien décidée à lutter contre tous, pour finalement se résigner. Si j’ai été on ne peut plus surprise par ce retournement de situation, je crois qu’il correspond finalement à ce que je pouvais en attendre. Dans un certain sens, l’héroïne ressort ainsi triomphante de toutes ses épreuves.

Pour conclure, je ne peux que vous conseiller ce petit roman que j’ai tout simplement dévoré. Il me semble parfait pour la période d’Halloween (à déconseiller pour autant aux femmes enceintes). J’ai apprécié suivre le quotidien de Rosemary, l’appui amical de Hutch. Tout comme j’ai ressenti une aversion presque immédiate pour Minnie Castevet, voisine on ne peut plus envahissante. L’intrigue est saisissante, pour finalement devenir inoubliable.

Extraits …

« – Qui étaient les sœurs Trench ? demanda Guy.
– Qui était Adrian Marcato ? demandait Rosemary au même moment.
– Les Sœurs Trench, dit Hutch, deux vieilles dames très victoriennes et très respectables, étaient des cannibales distinguées. Elles ont fait cuire et ont mangé plusieurs petits enfants, y compris leur propre nièce.
– Charmant, dit Guy. »

« – Pourquoi ne viendriez-vous pas dîner chez nous ce soir ? Qu’est-ce que vous en pensez ?
– Oh non, dit Rosemary, nous ne pouvons pas…
– Mais bien sûr que si. Pourquoi pas ?
– Non, sincèrement, je ne veux pas vous…
– Vous nous rendriez grand service, dit Mrs Castevet.
Elle abaissa son regard sur ses genoux, puis releva les yeux vers Rosemary avec un sourire triste.
– Hier soir et samedi, nous avions des amis avec nous, dit-elle. Ce soir, c’est la première fois que nous serons seuls depuis… l’autre soir.
Rosemary se pencha vers elle avec sympathie.
– Si vraiment cela ne doit pas vous déranger, dit-elle.
– Ma petite chérie, si cela devait me déranger, dites-vous bien que je ne vous l’aurais pas demandé, dit Mrs Castevet. Il n’y a pas plus égoïste que moi ! »

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