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9782253133490-t

Éditions Le livre de poche, 2015 (567 pages)

Ma note : 13/20

Quatrième de couverture …

Chicago, 1903. Un jeune couple, les Cheney, fait appel à Frank Lloyd Wright, l’architecte d’avant-garde, génial et rebelle, pour qu’il construise leur nouvelle maison. Et c’est le coup de foudre : Frank tombe follement amoureux de Mamah Borthwick Cheney. Au point que, quelques années plus tard, les amants partent pour l’Europe, abandonnant conjoints et enfants, au grand scandale de la bonne société américaine, puritaine et dévote.
Où qu’ils aillent, Frank et Mamah, enchaînés par leur passion mais hantés par une culpabilité intolérable, font la une de la presse américaine. Ils rentrent aux États-Unis en 1914, et leur histoire d’amour connaît un dénouement tragique…

La première phrase

« C’est Edwin qui voulait faire construire une nouvelle maison. Je m’accommodais de la vieille demeure de style XVIIIe anglais qui donnait sur Oak Park Avenue. »

Mon avis …

Reçu en cadeau spontané, je ne savais absolument pas à quoi m’attendre avec ce roman historique largement inspiré du vécu de Frank Lloyd Wright (architecte qui a conçu le musée Guggenheim). Une passion amoureuse. Le début du XXème siècle. Cela partait plutôt bien. Malheureusement, de trop nombreuses longueurs sont venues gâcher mon plaisir. De même que j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher aux principaux protagonistes, Frank et Martha (dite Mamah). Heureusement, je reste contente d’avoir pu étendre ma culture : la relation adultérine entre Frank Lloyd Wright et Mamah Cheney ayant fait scandale dans les journaux de l’époque. Je ne regrette donc pas cette lecture, même si je n’en garderai pas forcément un souvenir plaisant.

Lorsque Mamah rencontre Frank, c’est le coup de foudre. Alors même que tous deux sont mariés et ont des enfants, nos amants s’exilent et partent vivre leur amour loin des regards réprobateurs. Berlin. Florence. Paris. Le Japon. Nos deux amoureux font des projets : Frank développe son réseau professionnel, tandis que Mamah entreprend une traduction des écrits d’Ellen Key, féministe suédoise. Mais partir, sans cesse, ne reviendrait-il pas à fuir le poids d’une certaine culpabilité ? Si Mamah renonce à sa vie dorée et se sépare d’Edwin en demandant le divorce, elle ne se pardonnera jamais le sentiment d’avoir abandonné ses enfants. Alors même que le couple maudit entreprend de rentrer aux États-Unis pour bâtir une maison, leur maison, le vernis craque. La presse se fait de plus en plus vindicative et étouffante, tandis que les dettes s’installent peu à peu…

Autant vous l’avouer tout de go, j’ai été déçue par la manière dont cette romance nous est présentée. Je trouve en effet qu’elle est décrite avec une certaine froideur, une certaine platitude. Je ne parle pas nécessairement de la plume de Nancy Horan, mais plutôt des personnalités de Frank et de Mamah. Entre orgueil démesuré, dettes et légèreté, Frank n’apparaît pas vraiment comme étant très attirant. De son côté, Mamah se réfugie souvent dans le travail (les traductions d’Ellen Key) pour échapper à ses tourments. J’ai donc eu énormément de mal à m’attacher à ces personnages. Et à l’inverse, j’ai adoré rencontrer Lizzie, sœur de Mamah, ou encore Mattie.

Je reconnais pour autant que Mamah reste intéressante. Éprise de liberté, elle entreprend d’assumer ses choix en dépit des difficultés. Le simple fait de la voir choisir sa vie de femme plutôt que sa vie d’épouse malheureuse montre combien cette femme était très avance sur les idées de son temps. Je reste persuadée qu’à cette époque, bon nombre de femmes qui ne se mariaient pas par amour et n’étaient pas heureuses en ménage n’auraient jamais eu le cran de suivre l’exemple de Mamah. Si Mamah reste plutôt cohérente dans la majorité de ses choix, j’ai par contre eu plus de mal à la suivre concernant ses enfants (John et Martha). Suite à son départ en Europe, Mamah restera ainsi loin d’eux pendant de longues années. On imagine alors très bien combien cet exil amoureux, hors du commun pour l’époque, aura également fait souffrir les entourages respectifs de Frank et de Mamah.

Le final dépeint par l’auteure mérite quant à lui un paragraphe à lui seul. Que vous dire mis à part que trente pages avant la fin du roman, nous sommes encore à mille lieues d’imaginer ce qui attend le couple. La presse de l’époque évoquera alors une forme de jugement divin… Si les pages n’ont eu de cesse de tourner entre mes doigts, j’ai par la suite eu besoin d’un certain temps pour me remettre de ce final glaçant. D’autant plus lorsque l’on sait que celui-ci s’est réellement déroulé pour Mamah et Frank, et n’est donc pas purement fictif.

En bref je n’ai pas été totalement séduite par ce roman, lui trouvant notamment de nombreuses longueurs. Je reste pour autant contente d’avoir pu découvrir le destin de Frank Lloyd Wright et de Mamah Cheney (dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’ici).

Extraits …

« Elle poussa un cri en apercevant la photo : dans le coin en haut à droite, son propre visage occupait près d’un quart de la page 7 du journal. Elle était surmontée d’un gros titre : LA FEMME QUI S’EST ENFUIE AVEC L’ARCHITECTE. C’était le portrait qu’elle avait fait réaliser pour les bans de son mariage. Il portait une inscription : MRS E. H. CHENEY.
Elle serra les lèvres, mais les cris continuaient à s’échapper de sa poitrine et se pressaient dans sa gorge, comme la plainte d’un animal blessé. »

« Comme tout cela semblait ridicule alors que la vie elle-même était si brève, si précieuse ! Ne pas vivre en accord avec soi-même apparaissait comme une façon bien lâche de gaspiller son temps sur cette terre. »

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