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Éditions Michel Lafon, 2016 (312 pages)

Ma note : 16/20

Quatrième de couverture …

Mai 2013. Chloé et Gabriel, mariés depuis plusieurs années, mènent une existence heureuse à Saint-Malo, jusqu’au jour où la jeune femme se noie accidentellement au cours d’une baignade matinale. Gabriel, incapable de surmonter seul son chagrin, se décide à chercher du soutien auprès d’un groupe de parole. Il fait alors la connaissance d’Emma, une photographe récemment arrivée en ville, qui l’aide à traverser cette épreuve du deuil.
Mais Chloé semble toujours très présente et étonnamment vivante aux yeux de Gabriel qui ne parvient pas à l’oublier et à se reconstruire.
Et si la réalité n’était pas celle à laquelle le jeune veuf se raccroche ?

La première phrase

« Chloé

Bien sûr que Gabriel va s’inquiéter. Il s’en fait toujours pour moi, il semble se demander en permanence si je vais bien, si rien ne m’est arrivé. »

Mon avis …

Je me suis lancée dans cette lecture sur les conseils de ma maman, qui l’avait tout simplement adorée. Curieuse, j’ai donc voulu moi aussi tenter l’expérience. D’autant plus que j’en avais entendu de bons échos de ma copine de blog Mélusine (Carnet Parisien). Très vite, les pages ont défilé entre mes doigts. Je me suis laissée prendre au jeu, et ai tout simplement dévoré ce thriller on ne peut plus addictif. Car on s’attache aux personnages. Car l’auteure nous mène en bateau du début à la fin. Car le twist final est tout simplement glaçant. Si vous êtes à la recherche d’un bon page turner pour terminer l’année, je ne peux que chaudement vous recommander celui-ci.

Roman à trois voix, Fidèle au poste nous plonge dans le quotidien de trois personnages. Chloé et Gabriel forment un couple idyllique depuis maintenant plusieurs années. Seulement lorsque le corps de Chloé est repêché dans la mer, le monde de Gabriel s’effondre subitement. La douleur. La colère. La culpabilité de ne pas avoir été là pour empêcher le drame. Chloé disparue, nous continuons à entendre sa voix et à accéder à ses pensées. Comme si la jeune femme était restée bloquée dans le monde des vivants, pouvant à tout instant assister au processus de deuil de son mari… Afin d’affronter la perte, Gabriel s’inscrit dans un groupe de parole destiné à accompagner des personnes endeuillées. Il y fera la rencontre d’Emma, une jeune photographe dont le rêve est de partir exercer son métier à l’autre bout du monde.

Quel roman saisissant ! Si je m’attendais à un récit mettant en avant une certaine aura surnaturelle et rien de plus, j’étais plutôt à côté de la plaque. Car dès la seconde moitié du roman, tout se met peu à peu en place.  Il y a de la vengeance. De la rancœur. Voire même de la haine. Mode de narration, indices : tout se met en place. Dès lors, un questionnement peut s’opérer sur le mensonge, sur la confiance dans le couple. J’ai littéralement été bluffée par le twist servi par Amélie Antoine. Je ne m’y attendais tellement pas ! Dès lors, je n’ai pu lâcher le roman de la soirée. Plus encore, un dernier rebondissement nous attend dans les toutes dernières pages pour un final glaçant.

Pour moi, Fidèle au poste est bien plus qu’un énième thriller. À travers l’intrigue, l’auteure parvient à nous faire réfléchir sur un phénomène à la mode largement mis en avant dans notre société. Et quelque part, elle en dénonce les dérives. Face au twist déboulant dans le roman, j’ai au départ eu du mal à y croire. En y repensant, suite à ma lecture, je crois que malheureusement si… Le tout a beau être énorme, il en reste malgré tout on ne peut plus crédible par les temps qui courent. Ce roman laisse alors son lecteur pantois. Tout en donnant matière à réfléchir sur la nature humaine…

En bref, j’ai littéralement adoré cette lecture. On en ressort surpris(e), saisi(e), glacé(e) d’effroi. J’ai de même apprécié la réflexion que nous livre l’auteure sur un sujet de société qui nous est bien connu. Tout comme j’ai adoré avoir été menée en bateau du début à la fin. Car ne le nions pas, c’est aussi ce qu’on attend d’un bon thriller.

Extraits …

« Gabriel attend. Je l’observe, impuissante. Il est rentré à la maison à l’instant. Il appelle Chloé ? en bas de l’escalier, d’un ton à la fois inquiet et plein d’espoir. Je voudrais pouvoir lui répondre. À cet instant précis, je voudrais qu’il m’entende. Je chuchote Je suis là…, mais rien ne brise le silence de notre demeure. Je répète plus fort Je suis là !, mais Gabriel ne réagit pas. Ma voix résonne dans le vide, comme désarticulée. »

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