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Éditions Le livre de poche, 2016 (239 pages)

Ma note : 09/20

Quatrième de couverture …

Arsène Lupin revient. Un héros des années 10, lui ? Oui : des années 2010 ! Le gentleman-cambrioleur, plus sportif, gouailleur, élégant et désinvolte que jamais, détrousse les réseaux sociaux, enlève les scénaristes de sa série télévisée favorite, s’attaque au changement climatique, s’envole vers les Émirats, et va jusqu’à faire invalider les comptes de campagne du nouveau président de la République…
Dans ce trépidant divertissement, Adrien Goetz rajeunit le plus mythique des personnages français, ainsi que ses partenaires et adversaires, du ridicule détective Herlock Sholmès à la redoutable Joséphine Balsamo, convertie au féminisme militant. Le traque d’Arsène Lupin commence !

La première phrase

« LUI ! Serait-ce lui ?
Cette question, le jeune Beautrelet n’a pas cessé de se la poser depuis leur première rencontre, qu’il n’osa pas tout de suite appeler des “retrouvailles” ».

Mon avis …

Cette année, le mois d’avril aura marqué ma rencontre avec la plume de Maurice Leblanc. J’avais alors été séduite par le charme fou, et délicieusement suranné, des nouvelles mettant en scène le truculent Arsène Lupin. Aussi, lorsque j’ai eu vent qu’Adrien Goetz s’emparait de notre gentleman cambrioleur pour lui faire vivre des aventures 2.0, j’ai eu très envie de me faire un avis. Malheureusement, si l’idée de départ s’avérait plutôt intéressante, j’ai été on ne peut plus déçue du résultat. Je n’ai pas accroché au portrait d’Arsène Lupin que nous brosse l’auteur. Si notre cambrioleur vieillissant n’a rien perdu de son humour, j’ai ressenti d’énormes difficultés à me le représenter évoluant en plein XXIème siècle. Des intrigues farfelues (la construction d’un énorme ballon pour rejoindre l’espace, Arsène Lupin s’entichant d’une jeune chef d’État…). Des chapitres qui ne font pas toujours lien. Non, je n’ai absolument pas accroché. Le tout reste d’une incroyable modernité, mais perd beaucoup du charme établi par Maurice Leblanc.

Ce petit livre se lit pour autant rapidement. Adrien Goetz reprend certains titres des nouvelles de Maurice Leblanc, pour en moderniser les intrigues. Ce recueil comprend sept nouvelles : Arsène Lupin contre Herlock Sholmès, La double vie d’Arsène Lupin, La demoiselle aux yeux verts, La femme aux deux sourires, La Cagliostro se venge, Le bouchon de cristal, L’aiguille creuse.

La femme aux deux sourires

Un petit émirat pour un énorme projet : réunir dans un musée la Joconde entourée de toutes les Joconde connues venues de grands musées et de collections privées. Un évènement idéal pour enfin piéger Arsène Lupin ? Celui-ci n’a pas dit son dernier mot et présente bien plus d’un tour dans son sac… J’ai particulièrement apprécié cette nouvelle, peut-être parce qu’elle dénote beaucoup moins de l’univers crée par Maurice Leblanc et se montre plus crédible que les autres.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas été séduite par ce recueil. J’ai même été profondément déçue. En se modernisant, je trouve que le personnage d’Arsène Lupin perd finalement tout son charme. L’écriture d’Adrien Goetz n’est pas à remettre en cause pour autant. J’ai même parfois apprécié découvrir quelques petites touches d’humour : même si l’auteur en fait des tonnes, comment ne pas sourire face à un Herlock Sholmès collé à sa loupe malgré tout l’attirail détenu par la police scientifique ? J’ai de même appris certaines choses. Notamment qu’à la fin de sa vie Maurice Leblanc avait fait poser des verrous dans sa demeure du Clos Lupin, de crainte que son héros ne vienne lui rendre une petite visite nocturne. Ce recueil m’a ainsi donné envie d’en savoir davantage sur le “père d’Arsène Lupin. Il peut également être l’occasion de faire découvrir ce héros haut en couleur à la jeune génération, ou encore à celles et ceux qui n’ont pas spécialement envie de se plonger dans de la littérature classique.

Extraits …

(Arsène Lupin contre Herlock Sholmès) « – Vous prétendez être…
– Et pourquoi pas ? Et je te le prouve à l’instant puisque je viens de voler, sous les yeux de tous, la façade de la cathédrale de Strasbourg.
– Arsène Lupin ! »

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