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Éditions Le livre de poche, 2015 (255 pages)

Ma note : 15/20

Quatrième de couverture …

Le 31 octobre, les sorcières s’envolent sur leur manche à balai : c’est Halloween, la fête du potiron. « Savez-vous que j’ai eu l’occasion d’assister à un vrai meurtre ? » se vante Joyce, une fillette à la langue bien pendue, lors d’une soirée enfantine chez Mrs Drake… Elle en mourra.

La première phrase

« Avec Judith Butler, l’amie chez laquelle elle séjournait, Mrs Ariadne Oliver était venue participer à la préparation d’une soirée enfantine qui devait avoir lieu le soir même. »

Mon avis …

Publié dans les années 60, Le crime d’Halloween (que l’on retrouve aussi sous le titre La fête du potiron) constitue l’un des derniers romans mettant en scène notre détective belge préféré, Hercule Poirot. Si cette enquête est loin d’avoir la force de Dix petits nègres, je lui trouve un charme indéniable. La magie a donc une nouvelle fois opéré, et quel bonheur de retrouver la plume d’Agatha Christie ! Non seulement la romancière possède une solide compréhension de l’âme humaine, mais ses romans ont aussi toujours sur moi un certain pouvoir apaisant et réconfortant. Il me tarde déjà de poursuivre l’aventure.

Avec Le crime d’Halloween, l’ambiance automnale est bel et bien au rendez-vous. L’organisation de la fête destinée aux enfants du petit village de Woodleigh Common : balais, citrouilles, miroirs, paniers de pommes rouges. Les descriptions du somptueux jardin de Michael Garfield. Tout y est ! Ou presque puisque Joyce, une fillette ayant assisté à la fête, est retrouvée noyée, la tête plongée dans une bassine de pommes. Le jour même, celle-ci s’était vantée d’avoir assisté à un meurtre. Le coupable serait-il parmi les convives ?

En plus de mettre à contribution les petites cellules grises d’Hercule Poirot, ce roman met en scène Ariadne Oliver, romancière et amie du détective. Si je visualise bien son personnage dans la série télévisée, c’était la première fois que je la retrouvais dans un roman de Dame Agatha. Bien loin du flegmatique Hastings, Ariadne Oliver n’a pas la langue dans sa poche et possède un petit côté farfelu. Je me trompe peut-être, mais j’aime à croire qu’elle ressemble quelque peu à Agatha Christie.

Concernant l’intrigue en elle-même, j’étais une nouvelle fois à mille lieues de trouver le nom du coupable. Et je dois dire que le dénouement n’est pas spécialement des plus simples. Faux codicilles. Un meurtre barbare perpétré bien des années auparavant. Tout est fait pour complexifier l’intrigue. J’ai également été surprise (et un brin amusée) de voir un Poirot confronté à des enfants et adolescents. Ceci est en effet loin d’être habituel pour notre héros, mais je trouve qu’il ne s’en sort pas si mal. De plus, Agatha Christie réussit une fois de plus à nous surprendre avec un dénouement plutôt surprenant et inattendu. Si j’ai moins été émue par ce roman que par d’autres où la dimension humaine est peut-être plus prononcée (je pense notamment à Cinq petits cochons), j’ai à nouveau passé un très bon moment. Les pages se tournent toutes seules. Les références au mythe de Narcisse, à Iphigénie ne font que rendre le tout encore plus passionnant.

Pour résumer, si Le crime d’Halloween ne fait clairement pas partie de mes romans préférés de la Reine du crime, je n’ai pour autant pas boudé mon plaisir à la lecture de ce roman idéal pour la saison. On sent bien qu’Hercule Poirot a pris de l’âge, mais ses petites cellules grises tournent toujours autant à plein régime.

Extraits …

« Quelqu’un lui avait plongé la tête dans l’eau au milieu des pommes. La lui avait plongée et l’y avait maintenue, et elle était morte, évidemment. Noyée. Noyée. Dans une bassine en galvanisé pleine d’eau. À genoux, la tête projetée en avant alors qu’elle croquait dans une pomme. Je hais les pommes, décréta Mrs Oliver. Je ne veux plus voir une pomme de ma vie… »

« Poirot tendit la main et attrapa le combiné.
– Hercule Poirot à l’appareil, proféra-t-il d’un ton plein de noblesse, destiné à impressionner quiconque se trouvait à l’autre bout du fil. »

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